Le français Orano à la pointe de la conversion d'uranium

Le français Orano à la pointe de la conversion d’uranium

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La filière nucléaire française est à l’honneur : Orano vient d’inaugurer sa nouvelle usine de conversion d’uranium. Située dans la Drôme, cette nouvelle usine a pour vocation de transformer l’uranium pour en faire un combustible nucléaire. Dans ce domaine, Orano est le leader du marché. Et la nouvelle usine devrait encore renforcer cette position grâce à l’augmentation de la capacité de traitement de l’uranium.

En matière de nucléaire, la France continue de faire valoir son expertise au niveau mondial. Non seulement l’Hexagone demeure le pays qui compte le parc nucléaire le plus dense, mais son expertise dépasse la seule production d’énergie. La filière nucléaire tricolore est ainsi très active sur le marché mondial de la conversion d’uranium. L’entreprise française Orano, anciennement Areva, est le leader mondial en matière de conversion de l’uranium, et elle cherche encore à renforcer sa position. Le 10 septembre 2018, Orano a ainsi inauguré sa nouvelle usine de Tricastin, dans la Drôme. Baptisée “Philippe Coste” en l’honneur du fondateur de Comurhex (l’ancienne filiale d’Areva spécialisée dans le traitement de l’uranium), l’usine entrera en activité dans les prochaines semaines.

Rendre la conversion d’uranium plus propre

Avec cette nouvelle usine, Orano affiche de grandes ambitions. D’abord, l’usine s’inscrit dans une démarche de respect de l’environnement. Grâce aux nouvelles technologies déployées, la consommation d’eau sera réduite de 90% pendant le processus de traitement de l’uranium. Ensuite, les réactifs chimiques utilisés seront recyclés. Par ailleurs, la quantité de déchets solides devrait elle aussi être réduite en fin de chaîne. La nouvelle usine répond également aux exigences de sécurité grâce à un contrôle automatisé de la production, ce qui permet de travailler 7 jours sur 7 en continu. D’après Orano, il s’agit rien de moins que de l’usine de conversion d’uranium la plus moderne au monde. Les investissements consentis sur ce nouveau site de production s’élèvent à 850 millions d’euros. Grâce à eux, Orano compte atteindre un premier palier de production de 7 500 tonnes dans les six prochains mois. A l’horizon 2020, la production tournera à sa capacité maximale, avec 15 000 tonnes.

En complément de cette nouvelle usine, Orano a également investi 350 millions d’euros pour moderniser son usine de Malvesi, dans l’Aude. La conversion d’uranium est ainsi répartie par étapes, sur différents sites. La première étape de la conversion a lieu à Malvési : l’uranium y est purifié et transformé en tétrafluorure d’uranium. Il est ensuite transféré sur le site de Tricastin pour être converti en hexafluorure d’uranium. C’est ensuite dans l’usine “Georges Besse II”, également située à Tricastin, que l’enrichissement de l’uranium a lieu. Grâce à ses récents investissements techniques, Orano s’est doté d’une chaîne de traitement capable de faire face à la forte demande actuelle.

Orano, leader sur le marché de la conversion d’uranium

Si le français Orano peut investir 1 milliard d’euros dans ses usines, c’est parce que son carnet de commandes est déjà bien rempli. L’entreprise a de quoi travailler pour les dix prochaines années. Elle compte plus de 70 clients à travers le monde, notamment le français EDF qui fait appel à elle pour alimenter les centrales nucléaires françaises en uranium. Au total, Orano traite environ un quart de la production mondiale d’uranium, soit 15 000 tonnes chaque année. Et l’entreprise compte bien encore gagner du terrain. En face d’elle, la concurrence est limitée mais farouche : il n’existe que trois autres sites de conversion d’uranium au monde, et Orano dispose du seul site situé en Europe.

Et si Orano est déjà implanté sur la marché américain, ce que l’entreprise française vise désormais, c’est le marché asiatique. L’Asie représente déjà 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise. L’ambition affichée par Philippe Knoche, le directeur général d’Orano, est d’atteindre 30% à l’horizon 2020. Dans les vingt prochaines années, le nombre de réacteurs nucléaires devrait connaître un boom en Asie, et l’entreprise estime que près de la moitié du marché mondial de la conversion d’uranium sera concentré entre la Chine et l’Inde.

Rédigé par : La Rédaction

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