Paris et Dakar, deux Smart Cities en devenir

Paris et Dakar, deux Smart Cities en devenir

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Dans un monde qui tente de s’adapter aux grands enjeux de demain (explosion démographique, mobilité de masse, densification de l’habitat, changement climatique…), les métropoles veulent devenir des « villes intelligentes » – traduction de l’anglais du concept de Smart Cities. La ville intelligente s’appuie sur les nouvelles technologies pour renforcer la qualité des services urbains, mettre en place une gouvernance participative, et gérer avec clairvoyance les ressources naturelles.

Contrairement aux idées reçues, la ville intelligente n’est pas non plus un cauchemar algorithmique qui se contente d’accélérer les rythmes et d’augmenter la consommation (voitures autonomes, objets connectés, applis de géolocalisation…). Le défi de la ville vraiment intelligente est d’être à la fois smart, c’est-à-dire hyperconnectée et permettant la mobilité et la libération des flux, et durable, contribuant au lien social et au respect de l’environnement.

La Smart City doit à la fois avoir un pied dans le futur et dans le concret, afin d’être en phase avec l’environnement et de juguler les problèmes liés à nos modes de vie : émissions de gaz à effets de serre, gâchis alimentaires, épuisement des ressources naturelles. Il n’existe donc pas une seule formule pour la ville de demain, mais autant de voies qu’il existe d’écosystèmes urbains. Enquête sur deux projets de Smart City : le Grand Paris et le Grand Dakar.

Le Grand Paris : une ville verte et ouverte

Les projets soumis pour l’avenir du Grand Paris visent tous à en faire une ville durable. La Ville de Paris a par exemple fait le choix de « l’innovation ouverte ». Selon le site de la Ville, « l’intelligence de Paris provient de l’intelligence des Parisiens et des partenaires de son écosystème innovant ». L’objectif ? Favoriser la participation citoyenne, l’ouverture des données ou encore le soutien à l’innovation. A l’arrivée, le Grand Paris doit permettre une continuité spatiale entre Paris et sa banlieue proche, quitte à supprimer le périphérique. Ce dernier est jugé trop bruyant, trop pollué – il est responsable de 37% des particules fines de la ville – et disruptif de l’espace urbain de demain.

Le rapport piloté par Gaspar Gantzer, candidat à la mairie de Paris, mené avec des géographes, des architectes et des urbanistes, soumet ainsi des propositions plutôt audacieuses. Ce projet compte « donner au végétal une place prédominante ». A porte Maillot, par exemple, le rapport suggère une mise en eau de l’autoroute pour créer « une nouvelle Seine » qui formerait un îlot de fraîcheur. Une initiative similaire menée à Séoul, en Corée du Sud, a permis de faire perdre « 5 degrés en période de chaleur », note le document.

Le Grand Dakar : les enjeux d’une démographie galopante

Le modèle de la Smart City est-il transposable en Afrique ? Bien que les enjeux diffèrent, les experts s’accordent pour dire qu’il est possible – même nécessaire – de développer ce type de projet sur le continent afin d’assurer le bien-être et la mobilité du plus grand nombre. A cette fin, il convient de réaménager, de redéfinir et d’adapter le concept aux réalités africaines. A Dakar, capitale sénégalaise qui connait une mutation géographique majeure, l’urbanisation se fait à marche forcée à mesure que la population augmente. Aussi, les initiatives « intelligentes » se multiplient afin de favoriser le logement et l’accès à l’emploi.

Un exemple de projet smart est le partenariat de la ville avec RATP Smart system, la filiale du groupe RATP, une société dynamique et en plein développement, dédiée à la billettique, l’information voyageurs et les systèmes d’aide à l’exploitation. Cette dernière doit assurer une digitalisation de la vente, de la validation et du contrôle des billets afin de développer « un système de transport intelligent ouvert et interopérable pour les transports réguliers ». Cette initiative s’inspirera des succès qu’a connu le groupe à Guadalajara (Mexique), Guayaquil (Equateur) ou à Santiago du Chili.

Néanmoins, la croissance urbaine ne doit pas non plus se faire à n’importe quel prix. Dans une optique de développement durable de la ville, le ministère des Transports sénégalais a également lancé en 2018 le projet « Bus Rapid Transit » (BRT). Il prévoit la création de voies dédiées aux bus afin de réduire le temps de transport entre la ville de Guédiawaye (banlieue dakaroise) et le centre-ville (principal bassin d’emploi de la région). En plus d’augmenter la mobilité, les BRT devraient contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air de la ville, avec 446 480 tonnes de CO2 éliminées entre 2020 et 2035, d’après la Direction de l’environnement et des établissements classés.

Dakar prévoit également de développer des quartiers intelligents, afin de régir efficacement les ressources et les actifs en dehors de son centre. L’objectif ? Rééquilibrer les flux et repolariser cet immense espace dépendant très largement du centre-ville. Cela passera par exemple par la création d’un nouveau pôle urbain nommé « Diamniadio Lake City », une Smart City censée accueillir quelque 10 000 fonctionnaires, un complexe sportif multifonctionnel ainsi que des espaces résidentiels et des bureaux. Autant de projets qui pourront décongestionner durablement la métropole sénégalaise.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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