L’Allemagne est en bonne voie pour s’imposer dans cette révolution énergétique. En 2025, la part des renouvelables dans la production nette d’électricité publique devrait atteindre 55,9 %, un chiffre qui reste identique à celui de 2024. Cette dynamique confirme la place de l’Allemagne parmi les leaders mondiaux de l’éolien et du solaire, selon le groupe de réflexion Ember. Reste que, malgré ces progrès, plusieurs questions persistent, notamment sur le coût de l’électricité et la capacité du réseau à rester flexible.
Une ambition qui a pris de l’ampleur
Les objectifs allemands sur les renouvelables s’inscrivent dans une transition énergétique lancée il y a des années. Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les énergies renouvelables, l’Erneuerbare-Energien-Gesetz, en 2000, le paysage électrique a beaucoup changé. À l’époque, à peine 2 % de la production d’électricité venait de l’éolien et du solaire. Aujourd’hui, ces sources représentent près de 45 %, ce qui montre un engagement continu vers des moyens de production moins polluants.
Parallèlement, l’Allemagne a amorcé sa sortie du nucléaire, une décision qui a transformé son mix électrique. Le rapport Clean Power Progress de Montel souligne que cette sortie a laissé un manque à combler par d’autres sources, surtout des renouvelables. Jannik Schall, cofondateur de la société énergétique 1KOMMA5°, insiste sur la nécessité d’améliorer la flexibilité du système plutôt que de se contenter d’augmenter la production renouvelable à bas coût.
Des défis économiques et structurels
Malgré la transition, l’électricité reste chère pour les ménages allemands, contrairement à d’autres pays européens qui bénéficient parfois de prix négatifs. En 2025, le prix moyen payé par les foyers allemands est de 0,39 €/kWh, ce qui place l’Allemagne juste derrière l’Irlande dans le classement européen. À titre de comparaison, la moyenne européenne est de 0,29 €/kWh. Ces différences de tarifs s’expliquent par plusieurs facteurs :
- le principe du « merit order »,
- une dépendance encore notable aux combustibles fossiles,
- ainsi que des frais élevés liés aux réseaux et aux taxes.
La capacité de stockage par batteries (BESS) a été multipliée par dix depuis 2021, pour dépasser 77 GWh. Mais pour répondre aux besoins annoncés pour 2030, il faudra multiplier cette capacité par dix de nouveau. La nécessité de « curtailment » de l’énergie renouvelable, c’est-à-dire la réduction forcée de la production, illustre un réseau encore trop rigide et pas assez dimensionné pour gérer les excédents de production propre.
Le prix de l’électricité en Europe
L’électricité en Allemagne figure parmi les plus coûteuses d’Europe. Pour le second semestre 2025, l’Irlande arrive en tête à 0,40 €/kWh, suivie de près par l’Allemagne à 0,39 €/kWh. Ce niveau de prix reflète non seulement les investissements dans les infrastructures renouvelables, mais aussi les défis liés à des infrastructures vieillissantes et mal adaptées à un réseau distribué moderne. Il est intéressant de noter que certains pays, comme l’Espagne, ont réussi à diminuer l’influence des centrales fossiles sur le prix de l’électricité de 75 % depuis 2019.
L’Allemagne, qui engage massivement des moyens financiers (avec un budget de 435 milliards d’euros pour la réduction forcée de la production d’énergie renouvelable), doit encore résoudre la question de la flexibilité et de l’intégration des nouvelles technologies pour tirer le meilleur parti de son énergie verte.






