Iran : le groupe Total envisage l’abandon de son projet gazier

Iran : Total envisage l’abandon de son projet gazier

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Troisième groupe français (après les groupes automobiles PSA et Renault) et premier pétrolier occidental à être revenu en Iran après la levée des sanctions en janvier 2016, le groupe Total pourrait finalement ne pas donner suite à l’accord signé avec la National Iranian Oil Company en juillet 2017.

Le retrait des Etats-Unis des accords de Vienne annoncé par Donald Trump le 8 mai dernier et le renforcement des sanctions américaines à l’égard du gouvernement iranien met le groupe français dans une situation délicate et l’incite à tout mettre en œuvre pour préserver ses bonnes relations avec l’administration américaine.

Si l’ensemble des partie-prenantes insistent pour maintenir la validité des accords de Vienne signés en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances mondiales dans le but de limiter le programme nucléaire iranien au seul domaine civil, le revirement des Etats-Unis n’est pas dénué de conséquences pour l’économie iranienne et les investisseurs étrangers internationaux, bien au contraire. Le groupe français Total par exemple, qui devait investir dans l’exploitation d’hydrocarbures en Iran suite à la signature d’un accord de plusieurs milliards de dollars avec la National Iranian Oil Company en juillet 2017, pourrait finalement renoncer à son projet s’il n’obtient pas l’aval des Etats-Unis. « Total ne pourra pas continuer le projet South Pars 11 (SP11) et devra mettre fin à toutes les opérations qui y sont liées avant le 4 novembre 2018, à moins qu’une dérogation propre au projet ne soit accordée par les autorités américaines, avec le soutien des autorités françaises et européennes », explique le communiqué du groupe publié mercredi 16 mai. Les actifs américains « représentent plus de 10 milliards de dollars des capitaux employés de Total », et nous ne pouvons pas nous permettre « d’être exposé à des sanctions secondaires américaines, qui peuvent comprendre la perte des financements en dollars par des banques américaines (…) », poursuit le groupe français pour justifier sa décision.

Un contrat signé en « stricte conformité » avec la législation américaine

Le groupe français espère néanmoins encore pouvoir obtenir une dérogation et fait valoir pour cela les conditions dans lesquelles a été signé le contrat de plusieurs milliards de dollars pour développer la phase 11 du vaste champ gazier offshore Pars Sud en Iran. Un contrat « en stricte conformité avec les résolutions de l’ONU et les législations américaines, européennes et françaises en vigueur à l’époque », précise le communiqué, qui insiste aussi sur le fait qu’il s’agit de gaz destiné uniquement au marché domestique iranien.

Pour rappel, l’accord gazier de 4,8 milliards de dollars signé en juillet 2017 avec la National Iranian Oil Company (NIOC), la compagnie nationale iranienne, prévoit d’attribuer au groupe français 50,1% des parts du consortium qui exploitera la phase 11 du champ gazier offshore Pars-Sud, les parts restantes étant réparties entre le China National Petroleum Corporation (30%) et l’Iranien Petropars (19,9%). D’une durée de 20 ans, ce contrat d’exploitation impose en contrepartie au consortium d’investir deux milliards de dollars (dont un milliard de dollars, 880 millions d’euros, pour Total) pour la première phase de développement du projet et de réserver en priorité la production de gaz issue de ce gisement au marché domestique iranien. Les responsables iraniens tablent sur une production de 400.000 barils équivalent pétrole par jour et sur un revenu de 54 milliards de dollars aux prix actuels durant les 20 ans que durera ce contrat.

Crédits photo : NIOC – Mojtaba Mohseni

Rédigé par : La Rédaction

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