La petite hydroélectricité cherche sa place en France - L'EnerGeek

La petite hydroélectricité cherche sa place en France

La petite hydroélectricité cherche sa place en France

Le 15 février dernier, le Conseil d’Etat a tranché en faveur des représentants de la petite hydroélectricité. Sa décision devrait aider plusieurs projets à voir le jour. Elle devrait limiter les recours possibles pour les associations de préservation de la nature hostiles aux installations de petite hydroélectricité. Mais sera-t-elle suffisante pour donner un nouvel élan aux projets d’énergie bleue dans l’Hexagone ? Car la France peine encore à concrétiser son fort potentiel en énergie bleue.

Le Conseil d’Etat a tranché. Il a annulé, le 15 février dernier, une des dispositions du décret passé en août 2019. Le décret prévoyait la notion d’obstacle à la continuité écologique des cours d’eau. Une notion qui ouvrait la voie à des recours contre les projets de développement de la petite hydroélectricité sur les cours d’eau français. La Fédération Electrique Autonome Française et France Hydro-électricté ont donc déposé un recours pour contester ce point du décret. A présent que le Conseil d’Etat a statué en leur faveur, les projets de petite hydroélectricité devraient avoir plus de facilité à voir le jour. Mais rien n’est joué.

2021 : année cruciale pour la petite hydroélectricité

En France, l’année 2021 va certainement décider de l’avenir de la petite hydroélectricité. En effet, environ 400 centrales hydroélectriques arriveront au terme des contrats de soutien passés en 2001. Ces centrales ont bénéficié pendant vingt ans d’un mécanisme de tarif garanti par l’état français. Mais il ne sera pas reconduit au-delà de 2021. Les centrales qui ont bénéficié de ce programme de soutien sont encore en activité. D’une puissance entre 0,5 MW et 4,5 MW, elles intéressent désormais les investisseurs.

Valorem et EDF au coude à coude pour la petite hydroélectricité tricolore

Avec un pot estimé à 400 centrales hydrauliques, qui va rafler la mise ? On connaît déjà les candidats, et plusieurs énergéticiens sont plus ou moins ouvertement positionnés pour le rachat des centrales de petite hydroélectricité.

Valorem, par exemple, ne cache pas son intérêt. En novembre 2020, Antoine Poisson, le responsable hydroélectricité de Valorem, a déclaré évoquait les centrales en fin de contrat. “Les propriétaires auront le choix entre réinvestir pour obtenir un nouveau tarif d’achat, garder les installations mais avec un revenu limité ou les céder.” Et d’ajouter : “Nous espérons reprendre une trentaine de centrales, sans passer par les agences spécialisées.”

Une autre société est d’ores et déjà intéressée par ces centrales hydroélectriques. Et il s’agit bien sûr d’EDF. L’énergéticien français a créé une unité dédiée : EDF Petite Hydro. Elle compte quatre structures régionales qui assurent l’exploitation et la maintenance des centrales hydroélectriques du groupe. Et EDF verrait d’un bon oeil l’accroissement de son réseau de centrales hydrauliques. Seule ombre au tableau, et non des moindres : EDF est actuellement englué dans le projet Hercule, qui est loin de faire l’unanimité. Dans le cadre de la réorganisation des activités d’EDF, l’hydroélectricité et la petite hydroélectricité seraient regroupées sous le pavillon “EDF Azur”. Mais tant que rien n’est validé, difficile pour le groupe de se montrer très offensif.

Petite hydroélectricité : gros potentiel et toujours plus d’innovations

Si le potentiel de la petite hydroélectricité intéresse, c’est d’abord à cause des importantes réserves d’eau disponibles dans l’Hexagone. Et c’est aussi parce que la technologie continue de progresser. Après les hydroliennes fluviales, une nouvelle génération de turbines est en train de voir le jour dans l’Hexagone. Dans les Ardennes, la société française Helliogreen a mis au point une nouvelle génération de turbines hydroélectriques. Ce modèle est tout sauf un poids plume : 30 tonnes de fonte, et un diamètre de 2,65 mètres. Mais ce qui la distingue, c’est surtout son meilleur rendement. Renaud Mignolet, le président de Helliogreen, explique que la vis de la turbine est en fait constituée de plusieurs vis. “Une géométrie multi-filets, ça permet d’augmenter le volume d’eau turbiné par rapport à une vis classique de même diamètre.”

Le résultat, c’est une nette amélioration des performances de la turbines hydraulique : “Il y a à peu près 25% de volume d’eau supplémentaire par rapport à une vis traditionnelle, et ce volume d’eau supplémentaire se traduit en capacité plus importante de production d’énergie.” La turbine de Helliogreen doit prochainement équiper le site de la Malcérienne, une ancienne usine près de Charleville-Mézières. La capacité de production attendue se situe entre 450 et 500 MWh.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • La photo montre une installation qui semble bien peu mériter le nom de micro centrale .
    Les cours d’eau ne sont pas destinés , d’ abord , à produire de l’électricité . Si c’est le cas il est indispensable de respecter les mouvements des poissons et autres insectes qui vivent dans leurs lits .Or on déplore souvent que les échelles à poissons sont défaillantes ou même absentes :on peut citer le barrage de Poutès sur l’ Allier

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