La trottinette électrique, une fausse bonne idée pour la mobilité douce ?

La trottinette électrique, une fausse bonne idée pour la mobilité douce ?

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Le 30 juillet 2019, la ville de Paris a mis en place des règles plus strictes pour l’utilisation de trottinettes électriques. Parallèlement, une étude américaine publié le 2 août 2019, montre que ce moyen de transport engendre aussi de la pollution. Ainsi, un trajet d’1,6 kilomètre émettrait en moyenne 202 grammes de CO2, soit plus que le vélo et même le bus. Un chiffre qui remet en cause la dimension environnementale de la mobilité douce. La trottinette électrique a-t-elle déjà connu ses heures les plus heureuses ?

Les trottinettes électriques sous tension

Rapide, simple d’utilisation, pratique et non polluante. Sur le papier, la trottinette électrique n’a que des atouts. L’engouement se vérifie avec le développement de multiples entreprises de location en libre service et des trottinettes qui ont colonisé tous les trottoirs des grandes villes. Le phénomène est tel que les trottinettes électriques sont devenues un point de tension avec les piétons et les voitures. Les comportements peu respectueux des autres et du code de la route de la part de nombreux utilisateurs de trottinettes électriques génèrent effectivement des tensions. D’ailleurs, la maire de Paris, Anne Hidalgo, confirme sa volonté d’encadrer cette pratique et rappelle : « J’ai saisi la ministre des Transports qui devrait donner aux maires la possibilité de réguler ces nouveaux modes de transports, dès que le texte aura été adopté par le Parlement. Dans l’immédiat j’ai décidé de les interdire sur les trottoirs ».

Parallèlement, des chercheurs de la North Carolina State University ont calculé l’impact environnemental de ces trottinettes. Selon eux, en moyenne, une trottinette émettrait 202 g de gaz à effet de serre pour un mile parcouru (environ 1,6 kilomètre). Un chiffre étonnant que les chercheurs expliquent par plusieurs facteurs, avec en premier lieu la manière dont sont fabriqués ces engins. Généralement assemblées en Chine, les trottinettes fonctionnent grâce à une batterie au lithium. Un minerai dont le mode d’extraction est extrêmement énergivore. La fabrication et l’envoi des trottinettes vers leur lieu d’utilisation comptent pour 50 % du coût écologique. Le coût initial est important, mais un autre élément vient faire grimper la facture écologique.

La mobilité douce est-elle vraiment écologique ?

Si les trottinettes fonctionnent à l’électricité, encore faut-il les recharger. La collecte pour les recharger constitue à lui seul 43 % du coût écologique. Ce chiffre lui aussi élevé s’explique notamment par le fait que de nombreuses trottinettes sont collectées alors qu’elles sont en capacité de rouler une journée supplémentaire. Une collecte qui s’effectue généralement grâce à une camionnette qui, elle, pollue. Qui plus est, avec le temps, l’impact d’une trottinette sur l’environnement est censé diminuer. Malheureusement, ces machines à la disposition de tous sont victimes d’un taux de vandalisme très élevé. Ainsi, la durée de vie moyenne d’une trottinette ne dépasserait pas 28 jours, alors que selon Mc Kinsey, « le seuil de rentabilité pour une trottinette électrique partagée est atteint après 114 jours d’utilisation ! »

Ainsi, la trottinette se mue en un mode de déplacement pas si écologique qu’il n’y paraît. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on le compare au vélo – une pollution deux fois moins importante – et même au bus. En effet, si un bus fonctionnant aux énergies fossiles pollue bien plus qu’une trottinette électrique, la pollution par passager et par kilomètre est finalement moins importante. Concrètement, un trajet en bus est évalué à 82 g de CO2 par personne, même si celui-ci varie en fonction du taux d’utilisation de la ligne de bus. Alors que la question la gratuité des transports en commun était abordé le 7 mai dernier au Sénat, ce sujet sera forcément abordé lors des municipales de 2020. En attendant, la ministre des transports, Elisabeth Borne indique « Nous allons mettre des règles sur le code de la route pour réglementer l’usage de la trottinette » !

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Les trottinettes engendrent des nuisances qui devraient être prises en compte, par une vignette, par exemple.

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