Bancs solaires au G7 de Biarritz : la fausse bonne idée ?

Bancs solaires au G7 de Biarritz : la fausse bonne idée ?

Du 24 au 26 août 2019, la ville de Biarritz accueillera un événement suivi et commenté à travers le monde : le G7. La réunion des dirigeants des sept pays les plus puissants au monde génère déjà beaucoup de réactions et il faut désormais y inclure un volet énergétique. Pour limiter le bilan carbone de cette rencontre, plusieurs acteurs ont participé à l’organisation. Outre la ville de Biarritz qui accueillera la conférence internationale, Engie ainsi que Suez ont ainsi proposé des solutions pour un G7 écoresponsable… Et si plusieurs bancs solaires ont été mis à disposition du public, il est désormais conseillé de ne pas s’y asseoir aux « heures les plus chaudes ».

Des bancs solaires publics disponibles par intermittence ?

Les idées au sujet de la transition énergétique et écologique ne manquent pas, les polémiques non plus. Alors que la traversée de l’océan Atlantique par Greta Thunberg sur un voilier n’en finit plus de soulever des questions, le G7 de Biarritz a d’ores et déjà droit à sa première polémique en matière d’énergie. Ce 16 août 2019, Guillaume Barucq, adjoint au maire de Biarritz a tweeté un message au contenu positif qui n’a pas tardé à faire vivement réagir. L’adjoint se félicitait de l’arrivée des premiers bancs photovoltaïques à Biarritz :

Une précision certainement maladroite qui a entraîné un florilège de réponses ironiques sur les réseaux sociaux. « Vivement qu’on installe des trottoirs photovoltaïques sur lesquels il ne faut pas marcher » a répondu un utilisateur de Twitter tandis qu’un autre ironisait sur l’absence de « panneau signalétique affichant ‘interdiction de s’asseoir’ alimenté par le banc ». Et si le banc fonctionne mieux lorsqu’il n’y a personne assis « aux heures les plus ensoleillées », cela rend ce mobilier urbain beaucoup moins utile pour remplir sa fonction première. Guillaume Barucq s’est justifié en rappelant que « Si on veut produire au maximum, il faut éviter que des gens soient assis dessus en permanence en plein soleil. Mais ces bancs sont larges, donc ça produit même avec deux ou trois personnes dessus. Cela fonctionne par tout temps, en toute saison ». Une polémique qui ne manque pas de faire écho au caractère intermittent des énergies renouvelables électriques.

Une transition énergétique ambitieuse et onéreuse pour Biarritz ?

Toutefois, si les bancs solaires d’Engie sont destinés à « recharger son téléphone portable, soit par port USB soit par induction, et d’avoir accès au wifi », le groupe propose aussi d’autres innovations. L’entreprise dirigée par Isabelle Kocher va par exemple mettre à disposition une flotte de vélos à hydrogène. Un choix qui plaira sans doute à Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de bicyclette (FUB), qui demandait récemment à ce que l’on « change de braquet » pour la mobilité douce. Parallèlement, tandis que Brune Poirson continue de défendre l’environnement sur les plages cet été, des récupérateurs de mégots proposés par Suez complèteront le dispositif. Ces innovations permettront à la fois de contribuer au respect de la Charte de Metz, et à l’obtention de la certification ISO 20121 visée par l’Élysée. La Charte adoptée lors du G7 de l’environnement le 5 et 6 mai derniers, en présence d’Emmanuelle Wargon, Brune Poirson et François de Rugy, prévoit notamment d’encourager la participation de tous les acteurs, pour la préservation de la biodiversité : collectivités territoriales, entreprises, ONG…

Des dispositifs parmi d’autres pour une ville qui a lancé un appel d’offres afin de couvrir quatorze sites de panneaux solaires (parkings, écoles, etc.). Selon Guillaume Barucq, cela permettra de « couvrir 82 % de la consommation actuelle de la ville d’ici deux ou trois ans ». Ainsi, avec cet événement, la ville de Biarritz est donc engagée dans une politique ambitieuse de transition énergétique. Reste à savoir si ces bancs solaires resteront dans les rues de Biarritz une fois le G7 terminé. Pour cela, il faudrait que la municipalité débourse environ 7 000 euros par banc. Une somme importante pour des infrastructures exposées au phénomène de vandalisme. En l’état actuel, il se peut donc que les bancs photovoltaïques soient trop onéreux pour couvrir rapidement les villes du sud de la France.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Rien dans cet article concernant le bilan CO2 des bancs et sa comparaison à une prise électrique du réseau ? Lorsqu’il s’agit d’énergie, à notre époque, le principal enjeux n’est-il pas le CO2 ? (et sa réduction d’un facteur significatif ?)

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