Rénovation des parcs éoliens : la Bretagne, région pionnière...

Rénovation des parcs éoliens : la Bretagne, région pionnière…

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Dix-sept ans après l’installation des premières éoliennes sur le territoire français, l’heure des travaux de rénovation est venue. La Bretagne, l’une des toutes premières régions à avoir investi dans l’énergie éolienne en implantant plusieurs parcs en 2001, est aujourd’hui en avance sur les autres régions françaises en matière de repowering. Plusieurs chantiers ont déjà été lancés, et même s’ils offrent des opportunités en matière de performance énergétique, ils se heurtent aussi aux nouvelles législations pour les aménagements des énergies renouvelables sur le territoire.

Déjà deux rénovations des parcs éoliens en Bretagne

Depuis 2017, la Bretagne a pris une longueur d’avance en matière d’énergie en expérimentant le recours au repowering des parcs éoliens. Une première en France, même si des chantiers de ce type ont déjà vu le jour à l’étranger. Le but ? Démanteler les éoliennes de première génération, devenues obsolètes, pour les remplacer par des modèles plus récents, souvent plus grands, et ainsi augmenter la production d’énergie des parcs éoliens.

Dans cette logique, le parc éolien de Plouyé (Finistère), qui a été l’un des tout premiers à être construit en France, a bénéficié d’une rénovation aux allures d’expérience grandeur nature. Les quatre éoliennes de ce parc ont été installées en 2002 puis revendues en 2010 à l’entreprise Kallista Energy, qui exploite désormais le site, et qui a opté pour sa rénovation. Les éoliennes sont remplacées par des modèles de plus grande taille : 98 mètres de haut contre 45 mètres pour les modèles de 2002, et 42 mètres de longueur de pales contre seulement 24 mètres pour les premiers modèles. L’entreprise estime que la puissance de ce parc éolien rénové sera multipliée par quatre. En parallèle, les nuisances sonores vont diminuer grâce aux nouvelles pales, dont les extrémités sont spécialement profilées pour limiter le bruit.

Si le chantier de Plouyé fait figure de modèle, celui de Goulien (Finistère) connaît plusieurs complications. La raison ? Depuis la construction de ce parc éolien en 2000, la législation encadrant la construction des éoliennes a évolué. Or, les huit éoliennes de Goulien sont situées à seulement une dizaine de kilomètres de la pointe du Raz, l’un des lieux touristiques les plus importants de la région, qui bénéficie de la protection accordée par la loi littoral, dont les dispositions ont été corrigées en 2005. Il sera donc impossible pour l’exploitant d’installer de plus grandes éoliennes sur le site. Pour la rénovation de ce parc éolien, la société Quadran, en charge du site, n’a donc pu obtenir qu’une autorisation de reconstruire à l’identique. Le parc ne pourra pas être amélioré comme celui de Plouyé. Chacune des éoliennes de 750 kW sera remplacée par un nouveau modèle de 800 kW. Malgré cette contrainte, le démantèlement des anciennes éoliennes et l’installation de nouveaux modèles devrait entraîner une augmentation de la production d’énergie estimée à 20% par Quadran.

Le démantèlement des deux sites a également permis d’expérimenter le recyclage des éoliennes grâce au broyage des pales, qui ont ainsi été transformées en combustibles solides de récupération.

Le “repowering” des parcs éoliens : un marché d’avenir

Si la Bretagne fait figure de pionnière en matière de rénovation des parcs éoliens, elle ne sera bientôt plus un cas isolé. Dans les années à venir, de nombreux parcs éoliens français vont atteindre la fin de leur durée programmée d’existence. En théorie, la durée de vie moyenne d’une éolienne de première génération est de vingt ans. Dans le même temps, les premiers contrats de vente d’électricité offraient une durée d’engagement de quinze ans. Puisque la première grande vague de construction d’éoliennes en France est survenue en 2005, le marché du repowering (rénovation) des parcs éoliens devrait donc connaître une nette accélération à l’horizon 2020.

Pour les exploitants, ce renouvellement annoncé du parc éolien sera l’occasion d’investir dans des éoliennes nouvelle génération, plus grandes et avec un meilleur rendement. Toutefois, comme le cas du site de Goulien le laisse voir, de nombreuses rénovations risquent de se heurter aux nouvelles dispositions de la législation française, notamment au respect des distances entre éoliennes et zones d’habitation.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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