EPR de Flamanville : les dernières étapes clés du chantier

EPR de Flamanville : les dernières étapes clés du chantier

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Présenté comme un concentré d’innovations en matière de sûreté, de protection de l’environnement et de performance technique, le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, dans la Manche, a fait ces dernières semaines un pas de plus vers son aboutissement, avec la phase des essais « à froid » qui s’est achevée le 6 janvier 2018. Ces essais ont permis de tester l’étanchéité du circuit primaire principal en y exerçant une pression supérieure à la normale, et autorisent désormais la mise en œuvre, d’ici le mois de juillet prochain, d’autres tests en conditions réelles d’exploitation.

Fin des essais “à froid”

Réactualisé en septembre 2015, le dernier calendrier présenté par le groupe EDF dans le cadre du chantier de l’EPR de Flamanville ne devrait plus évoluer. Ce réacteur nouvelle génération devrait bel et bien démarrer d’ici la fin de l’année 2019, et passe actuellement tous les tests attestant de son fonctionnement optimal. Les derniers travaux d’aménagement achevés cette année avec la pose du couvercle de la cuve et la réalisation de multiples opérations de préparation (démarrage des groupes motopompes primaires, tests sur les circuits de sauvegarde, etc.) ont, en effet, permis de lancer, dans les délais prévus, les essais généraux sur l’ensemble de l’installation. Cette phase avait débuté préalablement avec les opérations « de chasses en cuve », à savoir le rinçage des circuits en y faisant circuler de l’eau à très grand débit, et s’est poursuivie jusqu’au 6 janvier 2018 par les essais « à froid ».

Les équipes ont entamé pour cela le remplissage en eau du circuit primaire principal de l’installation, et fait circuler l’eau pour la première fois dans l’ensemble de la chaudière nucléaire afin de mesurer toutes les pressions et les débits. Ces essais ont notamment permis de vérifier l’étanchéité du circuit primaire du réacteur à une pression de plus de 240 bars (supérieure à la pression de ce circuit lorsqu’il est en exploitation, à savoir 155 bars), et de tester les modes de pilotage des différents systèmes depuis la salle de commande (moyen de conduite principal) mais aussi depuis le moyen de conduite de secours ou encore la salle de repli.

Essais « à chaud » et démarrage du réacteur EPR de Flamanville en 2018

Une fois validés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Ces essais « à froid » seront suivis des essais « à chaud » qui débuteront en juillet 2018 et démontreront le bon fonctionnement de l’installation dans des conditions de température et de pression similaires aux conditions d’exploitation. L’électricien testera dans ce cadre « l’ensemble des systèmes, l’ensemble des fonctionnalités d’exploitation et de sûreté comme s’il y avait du combustible en cuve », expliquait il y a quelques semaines sur France info Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3. Les essais de production, eux, sont attendus à partir du 25 mai 2019, avec une pleine puissance programmée pour le 16 novembre 2019. L’ensemble de ces opérations mobiliseront au total plus de 1 000 ingénieurs et techniciens expérimentés venant d’EDF et de partenaires industriels.

Si cette feuille de route est respectée, les premiers assemblages de combustible seront chargés dans un an et marqueront le démarrage du réacteur au quatrième trimestre 2018, tandis que la production d’électricité débutera au printemps 2019 avec le raccordement du réacteur au réseau. Le chantier de Flamanville aura donc bien duré plus longtemps qu’escompté mais offrira en contrepartie, des améliorations non négligeables en matières environnementales, économiques et techniques. « Flamanville 3 sera une vitrine. Elle arrive un peu tard, il n’y a pas de doute. Elle coûte plus cher que prévu. Mais ce sera bien une vitrine technologique. » confesse Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF dans Ouest France. « Flamanville va nous aider à exporter notre savoir-faire nucléaire notamment en Asie où se trouve une grande partie des projets de nouvelles centrales nucléaires dans le monde. » poursuit-il.

Vers une optimisation des performances économiques et environnementales

Concernant la protection de l’environnement tout d’abord, l’EPR permettra de produire une énergie non émettrice de gaz à effet de serre par une utilisation plus efficace du combustible (diminution de 17% de la consommation de combustible par rapport aux réacteurs de 1 300 MW), une réduction significative de 30% des rejets d’effluents radioactifs liquides et gazeux par rapport aux meilleures unités de production du parc nucléaire français et une production de déchets radioactifs réduite de 30%.

Ces progrès s’accompagneront de performances économiques améliorées permises par une plus grande souplesse d’utilisation et un coût d’exploitation moindre. L’EPR sera en effet le réacteur le plus puissant au monde (1 650 MW, contre 1 500 MW pour les plus récents), avec un rendement amélioré et une durée de vie de 60 ans, et devrait pouvoir atteindre un taux de disponibilité de 91%, notamment grâce à une réduction de la durée moyenne des périodes d’arrêt pour rechargement du combustible (à sûreté équivalente). Cette durée sera réduite à 16 jours contre 30 à 45 jours aujourd’hui selon les différents types de centrales. La production annuelle d’électricité sera ainsi augmentée de 36% par rapport aux réacteurs actuels.

© Photo : EDF – MORIN ALEXIS

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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