Contrat de transition écologique : la question du financement reste entière

Contrat de transition écologique : la question du financement reste entière

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Alors que le ministère de la Transition écologique et solidaire signait mercredi 11 juillet 2018 des chartes d’engagement avec les cinq premiers territoires d’expérimentation sélectionnés dans le cadre du Contrat de Transition écologique (CTE), la question du financement de ce dispositif à long terme a une nouvelle fois été posée. S’exprimant à cette occasion, le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a reconnu que cette question n’était toujours pas tranchée à l’heure actuelle mais que plusieurs pistes de financement possibles étaient à l’étude. Explications.

Lancés en 2017, les contrats de transition écologique ont pour objectif d’accompagner les collectivités dans leurs projets de transition écologique et solidaire en tenant compte particulièrement des impacts économiques et sociaux de chaque initiative. Ils peuvent être signés avec des établissements publics de coopération intercommunale (communautés de communes ou d’agglomération, métropoles) et offrent la possibilité aux régions, aux départements et aux entreprises locales de s’y associer. L’Etat s’engage de son côté à leur fournir un soutien politique, technique, financier adapté à leurs besoins et à leurs spécificités.

Signature officielle des cinq premiers contrats de transition écologique

Problème, si ce dispositif semble pertinent, il pourrait à terme coûter très cher au gouvernement et cela d’autant plus qu’il prévoit de soutenir un panel d’actions très large, allant du développement des énergies renouvelables à l’accompagnement des agriculteurs vers le bio ou la méthanisation, en passant par le soutien à des start-up « vertes », la mise en place de formations, ou la création d’une zone humide protégée. Cinq premiers CTE ont été signés mercredi 11 juillet par le gouvernement avec la Corrèze, la Communauté urbaine d’Arras (Pas-de-Calais), plusieurs agglomérations du Gard et de Côte d’Or, et une communauté d’agglomération à La Réunion, et de nombreux autres pourraient être signés avant la fin de l’année, ramenant en surface la question cruciale du financement. Des discussions sont d’ores et déjà en cours avec la Guyane, l’agglomération de Grasse (Alpes-Maritimes), Briançon (Hautes-Alpes), plusieurs communes du Nord, et les territoires des quatre dernières centrales à charbon françaises (Gardanne, Saint-Avold, Cordemais et Le Havre). Pour les premiers territoires choisis, « de l’argent, (…) il y en a. Le vrai débat sera ensuite bien sûr, sur la généralisation du dispositif en lien avec d’autres financeurs », a affirmé Sébastien Lecornu lors d’un forum organisé au ministère sur ces CTE.

Annoncés l’été dernier dans le « Plan climat » de Nicolas Hulot, ces premiers contrats doivent être financés via des crédits issus du grand plan d’investissements du gouvernement. Pour la suite, le ministère de la Transition écologique et solidaire évoque la possibilité de dégager d’autres moyens, et réfléchit notamment à une possible affectation d’une partie de la fiscalité carbone aux collectivités.

Crédits photo : Sébastien Lecornu (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Il y a beaucoup de fonds privés, de plus environ 1500 milliards en assurance-vie pour lesquels une diversification de 1 à 5% serait plus rentable, plus diversifiée et moins risquée en cas de risque systémique comme en 2008 avec désormais blocage des fonds euros, de même qu’entre autres le financement participatif. Sans parler de l’épargne dont le plafond des livrets peut être relevé ou les greens bonds.

    Mieux vaut investir dans des actifs à taux positifs que dans des obligations souvent à taux négatifs et des des financements douteux par exemple dans les énergies fossiles ou des Etats aux pouvoirs plus que controversés.

    Plus globalement :

    Les fonds souverains s’engagent pour le climat

    Les fonds souverains qui gèrent plus de 3 000 milliards de dollars américains vont élaborer une stratégie vendredi à Paris pour inciter les entreprises à être plus respectueuses du climat. Les lignes directrices, dans lesquelles les fonds demanderont aux sociétés dans lesquelles ils investissent de se conformer, devraient influencer d’autres grands gestionnaires d’actifs. Les six fonds de la Norvège, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït et de la Nouvelle-Zélande ont publié un cadre commun pour encourager les investisseurs à prendre en considération les risques liés au climat lorsqu’ils investissent. Ils veulent également améliorer la transparence des entreprises sur leurs stratégies visant à établir une croissance économique à faible émission de carbone. Le fonds souverain de la Norvège, le plus important du genre au monde, vaut à lui seul 1000 milliards de dollars américains.

    Le document doit être présenté officiellement lors d’une réunion à Paris des responsables des fonds avec le président français Emmanuel Macron et le premier ministre norvégien Erna Solberg.

    Les fonds souverains appartenant à l’État sont conçus pour investir l’argent public de leur pays à long terme. Dans un paradoxe apparent, à l’exception de la Nouvelle-Zélande, les signataires sont basés sur les combustibles fossiles. Le coordinateur du groupe de travail des six fonds souverains, Lawrence Yanovitch, a déclaré que les pays ” voient un grand intérêt parce qu’ils pensent que l’économie à faible émission de carbone est l’avenir “. Les pays du Golfe persique, ainsi que la Norvège, préparent déjà leur propre économie à une transition vers les énergies renouvelables.

    Ils reconnaissent les effets du changement climatique, comme l’élévation du niveau de la mer et des conditions météorologiques plus extrêmes.

    Cette décision a été prise six mois après un sommet sur le climat à Paris, au cours duquel les dirigeants mondiaux, les fonds d’investissement et les magnats de l’énergie ont promis de consacrer de nouveaux fonds et de nouvelles technologies pour ralentir le réchauffement climatique.

    Le sommet a été une réaction au rejet par le président américain Donald Trump de l’Accord de Paris 2015.

    Les fonds cherchent à promouvoir des décisions mieux informées, contribuant ainsi à une transition en douceur vers une économie à plus faibles émissions.

    https://www.reuters.com/article/us-france-climatechange/macron-gathers-worlds-top-sovereign-funds-to-send-climate-signal-idUSKBN1JW0IF

    .

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  • Des fonds issus, pour la plupart, de la rente pétrolière, dont il n’est pas garanti qu’ils auront une influence sur le climat comme on l’a déjà vu. Le “greenwashing” est en marche et les effets de rebond sont nombreux dans ce domaine. Gare aux déconvenues malgré des dépenses colossales !

    Répondre
  • Une bonne analyse et liens pertinents pour démontrer la validité de l’impact des fonds souverains et les transferts de plus en plus importants qui ont déjà eu lieu des fossiles vers notamment les renouvelables et donc avec un impact positif pour le climat.

    Sont inclus les cartes sur les différents fonds souverains dans le monde, leur localisation et tailles et les intérêts qu’ils ont à s’adapter et accompagne les changements en cours

    http://www.greengrowthknowledge.org/blog/how-can-sovereign-wealth-funds-be-encouraged-go-green

    On peut trouver la même chose dans le secteur de l’assurance et de la réassurance qui tient des statistiques permanentes sur les risques depuis plus d’un siècle et voit très bien les changements climatiques et ce que çà lui coûte d’année en année et qui a donc là aussi intérêt à investir de manière à lutter contre ce changment climatique, C’est beaucoup moins cher (et en plus rentable) que d’investir ailleurs ou d’attendre de déposer le bilan face aux coûts d’assurance en hausse.

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