EDF dévoile le design du SMR Nuward, son mini-réacteur nucléaire civil - L'EnerGeek

EDF dévoile le design du SMR Nuward, son mini-réacteur nucléaire civil

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Ce 6 avril 2021, EDF a présenté le design de Nuward, son petit réacteur nucléaire modulaire (Small Modular Reactor, ou SMR). Il devrait être commercialisé à partir de 2035, afin de remplacer des centrales électriques thermiques mises à l’arrêt par la transition énergétique. EDF entend ainsi concurrencer les modèles chinois, russes et américains qui veulent conquérir ce marché.

Nuward, le SMR d’EDF, démarre avec du retard sur la concurrence

EDF continue de se préparer à un rebond de l’énergie nucléaire pour cause de transition énergétique. L’énergéticien avance toujours sur ses futurs EPR 2, ses réacteurs conçus sur le modèle de l’EPR de Flamanville, mais standardisés. Il progresse également sur la technologie des SMR, sur laquelle Chine, la Russie ou les Etats-Unis travaillent depuis plus de dix ans.

EDF ne s’est lancé dans les SMR qu’en 2017, soit beaucoup plus tard que ses concurrents. L’énergéticien n’a donc pas envisagé d’intégrer de nouvelles technologies, comme les sels fondus ou les neutrons rapides, ni de développer des réacteurs de toute petite puissance, qui peuvent s’associer en grappe.

EDF a préféré miniaturiser les technologies qu’il maîtrise parfaitement, pour donner naissance à Nuward (abréviation de « Nuclear Forward », soit en français « en avant le nucléaire ! »), son SMR, dont le design a été dévoilé ce 6 avril 2021.

Horizon 2035-2040 pour le mini-réacteur nucléaire d’EDF

Développé en partenariat avec TechnicAtome, Naval Group et le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), Nuward est une unité intégrée de 340 MWe, avec deux réacteurs de 170 MWe à eau pressurisée, la technologie du parc nucléaire français, et une seule salle de commande. « Une technologie éprouvée, avec peu d’inconnues, pour laquelle l’échelle de temps et le risque de ne pas aller jusqu’au bout sont maîtrisés », explique Benoît Desforges, le directeur développement et stratégie de TechnicAtome.

Le réacteur prend place dans un cube d’eau de 25 mètres sur 25, et sera semi-enterré pour le protéger des agressions extérieures. Il utilisera le combustible standard des grands réacteurs, fourni par Orano et Framatome. Nuward est destiné exclusivement à l’export : « Nous visons le remplacement des centrales à charbon et à gaz, qui va s’accélérer avec la pression grandissante pour atteindre les ambitions de baisse des émissions de CO2 », explique Renaud Crassous, le directeur du projet SMR, chez EDF.

Le principe est donc bien, pour minimiser les coûts, de profiter des infrastructures d’une centrale thermique, notamment en terme de raccordement au réseau électrique et d’accès routiers. Nuward devrait être commercialisé à horizon 2035-2040. Reste à savoir si, d’ici là, le projet français réussira à rattraper son retard sur la concurrence et se montrer compétitif sur un marché qui s’annonce porteur.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Pas rapide la mise en oeuvre : 2035-2040 pour un réacteur construit à partir d’une “technologie éprouvée, avec peu d’inconnues”. Un projet qui a commencé en 2012 et était déjà annoncé en 2019.

    A partir de 2008, EDF, le CEA, Areva, DCNS, avaient aussi planché sur de petits réacteurs construits à partir d’une “technologie éprouvée”, celle des sous-marins nucléaires. Un prototype était annoncé pour 2017. Depuis, silence radio, le projet a été abandonné.

    “Antares”, un petit réacteur de 4e génération à très haute température, développé par Areva depuis 2003, semble aussi avoir été discrètement abandonné.

    En Russie, il a fallu plus de douze ans (12) pour construire (en usine) deux petits réacteurs de 32 MW chacun, posés sur une barge, construits à partir des réacteurs équipant les brise-glaces atomiques.

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  • De quoi faire rêver les adorateurs du dieu pluton-ium encore quelque temps avant d’annoncer que finalement ce n’était pas une bonne idée. La preuve ? On savait faire depuis notre premier sous-marin nucléaire ….. déjà au siècle dernier tout en sachant que pour le civil ce serai bien trop chère, sinon nous l’aurions déjà fait au lieu de nous lancer dans l’aventure EPR.
    Alors ce sera trois petits tours et puis s’en vont

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  • Je ne suis surement pas objectif sur le sujet ayant travaillé dans la première équipe d’EDF en 2017 en charge du ”lay out”. Le principale problème en France de ce réacteur est d’exister en face du dogme EPR. Les technologie sont celles du pressurisé avec comme innovation des grappes immergées et des échangeurs à plaques.
    Depuis le show de Bernard Doroszczuk, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devant la Sénat vantant les vertus de ces SMR, je pense que les choses vont changer. En tout cas question coût, merci à l’EPR d’avoir mis la barre si haute.

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  • Surtout qu’avec un nouveau concept et un petit réacteut à très haute temperature une cogénération était possible en alimentant un électrolyseur haute temperature pour produire de l’hydrogène vert
    Le rendement aurait pu facilement doubler

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