Comment lutter contre la pollution plastique au quotidien ?

Comment lutter contre la pollution plastique au quotidien ?

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En raison de son faible coût de production, le plastique est utilisé à grande échelle dans les processus industriels, notamment pour fabriquer des produits jetables. Une utilisation massive et mal contrôlée dont nous avons évoqué les conséquences environnementales dans un précédent article. La France et de nombreux autres pays ont récemment pris des mesures drastiques pour lutter contre la pollution plastique. Mais cette lutte est également l’affaire de tous. Plusieurs petits gestes du quotidien permettent en effet de réduire sensiblement notre impact environnemental en diminuant notre recours au plastique.

Les mesures générales : interdictions et recyclage

Consciente des enjeux environnementaux liés à la pollution plastique, la France vient de prendre plusieurs mesures successives pour porter un frein à l’utilisation massive du plastique. L’interdiction de plusieurs produits jetables (pailles, couverts, contenants…) que nous évoquions dans notre précédent article fait suite à l’interdiction du sac plastique à usage unique en vigueur depuis 2016.

Une autre mesure va consister à mettre en place un bonus malus pour le recyclage du plastique à compter de l’an prochain. Un système qui doit encourager les Français à privilégier les produits fabriqués à partir de plastique recyclé en taxant ceux qui ne le sont pas. Cette mesure vise en premier lieu les emballages, comme les bouteilles, sachant que seulement un quart d’entre eux sont recyclés en France à l’heure actuelle. La mise en oeuvre d’une consigne sur le plastique et une baisse de la TVA sur le recyclage devraient compléter le dispositif.

La France n’est naturellement pas le seul pays à prendre des mesures pour réduire la consommation plastique, l’enjeu étant planétaire. Le Chili est ainsi devenu en août le premier pays sud-américain à interdire les sacs plastiques. Ce pays est l’un des plus durement impacté par la pollution plastique globale puisque flotte au large de ses côtes une mer de plastique de la superficie du Mexique…

En Afrique, plusieurs pays comme le Rwanda, le Kenya, la Mauritanie et le Mali ont interdits les sacs plastiques.  Particulièrement concernée par la pollution, l’Inde a également pris des mesures ciblant les produits plastiques jetables, désormais interdits dans les villes de Dehli et de Mumbai.  Une généralisation à l’ensemble du pays est espérée pour 2022 par le Premier Ministre Narendra Modi. Au total, ce sont une soixantaine de pays qui ont déjà pris des mesures d’interdiction, même si elles demeurent largement insuffisantes, notamment en Asie, où 5 pays (Chine, Thaïlande, Philippines, Indonésie, Vietnam) sont responsables de la moitié de la pollution plastique des océans.

Quelques idées pratiques pour limiter sa consommation de plastique

Il n’est évidemment pas nécessaire d’attendre la prononciation d’une interdiction pour lutter individuellement contre la pollution plastique. Plusieurs gestes du quotidien permettent, à notre échelle, de contribuer à la limitation de la prolifération des déchets plastiques.

Au moment de remplir votre caddie dans les rayons des supermarchés, pensez à privilégier les produits non ou peu emballés (produits en vrac ou à la coupe, fruits et légumes non emballés) ou contenus dans des emballages facilement recyclables ou réutilisables (comme les bouteilles ou les bocaux en verre). A l’inverse, l’achat de produits en sachets individuels doit être limité autant que possible.

Au rayon des produits ménagers, gardez à l’esprit que certains de ces produits souvent conditionnés dans des emballages plastiques peuvent être remplacés par des produits comme le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc ou le savon noir liquide, qui sont en outre plus économiques et plus respectueux de l’environnement. Pour l’achat de votre lessive, ciblez les emballages en carton.

Une fois rentré à votre domicile, préférez tant que possible la cuisine maison aux plats préparés. Les ingrédients nécessaires à la cuisine maison sont en effet généralement de meilleure qualité et moins chers que les produits tout prêts, souvent sur-emballés. Prendre l’habitude de cuisiner régulièrement permet également de réduire sa consommation de produits surgelés dont l’emballage contient la plupart du temps du plastique (y compris les cartons, recouverts d’un film plastique pour le conditionnement des produits surgelés).

Au restaurant, si vous souhaitez repartir avec vos restes ou commander à emporter, pensez à venir avec votre propre contenant, réutilisable il va sans dire. Au risque de surprendre certains restaurateurs peu habitués à cette démarche, vous pourriez donner des idées à d’autres.

Enfin pourquoi ne pas participer à une randonnée éco-citoyenne ? Ces randonnées associatives visent à pratiquer la marche en groupe tout en ramassant les déchets qui jonchent le parcours. Elles sont souvent organisées sur les littoraux.

Crédits photo : rawpixel

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • La pétrochimie : près de 50% de la demande de pétrole en 2050.

    Le coût de la pollution très durable du plastique n’est pas suffisamment taxé à sa juste valeur vus ses impacts :

    Dans un rapport publié vendredi 5 octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne l’utilisation croissante de pétrole et de gaz pour produire du plastique, des engrais et des détergents. Elle alerte sur l’insuffisance des mesures pour limiter la pollution engendrée par ces produits, et prône la réduction des plastiques à usage unique ainsi que des taxes incitant à les rendre recyclables.

    La pétrochimie est devenue le principal facteur de croissance de la demande de pétrole, devant les voitures, les camions et les avions. Elle représentera plus d’un tiers de cette croissance d’ici 2030, et presque la moitié d’ici 2050.

    La demande de plastique a notamment explosé et dépassé celle des autres matériaux (comme l’acier, l’aluminium ou le ciment), doublant quasiment depuis le tournant du millénaire. Mais le potentiel de croissance dans le monde est encore énorme, en raison des futurs besoins de pays émergents.

    L’agence formule dix recommandations tant sur la production que l’utilisation et l’élimination de ces produits. Elle prône notamment la réduction des plastiques à usage unique, l’amélioration de la gestion des déchets ou encore une “extension de la responsabilité du producteur” avec, par exemple, des taxes qui pénalisent la faible recyclabilité des produits.

    La quantité de plastique qui finit dans les océans chaque année pourrait ainsi être réduite considérablement et la quantité totale de plastique accumulée dans les mers être plus que divisée par deux d’ici 2050, par rapport à un scénario où la tendance actuelle se poursuivrait. Le stock de plastique en mer serait ainsi quasi-stabilisé à cet horizon, sans compter les initiatives éventuelles pour aller retirer les sacs et autres emballages à la dérive.

    Côté production, l’AIE encourage aussi des réglementations pour limiter les émissions de CO2 ou encore l’établissement de normes plus strictes pour la qualité de l’air.

    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/petrochimie-la-demande-explose-l-aie-s-inquiete-792942.html

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