Plastique : que représente cette pollution sur l'environnement ?

Plastique : que représente cette pollution sur l’environnement ?

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Alors que les sacs plastiques proposés en magasin sont depuis quelques années réutilisables ou recyclables, la France continue sa lutte contre les objets plastiques à usage unique. Après l’interdiction des pailles et des touillettes en plastique adoptée au Sénat en juin dernier, c’est au tour des couverts et des contenants jetables (dont les gobelets) de se retrouver sur la sellette. Un amendement au projet de loi agriculture et alimentation, approuvé le 14 septembre 2018 par l’Assemblée nationale, prévoit de les interdire au 1er janvier 2020. Une mesure qui traduit l’urgence de réduire l’impact environnemental de la pollution plastique.

Quelques chiffres éloquents sur la production de plastique

Difficile de traduire l’ampleur de la pollution plastique sans citer quelques chiffres. Tout d’abord ceux de la production et de la consommation de plastique : chaque minute, environ 1 million de bouteilles en plastique sont achetées dans le monde.  Chaque année, 5000 milliards de sacs en plastiques sont utilisés.

La production de plastique a explosé depuis la seconde moitié du XXème siècle, passant de 1,5 million de tonnes en 1950 à 335 millions en 2016. Selon un rapport de l’ONU, une très faible proportion de la production plastique historique, dont la moitié consommée à usage unique, a été recyclée. Il est ainsi estimé que seulement 9 % des 8,3 milliards de tonnes jamais produites par l’humanité ont été recyclées. Une quantité à peine plus importante (13%) a été incinérée, non sans poser des problèmes de pollution de l’air.

Le reste de ces déchets sont stockés dans des décharges, dans les canalisations… ou dans la nature. Une véritable catastrophe environnementale quand on sait que la matière plastique met plus de quatre siècles pour se dégrader entièrement…

L’impact environnemental du plastique

L’impact environnemental du plastique est impossible à nier. En juin 2018, une baleine a été retrouvée morte en Thaïlande. La cause la plus probable de sa mort : les dizaines de sacs plastiques qu’elle avait ingérés et qui l’empêchaient de s’alimenter normalement.

L’océan est en effet le milieu naturel le plus sensible à la pollution plastique. Le ruissèlement et le vent, expliquent le fait qu’une grande partie des déchets plastiques issus des terres finissent en mer, après avoir été laissés à l’abandon ou collectés et stockés inefficacement.

Découverte à la fin des années 90, la mer de plastique située dans le nord-est de l’océan Pacifique qui s’étend sur plus d’1,6 million de kilomètres carrés (soit environ la taille de la Mongolie) est un exemple de ces zones d’accumulation de déchets flottants en milieu marin formées sous l’effet des courants.

Le qualificatif de 7ème continent souvent utilisé pour désigner la masse de déchets présente en surface des océans ne semble pas vraiment exagéré… Une masse d’autant plus difficile à quantifier et à collecter que le plastique a tendance à se fragmenter au cours du temps. La taille des débris micro-plastiques est inférieure à 5 mm.

Outre le danger présenté pour la faune marine (emprisonnement, ingestion…), les déchets plastiques favorisent le transport d’organismes invasifs. Les bactéries ont en effet tendance à s’agglutiner sur la matière plastique,  et la migration de certaines bactéries dans des environnements où elles étaient précédemment absentes est une menace non négligeable pour les écosystèmes.

De plus, le plastique pollue l’eau de mer par action chimique. Si les quantités de polluant plastique mesurées sont relativement faibles, la communauté scientifique a encore du mal à estimer l’impact de cette pollution à long terme.

Enfin, les déchets présentent un potentiel risque sanitaire puisqu’on retrouve d’ores et déjà des particules de microplastiques dans la grande majorité de l’eau que nous consommons, qu’elle soit embouteillée ou provenant du robinet.

L’exemple de la paille

À la fois légère et de petite taille, la paille est l’un des objets en plastique les plus susceptibles d’échapper aux circuits de collecte des déchets et de recyclage, (lorsque ces circuits existent ce qui n’est pas encore le cas dans de nombreux pays). La paille est donc l’un des déchets plastiques les plus fréquemment retrouvés dans l’eau ou sur les côtes, et constitue 4% des déchets prélevées en mer.

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Ces pailles représentent un danger important pour la faune marine que ce soit des poissons, des oiseaux, des mammifères ou des reptiles. Une paille peut par exemple obstruer la narine d’une tortue ou finir dans l’estomac d’un poisson qui l’a ingéré par erreur.

Certains territoires comme l’Ecosse ou Taiwan les ont déjà interdites, alors que des enseignes importantes comme Startbuck ou Franprix n’en proposent plus à leurs clients. Les alternatives existent, comme les pailles biodégradables en amidon de maïs ou en bambou. Une manière parmi d’autres de lutter au quotidien contre la pollution plastique. Ces solutions pratiques seront bientôt abordées, dans un second article.

 

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Le problème est beaucoup plus grave vue la durée de vie des plastiques, leurs impacts et leur accumulation et on traîne à le prendre à bras le corps. Il impose de revoir la totalité des applications des plastiques qui n’est pas toujours pertinente par rapport aux substituts.

    L’industrie des plastiques tente là aussi de gagner du temps et de jouer double jeu mais elle a une part de responsabilité et un certain nombre de plastiques polluants devraient être taxés pour diminuer leur usage au profit des substituts et améliorer leur recyclage.

    Cette industrie fait une fois de plus évidemment tout pour bloquer les mesures, privilégiant son chiffre d’affaires.

    Les machines à laver devraient être désormais systématiquement équipées de filtres pour les microparticules en particulier plastiques. C’est déjà développé, peut s’ajouter très facilement et ne coûte pas beaucoup plus cher.

    Il y a quelques 300 tonnes de plastiques ajoutés chaque seconde dans les océans ! On en mange désormais systématiquement partout et on en trouve dans l’eau de boisson, tous les fleuves etc

    10 grands fleuves sont concernés en Asie et Afrique dont 2 en particuliers et les solutions pour bloquer leurs plastiques (sauf micro plastiques et microparticules) existent (notamment rideaux de bulles) mais tardent à être mises en place.

    Ocean Cleanup et toutes les autres solutions sont complémentaires mais sont très loin de suffire.

    C’est donc en amont que les changements doivent être radicaux.

    A voir :

    “Une partie importante des fibres synthétiques de moins de 1 mm en suspension dans l’eau et trouvées dans l’estomac de nombreux animaux provient de l’usure ou de la fragmentation des fils synthétiques, de textiles synthétiques et aussi de la dégradation de tissus non-tissés. Ils sont notamment introduits dans l’eau via les lessives domestiques ou industrielles. Il s’agit par exemple de fragments de polyester, de polyéthylène, d’acrylique, d’élastane. Le lavage des vêtements et tissus synthétiques et la conduite sur route, qui use les peintures routières (et pneus dont la composition, taille etc doivent être revues pour améliorer le bilan) sont deux sources de pollution de l’océan mondial qui avaient été sous-estimées. Ces particules invisibles à l’œil nu constituent en 2017 jusqu’à un tiers (15 à 31 % des 9,5 millions de tonnes déchets marins en plastique et autres polymères rejetées chaque année, selon un rapport qui a porté sur sept régions géographiques marines (publié le 22 février 2017 par l’UICN6.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Microplastique

    .

    Répondre
  • Ce système n’est pas bête puisqu’il filtre les microparticules des machines à laver tout en recyclant l’eau et en économisant l’énergie de son chauffage dont pour un foyer qui utilise assez souvent sa machine et plus c’est un équipement qui devrait être systématique :

    https://www.mimbly.se/projects/

    .

    Répondre
  • Et puis il y a un net problème d’éducation élémentaire car 1/3 des français (entre autres) jettent leurs déchets par les fenêtres des voitures et on retrouve 1 tonne de déchets par an à chaque km d’autoroute, donc quelques 12.000 tonnes par an pour les seules autoroutes et on peut quasiment presque extrapoler à sans doute pas bien loin d’1 million de tonnes par an si l’on ajoute les 1.073.500 km de routes !

    Sans parler des déversements sauvages d’entreprises et autres pour éviter les frais de décharge et recyclage.

    Sans compter les fumeurs et filtres plastique de leur cigarettes dont 1 seul pollue durablement plusieurs m3 d’eau.

    En bref les cochons sont bien plus propres et bien mieux éduqués qu’un grand tiers des français !

    Répondre
  • Et puis il y a un net problème d’éducation élémentaire car 1/3 des français (entre autres) jettent leurs déchets par les fenêtres des voitures et on retrouve 1 tonne de déchets par an à chaque km d’autoroute, donc quelques 12.000 tonnes par an pour les seules autoroutes et on peut quasiment presque extrapoler à sans doute pas bien loin d’1 million de tonnes par an si l’on ajoute les 1.073.500 km de routes !

    Sans parler des déversements sauvages d’entreprises et autres pour éviter les frais de décharge et recyclage.

    Sans compter les fumeurs et filtres plastique de leur cigarettes dont 1 seul pollue durablement plusieurs m3 d’eau.

    Etc

    En bref les cochons sont bien plus propres et bien mieux éduqués qu’un grand tiers des français !

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