Notre Dame : l'effet de sa restauration sur le climat est essentiel (Tribune)

Notre Dame : l’effet de sa restauration sur le climat est essentiel (Tribune)

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Comme tous les Français et de très nombreux citoyens du monde, j’ai assisté avec stupeur, sidération et douleur à l’incendie de Notre Dame de Paris. La question de la restauration est maintenant posée. L’effet de cette restauration sur le climat peut paraître négligeable mais l’est-il vraiment ? Une tribune de Hervé Nifenecker.

En effet, le volume de la charpente est de l’ordre de 5000 m3 qui, en brûlant ont conduit à l’émission de près de 10000 tonnes de CO2, équivalent à la production de CO2 par 1 million de voitures consommant 5 litres aux cent parcourant chacune 100 km.

Dans une gestion raisonnable et rentable de la forêt les arbres seront de toute façon coupés, et le plus probablement, transformés en granulés ou bois déchiquetés pour produire de la chaleur, et donc produire du CO2. Autrement dit, sur la durée de vie de l’arbre, le bilan CO2 sera neutre, ce qui est appréciable, et ce qui permet de considérer que le bois est un combustible décarboné.  Si, au lieu de brûler les arbres on utilise leur bois de façon pérenne, par exemple dans le bâtiment,  les émissions deviennent négatives sur le cycle. On aura donc extrait du CO2 de l’atmosphère.

Ainsi, restaurer la charpente de Notre Dame avec du bois permettrait de prélever 10.000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère et de le stocker pendant quelques centaines d’années. Or dans les scénarios du GIEC, pour limiter la hausse de la température moyenne à 2 °C, et, encore davantage à  1,5°C la nécessité d’obtenir des émissions négatives est absolue.

Charpentes_Notre_Dame

La réalisation de la nouvelle charpente pourrait développer l’utilisation du bois dans la construction et contribuer à diminuer la concentration atmosphérique de CO2 . Économiquement, si on admet une valorisation du CO2 à 100 euros par tonne on voit que la restauration de la charpente en chêne devrait être rémunérée à hauteur de 1 million d’euros.

Avec le chantier de restauration de la charpente de Notre-Dame, la France pourrait devenir un acteur majeur dans la stratégie de capture-stockage du dioxyde de carbone dans l’atmosphère , stratégie estimée cruciale pour le contrôle du réchauffement climatique

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Très bonne approche

    Cependant on constate que les cathédrales (comme on le vérifie notamment à Amiens dont certains arcs et piliers posent problèmes : grosses fissures à risques – et qui de mémoire et sauf erreur peut contenir en volume 3 fois ND de Paris), sont de véritables “châteaux de cartes” quand une voûte se fragilise avec le temps et celle de Paris a sans douté été sur certaines parties impactée par les hautes températures durant un temps assez élevé.

    Cela nécessite d’avoir des structures de toitures les plus légères possible et renforcées pour améliorer la tenue de l’ensemble.

    De plus le bois actuel avec plus de C02 dans l’air (pousse plus rapide mais moins résistant qu’autrefois) et des délais et méthodes de séchage différentes et beaucoup plus courtes qu’avant (plus de 60 à 80 ans dans des marais/tourbières pauvres en oxygène pour la construction de navires et bâtiments de l’époque) n’ont pas les mêmes durabilités ni qualités.

    En outre le bois contient environ 50% de carbone

    1) On peut donc se demander s’il n’y pas intérêt à aborder la réfection avec une part de fibre carbone utilisant du recyclé et/ou par ailleurs de la cellulose et/ou lignine.

    Leur taux de carbone est supérieur à 90% en masse et il peut venir en substitution de celui d’arbres qui peuvent permettre un meilleur taux d’utilisation dans d’autres constructions moins contraignantes (aucun rebus lors de la fabrication de charpentes et autres) car ND de Paris demande souvent des poutres de plus de 30 m donc les déchets de bois sont importants (plus de 1300 chênes quand même !)

    De plus :

    – leur propriétés mécaniques et de légèreté sont bien meilleures que celles du bois.

    – de même leur réaction au feu : comportement d’un matériau dans des conditions d’essais spécifiées, qui par sa propre décomposition, alimente un feu auquel il est exposé)

    – résistance au feu généralement supérieure à 2500°C – sauf pour certaines fibres 400°C – (comparé à la température de combustion du bois 300°C) : Aptitude à conserver pendant une période déterminée la capacité portante, l’étanchéité et/ou l’isolation thermique requises en vertu de l’essai de résistance au feu normalisé

    – résistance aux chocs meilleure que l’aluminium

    – parfaite résistance à l’eau, champignons, attaques d’insectes etc

    – pas de risques de fissuration comme le bois (noeuds, fissurations etc)

    Quelques inconvénients :

    – Prix éventuellement plus élevé (tout dépend la part de recyclé) mais sans doute coût total inférieur pose incluse

    – éventuel problème des fibres lors de la pose (protection comme pour le bois)

    – aspect conductivité électrique quand la fibre de carbone est mouillée mais qui est similaire au bois mouillé

    En bref et alors que l’esprit des cathédrale était “d’élever celui des peuples”, avoir une part de structure en fibres de carbone composite lignine/celullose et/ou recyclées, sans aucun déchet annexe, renforcerait la structure tout en l’allégeant singulièrement et en la renforçant fortement, avec une mise en place plus faciles et beaucoup plus de possibilités de consolidation de l’édifice et de la création d’espaces et lieux de visites.

    La charpente de ND de Paris n’était en effet guère accessible.

    Cela permettrait donc de réaliser une toiture visitable par les touristes avec des ouvertures visuelles sur Paris et/ou d’autres aspects internes de la cathédrales donc l’apport de revenus alors qu’elle coûte très cher en entretien comme on le constate, tout en démontrant un savoir faire dans le domaine des fibres de carbone qui s’étend aux bâtiments et dont les volumes à recycler sont de plus en plus importants (aviation notamment)

    2) Le solaire flexible qui est esthétiquement désormais mieux que le zinc sans les pollutions de ce dernier (et sans parler des quelques 250 tonnes de plomb associées qui avec le feu ont pu contaminer des parisiens et pompiers : saturnisme) permettrait également de procurer d’important revenus à cette cathédrale en étant plus esthétique, moins problématique et plus rentable que le zinc

    Fibres de carbone en lignine ou cellulose à faible température de réalisation et coûts compétitifs :

    http://libre2020.eu/project-goals/

    .

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  • Exemples de technologie de recyclage d’anciennes fibres de carbone (aviation etc) donc meilleur bilan CO2 qu’une coupe de bois existant qui peut alors être utilisé pour d’autres constructions avec moins de contraintes techniques donc moins de pertes.

    Le volume de déchets composites à base de fibres de carbone est estimé à 2.500 tonnes à l’horizon 2025 en France

    Technologie de vapothermolyse :

    http://www.arcomposites.com/

    .

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  • Ou encore : la technologie des puissances pulsées repose sur le principe de la restitution d’une énergie électrique, dans un temps très bref (en nanoseconde), pour obtenir des puissances de l’ordre du Méga W.

    Cette puissance restituée se transforme en énergie mécanique sous forme d’une onde de choc sonique et subsonique, d’une avalanche électronique, d’un champ électromagnétique… qui, appliqués au matériau à traiter, permettent la séparation de ses constituants.

    Elle présente l’avantage d’être sans contact et se révèle donc très économe en coûts de maintenance, car elle préserve l’outil. Respectueux de l’environnement puisqu’il ne nécessite aucun additif chimique, le procédé permet la fragmentation, la séparation et la pulvérisation de produits en fin de vie ou de chutes de production. Le taux de récupération est conséquent et les matières ainsi récupérées conservent leurs propriétés d’origine.

    https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/recyclage_dechets_composites_platiques_a_fibre_de_carbonneutilisation_technologie_puissances_pulsees_30-05-17.pdf

    .

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