Centrale nucléaire de Béléné : la Bulgarie confirme la relance du projet

Centrale nucléaire de Béléné : la Bulgarie confirme la relance du projet

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Laissé de côté en mars 2012 par le Premier ministre bulgare Boïko Borissov pour des raisons de coûts, le projet de centrale nucléaire de Béléné devrait repartir de l’avant. Le référendum du 27 janvier 2013 au cours duquel les électeurs s’étaient déclarés majoritairement pour la construction d’un nouveau réacteur, a conduit à un réexamen du projet par le parlement, et le gouvernement cherche désormais d’éventuels repreneurs. Un appel à candidature doit être lancé d’ici la fin de l’année 2018.

Invitée à s’exprimer lundi 14 mai 2018, en marge d’un forum sur l’énergie nucléaire à Sotchi, en Russie, la ministre bulgare de l’Energie Temenoujka Petrova a confirmé les intentions de son gouvernement concernant le projet de centrale nucléaire de Béléné. Évoquant l’intérêt énergétique et environnemental d’une telle réalisation, Sofia souhaiterait mettre à profit ce projet pour renforcer son indépendance énergétique vis-à-vis du gaz russe et garantir ainsi son approvisionnement énergétique futur sans pour autant voir ses émissions de gaz à effet de serre augmenter.

Le groupe français Framatome en bonne position 

La Bulgarie compte lancer pour cela un appel à candidature d’ici la fin de l’année 2018 dans le but de trouver de nouveaux partenaires financiers intéressés par la reprise du chantier et des équipements existants. Après avoir payé en 2016 au total 601 millions d’euros au géant nucléaire russe Atomstroyexport en compensation de l’abandon du chantier, la Bulgarie se retrouve aujourd’hui avec une plateforme d’une valeur de 1,3 milliard d’euros et deux nouveaux réacteurs à 1000 MW chacun. Mme Petrova a d’ores et déjà rencontré sur ce point Bernard Fontana, le PDG de Framatome, ancienne activité réacteurs du géant français Areva récemment rebaptisée de son ancien nom et passée sous le contrôle d’EDF. « Nous comptons lancer une procédure de choix d’investisseur stratégique avant la fin de l’année. Nous serions heureux de voir une société comme Framatome participer à une telle procédure », a déclaré la ministre bulgare.

Pour rappel, la Bulgarie dispose actuellement d’une seule centrale nucléaire, à Kozlodoui dans le nord du pays, avec deux réacteurs de 1.000 MW chacun, également de fabrication russe et dont l’exploitation expire en 2017 et 2021. Seuls les réacteurs 5 et 6 sont encore en fonction et assurent plus du tiers de la consommation nationale d’électricité. Outre le projet de Béléné, un nouveau réacteur pourrait également voir le jour à Kozlodouï à l’horizon 2025.

Crédits photo : Bnr.blog

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Comme toujours il y a des gens qui se servent au passage, les chinois sont sur les rangs à meilleur prix que les russes et le prix du MWh est déjà dans tous les cas supérieur aux renouvelables.

    Projet une fois de plus gâché alors qu’il y avait mieux à faire en mettant tout objectivement sur la table et en comparant.

    Extrait :

    “En 2013 un référendum sur le développement de l’énergie nucléaire en Bulgarie s’est tenu à l’initiative de BSP. Avec 60,6% contre 37,3%, les Bulgares ont voté en faveur de l’énergie nucléaire. Cependant, le référendum n’a pas été considéré comme contraignant, en raison du faible taux de participation.

    En 2016, le russe Atomstroyexport a gagné un procès contre la Bulgarie devant un tribunal d’arbitrage international. Sofia est obligée de payer 620 millions d’euros pour le réacteur nucléaire. Les autorités bulgares ont ainsi obtenu un réacteur sans vraiment savoir quoi en faire.

    Depuis le dégel du projet en 2002, la centrale nucléaire de Belene a coûté 1,5 milliard d’euros aux contribuables bulgares. L’usine achevée coûtera au moins 10 milliards d’euros. Le coût de l’électricité est calculé entre 80 et 90 € par mégawattheure. À titre de comparaison, le coût de l’électricité de la centrale nucléaire de Kozloduy actuellement en exploitation est d’environ 30 euros par mégawattheure.

    Les autorités bulgares n’ont pas encore donné de réponse convaincante à la question de savoir pourquoi une nouvelle puissance nucléaire est nécessaire.

    La centrale nucléaire de Belene est l’un des projets les plus scandaleux de l’histoire récente de la Bulgarie. En octobre 2016, le bureau du procureur a porté plainte contre quatre hauts responsables pour des crimes présumés dans le cadre du projet de la centrale nucléaire de Belene.

    L’ancien ministre de l’Energie du GERB et le député actuel Delyan Dobrev ont été accusés d’ignorer le moratoire de la centrale de Belene et de continuer les paiements aux participants au projet.

    Les anciens directeurs généraux de la National Electric Company Lyubomir Velkov et Mardik Papazyan ont été accusés d’avoir causé un préjudice de 77 millions d’euros avec la vente de l’ancien réacteur Skoda.

    L’ancien ministre de l’économie, de l’énergie et du tourisme du parti socialiste bulgare Petar Dimitrov a également été accusé de ne pas exercer de contrôle sur la direction de la National Electric Company. Cependant, il n’y a pas de développement dans aucun de ces cas.

    En 2012, le Premier ministre bulgare Boyko Borissov a ironisé sur le site de Belene «un marécage». On ne sait pas pourquoi, six ans plus tard, le marais est devenu un «projet stratégique» pour lui.

    La ministre de l’Energie Temenujka Petkova promet de présenter à l’Assemblée Nationale les options possibles pour la centrale de Belene dans quelques jours. Le Parlement devrait donner au gouvernement le mandat de privatiser le projet ou d’attirer un investisseur stratégique.

    Petkova a expliqué que l’une des options pour la construction de l’usine est sur le modèle financier de la centrale nucléaire hongroise Paks II – la Russie fournit la majeure partie du financement avec l’approbation de Bruxelles. Le prêt sera ensuite retourné des opérations de l’usine. Dans le cas de Belene, le problème est la réticence de la Bulgarie à donner des garanties d’État.

    Le président du Forum bulgare de l’énergie et des mines Ivan Hinovski a expliqué que le CNNC voulait participer au projet avec sa technologie.

    “Selon mes informations, les Chinois prévoient une expansion pour vendre de l’électricité aux pays de l’UE, et cela est basé sur leurs réacteurs, qui sont beaucoup moins chers que les réacteurs russes”, a dit Hinovski.

    Il a ajouté que l’entreprise chinoise achèterait l’équipement de Belene, mais qu’elle construirait également 2 ou 4 réacteurs basés sur leur technologie.

    Cependant, cette information n’a pas encore été confirmée par des sources officielles.

    Selon Hinovski, l’intérêt chinois a provoqué “de graves troubles” dans le lobby nucléaire bulgare, en raison de l’apparition soudaine d’un “non-acteur du système”, qui n’a aucun lien secret avec les autorités bulgares.

    Le président du régulateur de l’énergie Ivan Ivanov a également remis en cause le projet en raison du prix élevé de l’électricité qu’il produirait. Il a souligné que la production de 1 mégawattheure d’énergie à partir de centrales photovoltaïques aux États-Unis coûte 50 dollars, et pour les parcs éoliens, 40 dollars. En outre, il a déclaré que le prix de l’électricité produite à partir de sources renouvelables diminuait constamment, alors que le prix de l’électricité nucléaire augmentait.”

    http://bulgarianpresidency.eu/borissov-restarts-the-project-for-a-second-nuclear-power-plant/

    .

    Répondre
  • Le président de la commission bulgare de l’énergie (dernières lignes), l’équivalent de notre CRE en charge de la surveillance des prix de l’énergie, n’a même plus son mot à dire ! alors même qu’il est plus que large sur les prix du MWh obtenus qu’il cite actuellement aux Etats-Unis qui est de 17 euros par exemple dans l’Etat de New-York stockage partiel inclus et les Etats-Unis se lancent comme la Pologne à fond par exemple dans l’offshore, même Trump suit c’est dire !

    Comparatif nucléaire/renouvelables pour la Bulgarie sur des prix pourtant plus élevés pour les renouvelables qu’actuellement. Avantage net aux renouvelables :

    Etude parmi d’autres :

    Annual energy, health, and climate cost savings per person in 2050: $11,704

    Annual energy cost savings per person in 2050: $482

    Voir section “international” puis “Bulgarie” :

    http://thesolutionsproject.org/why-clean-energy/

    Et c’est stockage inclus dont les détails sont à disposition et mis à jour régulièrement.

    .

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  • La Pologne qui a moins d’atouts que la Bulgarie en matière de renouvelables et dispose pourtant d’un charbon peu cher aboutit à une autre conclusion, je cite :

    “Le PGE, contrôlé par l’État, a abandonné son rôle de premier plan dans les projets de construction de la première centrale nucléaire polonaise en se concentrant sur de nouveaux parcs éoliens dans la mer Baltique. Le raffineur d’Etat PKN Orlen pourrait assumer le rôle de PGE.

    PGE, le plus grand groupe énergétique polonais, a annoncé un projet éolien offshore de près de 10 milliards de dollars en mars, mais a également été responsable du projet nucléaire.

    Les deux plans font partie d’un changement majeur dans la politique polonaise.

    PGE ne pouvait pas financer les deux projets et la technologie bon marché avait fait pencher la balance en faveur de l’éolien.

    Les analystes et les investisseurs estiment que les parcs éoliens offshore sont le moyen le plus facile et le plus rapide pour la Pologne de combler le déficit de capacité attendu du charbon et de réduire les émissions de CO2 conformément aux objectifs de 2030 de l’UE.

    Ils fournissent plus d’électricité que les parcs éoliens terrestres, dont dispose déjà la Pologne, et peuvent être construits plus rapidement qu’une centrale nucléaire.

    “Nous prévoyons que les parcs éoliens offshore seront construits sans soutien, mais la tendance à la baisse des coûts est très encourageante”, a déclaré Piotr Naimski à Reuters”

    http://uk.businessinsider.com/r-exclusive-pge-picks-baltic-wind-over-nuclear-as-poland-embraces-green-power-2018-5?IR=T

    .

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  • Cependant. L’académie Nationale des Sciences à donné son accord si le coût n’excède pas 10,5 milliard d’euros. C’est le cas ici. Alors, patience !

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