Enfouissement des lignes électriques : une solution avantageuse ?

Enfouissement des lignes électriques : une solution avantageuse ?

L’enfouissement des lignes électriques est une problématique stratégique pour les gestionnaires du réseau électrique. Depuis la tempête de 1999 et la longue interruption de courant qui a touché plusieurs centaines de milliers de personnes, la problématique est sur la table du réseau de transport d’électricité (RTE). Pour éviter ces problèmes, l’enfouissement de nouvelles lignes basse et moyenne tension est privilégié… Seulement cette technique présente aussi quelques limites.

Quelles lignes peuvent-elles être enfouies ? 

La France est l’un des pays où l’approvisionnement en électricité est le plus sûr au monde. La production d’énergie n’est pas trop dépendante des aléas climatiques, ni des importations, tandis que le réseau est très bien entretenu. Un réseau qui devient par ailleurs de moins en moins visible, grâce à l’enfouissement de certaines lignes électriques (basse et moyenne tension). D’après Enedis, 98,4 % des nouvelles lignes moyenne tension sont enfouies. Des nouvelles lignes qui n’entrent plus dans le champ visuel, mais des anciennes (l’immense majorité du réseau) qui sont encore aériennes. Cela est particulièrement vrai pour les lignes haute et très haute tension.

RTE, responsable des lignes à haute et très haute tension explique qu’une ligne souterraine revient de deux à quatre fois plus chère qu’une ligne aérienne. Selon un rapport de 2015 de l’Agence de coopération de régulateurs de l’énergie (ACER), l’enfouissement pourrait même générer un coût de quatre à huit fois plus élevé. La différence est donc importante et l’aspect financier peut parfois être déterminant dans le choix du projet. Aujourd’hui, seule une ligne haute tension reliant Saint-Brieuc à Lorient longue de 76 kilomètres a été enterrée. Elle a été inaugurée le 15 janvier 2018 : le chantier aura lui coûté la bagatelle de 120 millions d’euros. L’enfouissement coûte effectivement plus cher que les lignes aériennes ; par contre les coûts d’entretien et de maintenance se révèlent bien plus élevés que pour une ligne enterrée.

L’enfouissement : une solution idéale ?

Les coûts d’exploitation sont plus importants pour les lignes aériennes. L’ordre de grandeur est de quatre à cinq. La durée de vie moyenne joue également en faveur des lignes souterraines. Elle est de soixante ans contre environ 40 ans pour les lignes aériennes. Autre atout de l’enfouissement, les lignes subissent dix fois moins d’avarie. Aussi, les coûts de maintenance s’en trouvent encore réduits, même s’il ne faut toutefois pas négliger l’impact lorsqu’un problème survient. En effet, une fois enfouie, une ligne électrique nécessite beaucoup de temps et d’argent pour être réparée. L’intervention est plus complexe qu’à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Au demeurant, d’après sia-partners,”ce coût de maintenance est peu pris en compte au moment de la décision d’enfouissement ou non des lignes”.

Les lignes enfouies ont pour autre avantage de ne pas être à la merci des intempéries. Toutefois, les inondations restent problématiques. De plus, aujourd’hui, la France possède plus de 100 000 kilomètres de lignes aériennes à haute et très haute tension. Ambitionner d’enterrer tout ce réseau reviendrait à faire exploser la facture d’électricité. Une solution qui n’a donc aucune chance de s’imposer surtout dans un contexte de ras-le-bol fiscal, notamment dans le domaine de l’énergie. D’autant qu’en France, l’Etat impose une indemnité de 2 318 euros par an et par pylône pour une ligne à la tension comprise entre 200 et 350 kV, l’indemnité est même supérieure à 4 600 euros par an et par pylône pour une ligne de plus de 380 kV…

En Europe, le Danemark, est le champion de l’enfouissement des lignes électriques, avec 23 % de lignes à haute et très haute tension qui sont désormais sous terre. Un résultat obtenu notamment avec le raccordement des nouveaux parcs éoliens en mer. Les Pays-Bas arrivent en seconde position avec 10% des lignes électriques ; il s’agit donc encore d’une solution assez peu développée, en France comme ailleurs !

Rédigé par : La Rédaction

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