Framatome et Rosatom renforcent leur position sur le nucléaire international

Framatome et Rosatom renforcent leur position sur le nucléaire international

Passée officiellement entre les mains du groupe EDF début 2018, l’ancienne branche réacteur du groupe Areva, rebaptisée depuis Framatome, multiplie les opérations stratégiques dans le but de soigner sa compétitivité. Après avoir racheté en janvier le pôle contrôle-commande nucléaire du groupe Schneider Electric, Framatome a annoncé vendredi 25 mai 2018 avoir signé un protocole d’accord avec un fournisseur russe d’équipements nucléaires, filiale de Rosatom, pour allier leurs forces à l’international et renforcer ses positions sur un marché mondial du nucléaire revigoré.

Dans un communiqué publié vendredi 25 mai 2018, le groupe Framatome, spécialisé dans la conception de réacteurs nucléaires, a annoncé avoir conclu un accord préalable avec la société russe JSC Rasu (filiale de Rosatom) portant sur les systèmes de contrôle-commande. Ce nouveau partenariat prévoit notamment que la compagnie russe prenne part aux projets de centrales nucléaires auxquels contribue Framatome et réciproquement. Les deux alliés « rechercheront également les moyens d’intégrer les systèmes de Framatome dans les projets de nouvelles constructions de Rosatom à l’étranger », explique la société française.

« Mieux répondre aux besoins des marchés internationaux »

Les deux groupes étudieront également « l’éventuelle localisation de la production de composants et de systèmes (de Framatome) sur des sites Rosatom », et visent tout particulièrement les marchés turcs, hongrois et égyptiens. Le Français espère dans ce cadre bénéficier du carnet de commandes déjà bien rempli du groupe russe, et fournira en échange un soutien déterminant pour la certification des équipements russes, dans le but d’assurer « leur conformité avec les normes et standards européens et internationaux ». « Nous sommes convaincus que les conditions créées par cet accord pour des projets de coopération spécifiques nous permettront de mieux répondre aux besoins des marchés internationaux », indique Frédéric Lelièvre, un responsable de Framatome cité dans le communiqué.

Avec près de 14.000 salariés dans le monde, Framatome regroupe aujourd’hui l’ensemble des activités de conception de centrales nucléaires, de fourniture des équipements de la chaudière nucléaire et de maintenance des réacteurs (à l’exception des contrats relatifs au projet d’EPR Olkiluoto 3 ainsi qu’à certaines pièces forgées dans l’usine du Creusot), et espère via ce nouveau partenariat, profiter pleinement du regain d’activité sur le marché mondial de l’énergie nucléaire. L’ex-branche réacteurs d’Areva est détenue depuis le 1er janvier 2018 par EDF à hauteur de 75,5%, par le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries à hauteur de 19,5% et par le groupe français d’ingénierie Assystem pour 5%.

Crédits photo : Framatome

 

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Si l’on anticipe ce type d’accord va favoriser nettement Rosatom, d’ailleurs en position de force, et nettement moins le secteur français qui se dirige vers l’échec. Par unité vendue la part française est en plus très réduite.

    Un autre problème qui doit être plus nettement souligné en Europe est le rachat d’opérateurs allemands spécialistes de la régulation des réseaux et qui ont de l’avance notamment en Europe d’où l’intérêt chinois de commencer par eux pour s’étendre en Europe comme ils le font ailleurs.

    La SGCC (State Grid Corporation de Chine), a été développée comme un bras armé doté de capitaux très importants pour le rachat d’opérateurs qui ne sont guère en mesure de se défendre et la main mise sur les réseaux.

    C’est la plus grande entreprise de services publics au monde et ce n’est pas par hasard.

    Et c’est évidemment à rapprocher de l’initiative chinoise de réseau électrique international GEIDCO qui a des avantages mais où il vont avec cette politique bien pensée que peu de gens ont vu venir :

    – pouvoir imposer leurs propres normes comme çà commence,
    – être les principaux acteurs et intervenants du réseau électrique mondial, ce qui est évidemment très sensible et stratégique.
    – c’est un marché considérable au plan mondial

    En bref, tout comme dans les batteries, il y a urgence à consolider les opérateurs réseau européens et avoir une politique plus offensive ailleurs.

    Voir le cas des allemands et l’article assez précis est pourtant incomplet dans l’analyse du problème en oubliant notamment l’approche internationale chinoise GEIDCO, en ne se focalisant qu’essentiellement sur l’Allemagne alors que l’on peut étayer avec de nombreux exemples ailleurs etc.

    https://global.handelsblatt.com/politics/china-bid-power-grid-network-50hertz-sgcc-924495

    C’est positif d’avoir un réseau électrique international type GEIDCO pour l’efficacité que cela génère (aux plans énergétique, baisse des coûts, apports aux régions défavorisées, sécurité d’approvisionnement etc)

    Mais si les normes sont avant tout chinoises donc privilégiant leurs fabricants et les opérateurs chinois donc dirigeant une majorité des réseaux çà ne va plus.

    Pour le seul secteur de l’énergie, la Chine a largement subventionné le solaire pour s’imposer. Elle fait de même dans les batteries et bus électriques notamment. Idem sur les réseaux. En bref elle agit sur les principaux marchés en amont et aval et laisse les miettes aux autres.

    On a la chance d’avoir un gisement européen d’éolien offshore que n’a pas la Chine ce qui permettrait d’avoir un leadership durable. Mais par contre la les américains se réveillent pour les Etats-Unis c’est logique.

    La France s’est empêtrée pendant des décennies avec les anti-éoliens qui a abouti a un prix de l’électricité éolienne du double en France de celui que l’on aurait dû avoir comme le souligne la CRE et l’on ne va pas capter beaucoup de l’important marché éolien offshore notamment européen et entre autres flottant.

    Siemens-Gamesa est actuellement leader mondial talonné par les chinois et indiens.

    Dans les véhicules électriques ont fait de la résistance mais les véhicules sont encore trop chers : on le voit notamment en Pologne ou une Renault Twizzy vaut 12.000 euros donc quasiment personne ne peut acheter dans beaucoup de pays et la Pologne cherche à développer ses propres véhicules. Les chinois ont déjà fait leur entrée sur le marché avec des véhicules électriques déployés sous des noms locaux en Europe du Sud de l’Est etc, en Amérique latine, Asie etc mais fabriqués sur les mêmes bases en Chine.

    Elle fait par contre un peu un “bide” avec ses bus Byd électriques qui tombent encore trop souvent en panne comme en Californie.

    On a des atouts entre autres dans le secteur de l’hydrogène et de toutes ses applications et dérives (principalement stockages, transition industrie et transports lourds longues distances). Les transports dont navires et aviation. Différentes formes de stockage dont pcm, la chaleur et sa récupération (dont solaire thermique et hybride), les réseaux de chaleur, le recyclage, l’environnement etc

    En pyrolyse gazéification Chalmers et ses partenaires en Suède etc est désormais bien avancé au plan commercial avec un système a plus de 70% de rendement et un coût de production autour de 60 euros le MWh.

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