Le Pacte Vert ou Green Deal, une solution européenne ?

Le Pacte Vert ou Green Deal, une solution européenne ?

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Mercredi 11 décembre 2019, la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté le Pacte Vert. Lorsque Nicolas Hulot était ministre, il plaidait pour un « Green New Deal » ; désormais Élisabeth Borne, Brune Poirson et Amélie de Montchalin saluent le choix « de faire des questions climatiques et environnementales la priorité absolue de la présidence qui s’ouvre ». Concrètement, que faut-il attendre de cette ambition européenne ?

50 propositions pour un Pacte Vert européen

Le Green Deal ou Pacte Vert est un texte européen qui doit aider à atteindre la neutralité carbone en 2050 et à respecter les engagements de l’Accord de Paris. En matière d’émissions de gaz à effet de serre, les Vingt-Huit doivent actuellement les diminuer de 40 % à l’horizon 2030, par rapport aux niveaux de 1990. Le Green Deal prévoit d’aller encore plus loin et de faire passer ce chiffre à 50 %. Avec cette feuille de route, l’Union Européenne peut prétendre au leadership sur les questions climatiques. La COP26 au Royaume-Uni en 2020 sera l’occasion de revoir les engagements de Paris, l’Europe devra se montrer exemplaire…

C’est pourquoi, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde le 10 décembre 2019, les ministres françaises annoncent : « La Commission doit proposer un objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre allant jusqu’à -55 % ». Et effectivement, seulement quelques jours après sa prise de fonction, la nouvelle équipe au Berlaymont dévoile son Green Deal, affichant sa détermination à endiguer le réchauffement climatique. Toutefois, la présidente allemande prévient : « Le Pacte Vert ne concerne pas que les émissions » ! Au total, 50 mesures ont été présentées par l’exécutif européen.


Brainstorm avec les think-tanks sur le Green Deal

Pour mieux appréhender les différentes dimensions de ce Green Deal, on peut s’intéresser aux travaux du 16 mai 2019 intitulés : « Relever le défi énergétique et climatique en Europe : les propositions de cinq think tanks ». Pour Lola Vallejo et Nicolas Berghmans de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), il faudrait d’abord « aligner l’ambition européenne sur le climat avec l’Accord de Paris ». De même, Charlotte Vailles et Ian Cochran suggèrent pour l’Institut for climate economics (I4CE) « d’aligner et de mettre en cohérence les outils politiques, économiques et financiers de l’UE avec une vision 2050 compatible avec l’Accord de Paris ».

Thomas Pellerin-Carlin, chef du Centre énergie de l’Institut Jacques Delors, souligne la nécessité d’élaborer « une transition énergétique au service de la justice sociale et de la compétitivité en Europe ». À Terra Nova, le coordonnateur du Pôle énergie et climat, Antoine Guillou, milite « pour une politique commerciale au service des objectifs climatiques ». Enfin, avec Emmanuel Tuchscherer, la fondation pour l’innovation politique vut envisager de « massifier les investissements verts dans la production électrique pour accélérer la transition énergétique ».

Une transition énergétique juste pour l’Europe continentale  ?

Autant de dimensions qui se retrouvent plus ou moins au sein des 50 actions défendues par Ursula von der Leyen. Des évolutions de la politique agricole commune, au développement de l’économie circulaire, l’économie de la connaissance va connaître de profondes mutations. Pour la secrétaire d’Etat Brune Poirson, « la France contribuera de façon exigeante aux négociations »,  tandis qu’Emmanuel Macron indique :  « L’Europe, premier continent à atteindre la neutralité carbone ? C’est l’ambition du Green Deal (…)  nous travaillons activement pour convaincre l’ensemble de nos partenaires ».

Hier, devant le parlement européen, Frans Timmerman soulignait pour sa part l’importance d’accompagner les régions en transition, notamment afin de sortir du charbon. Quand la Pologne organisait la COP24, l’idée de réaliser une transition juste avec des mécanismes de solidarité faisait ainsi consensus. En France, le gouvernement a par exemple élaboré des contrats de transition écologique (CTE) qui pourraient servir de modèle. En attendant, lors du Conseil Européen du 12 décembre 2019, Contexte Pouvoirs décrypte : « les discussions sur le budget et le climat pourraient s’entrechoquer, puisque les pays de l’Est demandent des fonds spécifiques pour les soutenir dans leur transition énergétique ».

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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