Accompagnement des territoires : une ambition devenue concrète

Accompagnement des territoires : une ambition devenue concrète

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Le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) affiche des objectifs ambitieux pour les prochaines années. Une dynamique dans laquelle les grandes entreprises énergétiques françaises peuvent se révéler être des alliés de poids.

Le 16 juillet 2018, le premier ministre Edouard Philippe signait le pacte de Dijon en présence de représentants d’associations d’élus locaux. Un accord qui vise à donner un nouvel élan à la collaboration entre les acteurs territoriaux et le pouvoir exécutif, avec pour objectif, à terme, de redynamiser l’activité d’un grand nombre de territoires ruraux et péri-urbains.

Renouer le dialogue avec les territoires

Chapeauté par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), rattaché au ministère de la Cohésion de territoires, cet accord pourrait marquer un renouveau dans la relation tendue qu’entretenaient depuis de nombreuses années les associations d’élus locaux avec le pouvoir central. Une mésentente qui s’était manifestée jusqu’au 12 juillet 2018, avec le refus de certaines associations de participer à la Conférence nationale des territoires.

Pour beaucoup, en effet, l’Etat aurait délaissé les territoires ruraux et péri-urbains au profit des grands centres urbains. Une tendance qui s’explique par de grandes dynamiques économiques allant de l’exode rural à la désindustrialisation en passant par la tertiarisation des emplois, mais aussi, selon les représentants locaux, par de mauvaises politiques d’accompagnement des territoires.

L’accord de Dijon pourrait donc être l’occasion d’instaurer à nouveau une relation de confiance entre les différents acteurs. Pour cela, le rapport de la CGET a largement pris en compte les revendications des élus locaux. Dressant un constat alarmant sur la situation de certains territoires, il propose de travailler sur six axes majeurs visant à relancer les activités et intégrer ces zones au sein du circuit économique national.

Impliquer les acteurs privés

Plus que des mesures concrètes, l’accord souhaite insuffler une nouvelle dynamique dans laquelle l’ensemble des acteurs doivent être impliqués.

En réalité, il paraît difficile de délimiter une politique qui s’appliquerait de manière systématique tant les situations sont diverses. Chaque région, département, ou même village, doit être pris dans sa spécificité, son histoire, ses savoir-faire. Le rapport prône ainsi la collaboration entre les acteurs économiques nationaux et les réseaux de production locaux. En ce sens, les groupes énergétiques se révèlent être des alliés précieux pour redynamiser ces zones que certains sont allés jusqu’à qualifier de « désertées ».

Les contrats de transition écologique (CTE), passés entre l’Etat ou des collectivités locales et des acteurs privés spécialisés dans le domaine de l’énergie durable, sont ainsi l’occasion d’accompagner les territoires dans une démarche de transition écologique, mais aussi de soutenir des projets locaux. L’ancienne usine thermique d’EDF à Aramon dans le Gard, est l’un des premiers sites à bénéficier de ce type de dispositif.

Le député Anthony Cellier estime ainsi que cela permettra de passer « de la fermeture d’une centrale thermique, source d’emplois et d’activité économique, à la mise en oeuvre d’une croissance verte basée sur le développement des technologies et énergies propres, pour créer de nouveaux emplois et de nouvelles compétences via la formation, et pour favoriser la cohésion entre l’intégralité du tissu économique ».

Des projets similaires sont à l’étude pour les centrales à charbon exploitées par le groupe Uniper à Saint-Avold ou Gardanne. EDF participe également directement au financement d’initiatives locales. Via son programme “Une rivière, un territoire”, il participe à la redynamisation de certaines vallées hydrauliques françaises, avec le double objectif de favoriser l’appel aux compétences d’entreprises locales et d’accompagner des projets innovants et créateurs d’emplois.

Grâce à un fonds d’investissement spécifique, le groupe français met en place des programmes de soutien pour les entrepreneurs locaux, du prêt participatif, à la prise de participation. L’objectif est de pouvoir apporter une aide financière, mais également une expertise, à n’importe quel moment de la vie d’une entreprise, de la création à la reprise, en passant par le développement. Il s’agit, à terme, de pouvoir créer des réseaux économiques locaux performants, chacun inscrits dans les caractéristiques et marchés propres à son territoire.

Des exemples inspirants d’accompagnement des territoires

Les ateliers de Ferignac, par exemple, spécialistes historiques de la rénovation et reconnus comme « entreprise du patrimoine vivant », sont soutenus financièrement par le programme d’EDF. Une aide qui permet notamment à l’entreprise de pouvoir rester sur son site historique de Hautefort. Symbole d’un savoir-faire local, les ateliers Ferignac ont récemment travaillé pour la basilique de Lourdes ou pour les palais de justice de Paris et Marseille.

On peut également citer la belle réussite d’ITA Moulding process, également membre du programme « Une rivière, un territoire ». Alors que l’usine menaçait de fermer il y a cinq ans, le fabriquant de mobilier de spectacle et agencements de bureau a refait surface grâce à un soutien financier et une stratégie d’investissements judicieuse. Innovante, l’entreprise située à Severac-le-Chateau, en Aveyron, fait désormais figure de spécialiste mondial et les commandes affluent des quatre coins du monde. Parmi ses réalisations récentes, on peut citer des salles de conférence à Singapour ou Shenzen, le mobilier des nouveaux locaux de l’entreprise Quiksilver, ou ceux du palais de justice de Paris.

Des exemples qui démontrent que la redynamisation des territoires dits « oubliés » est possible et bien réelle. Alors que le gouvernement souhaite faire de l’accompagnement des territoires une priorité, un nouveau souffle peut être insufflé par les accords de Dijon.

L’un des changements majeurs semble se trouver dans la volonté de coopération entre grands centres urbains et espaces ruraux, entre grands groupes et entreprises locales. Alors que les associations d’élus locaux s’estimaient historiquement en opposition avec les grandes villes ou le pouvoir central, les exemples de coopération et de réussite semblent peu à peu faire évoluer les idées reçues et pourraient maintenant favoriser la multiplication des projets.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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