PPE : les énergies renouvelables sont-elles au rendez-vous des objectifs ?

PPE : les énergies renouvelables sont-elles au rendez-vous des objectifs ?

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Avec les chiffres du Réseau de Transport d’Électricité (RTE) et les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, l’heure est venue de faire un bilan d’étape de la transition énergétique. Tout en visant la neutralité carbone en 2050, la France prévoit d’atteindre 40% d’ENR au sein de son mix électrique à l’horizon 2030…

Hausse des renouvelables, la traduction de l’écologie en action ?

Premier constat, la progression de la part des ENR passe principalement par le développement du solaire et de l’éolien, même si l’hydroélectricité reste de loin la première énergie renouvelable de métropole. D’ailleurs, la seconde Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit encore d’accélérer le développement de ces deux filières. L’énergie éolienne devra atteindre près de 40 GW en 2028 contre 15 GW actuellement. Le solaire devrait quant à lui être compris entre 35 et 45 GW, contre 10 GW de capacités installées en 2018.

La transition énergétique vue d’un autre angle

D’après le panorama de l’électricité renouvelable en 2018, la France a atteint 99% de ses objectifs pour la transition énergétique. Dans le pays, la diversification du mix énergétique est effectivement en cours depuis plusieurs années ! Contrairement aux idées parfois reçues, la politique énergétique française est assez équilibrée. À la lecture du bilan électrique 2018 de RTE, on découvre par exemple que le nucléaire représente seulement 47,5% des parts du parc installé. Le thermique est lui estimé à 14% du parc, l’hydraulique à 19,2%, tandis que l’éolien est à 11,5% et le solaire à  6,5% ; les bioénergies en revanche sont seulement à 1,5%.

Quelle équation financière pour la transition énergétique ?

Pourtant, en avril 2018, la Cour des Comptes nous avertissait que le soutien public pour l’éolien et le solaire se chiffrait déjà aux alentours de 121 milliards d’euros, tandis que « 84 % du montant des charges de 2023 relèveront encore de dépenses engagées avant 2017 ». Désormais, avec cette infographie, on peut donc estimer les montants financiers qu’il reste à engager pour réussir la transition énergétique… Interrogé sur France Inter, François de Rugy indique que 7,3 milliards d’euros sont consacrés aux ENR cette année dans le budget de l’Etat. Aussi assure-t-il, un certain nombre de Français commence à penser que “ça coûte beaucoup trop cher, que c’est de l’argent gaspillé“.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • De nouvelles recherches de l’Université technologique de Lappeenranta (LUT), en Finlande, ont démontré qu’un super-réseau européen transfrontalier basé sur un approvisionnement décentralisé en énergies renouvelables est l’option la moins coûteuse pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris tout en éliminant les obstacles importants au fonctionnement d’une Union européenne de l’énergie.

    LUT étudie depuis longtemps l’idée de super-réseaux alimentés à 100 % par des énergies renouvelables et couvrant une grande partie de la planète.

    L’étude a comparé 2 scénarios – l’un simulant 20 régions d’Europe agissant comme des “îles” énergétiques indépendantes et l’autre simulant des interconnexions électriques entre les régions. Les scénarios ont été modélisés jusqu’en 2050 et tenaient compte de la capacité et de l’âge actuels des centrales électriques, ainsi que de l’augmentation prévue de la demande future.

    “Les résultats montrent clairement que la solution la moins coûteuse est basée sur l’approvisionnement domestique et décentralisé avec le commerce transfrontalier, car cela réduit le coût total du système électrique de 69 €/MWh en 2015 à 51 €/MWh en 2050. Un avantage économique substantiel grâce au commerce transfrontalier s’élève à 26 milliards d’euros par an, en ne négociant que 12% de la demande totale d’électricité des utilisateurs finaux en Europe.”

    “Une approche SuperSmart respecte les contributions uniques que différentes régions d’Europe peuvent apporter tout en adhérant à un objectif clairement défini d’émissions de gaz à effet de serre nettes nulles d’ici 2050” précise Michael Child, chercheur à l’Université LUT et auteur principal de Flexible electricity generation, grid exchange and storage for the transition to a 100% renewable energy system in Europe.

    Le scénario SuperSmart présenté par LUT constitue un compromis entre deux approches de l’Union européenne de l’énergie qui ont été adoptées récemment – une approche de réseau intelligent décentralisé et une approche de super-réseau centralisé et réglementé.

    “Les résultats de notre modélisation et de notre analyse des instruments de politique suggèrent qu’un compromis entre les deux extrêmes, ou une approche SuperSmart, peut être une solution optimale aux deux problèmes. Tant sur le plan technologique qu’en termes de politique énergétique et climatique, l’Europe doit être considérée non seulement d’en haut, mais aussi dans le contexte national et régional.”

    “Les conditions-cadres que l’Europe doit mettre en place pour que la part des énergies renouvelables puisse augmenter rapidement sont importantes. Chaque pays devrait s’orienter le plus rapidement possible vers un approvisionnement complet en énergies renouvelables”, déclare Claudia Kemfert, co-auteure du rapport. “L’étude montre que le passage à un approvisionnement complet par les énergies renouvelables est non seulement possible, mais qu’il renforce également l’économie et génère des innovations et des avantages technologiques.

    L’étude tient également compte d’éléments qui ne sont pas toujours abordés dans d’autres études de modélisation, comme le rôle des prosommateurs qui, selon l’étude, s’ils étaient pris en compte en termes d’impact sur la quantité d’énergie qui circule dans le réseau centralisé, réduiraient de 6 % la capacité nécessaire à l’interconnexion de pointe, réduisant ainsi les coûts. Le stockage de l’énergie peut également être considérablement développé, les batteries fournissant un stockage à court terme et d’autres technologies assurant l’équilibre saisonnier nécessaire.

    La production flexible peut également être soutenue par l’utilisation de la production complémentaire géographique, par exemple en connectant les niveaux élevés de production photovoltaïque solaire dans le sud de l’Europe et de production éolienne dans le nord-ouest de l’Europe au réseau paneuropéen plus vaste, réduisant ainsi la variabilité globale.

    L’Université a déjà publié des résultats qui mettent en évidence le potentiel d’une Russie et d’une Asie centrale à 100 % d’ici 2030 ; d’une Amérique du Sud à 100 % d’ici 2030 ; d’un Iran et d’un Moyen-Orient à 100 % d’ici 2030 ; d’une Inde d’ici 2050 et sa réalisation majeure, un système planétaire à énergie 100% renouvelable. Et en novembre 2017, en marge de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques COP23 à Bonn, en Allemagne, les chercheurs de l’équipe LUT ont montré comment un réseau électrique 100 % renouvelable est plus rentable que le système actuel qui dépend des combustibles fossiles.

    “En tant que scientifiques, nous proposons nos résultats à tous les niveaux, par le biais des médias, des contacts directs, des manifestations à Bruxelles ou dans les capitales européennes et des publications scientifiques, qui seront plus tard à nouveau examinées par des rapports importants tels que celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Plus tard, nous pourrions même avoir un impact sur les rapports de l’Agence internationale de l’énergie, qui suit parfois les découvertes scientifiques plusieurs années plus tard.”

    “Il reste cependant beaucoup à faire pour mieux amplifier le travail des scientifiques et des chercheurs afin de noyer l’argent versé dans les campagnes de lobbying contre le changement climatique”… (!!!)

    https://cleantechnica.com/2019/02/26/decentralized-renewable-energy-focused-european-super-grid-is-least-cost-option/

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