L'Ademe veut convertir les PME françaises aux économies d'énergie

L’Ademe veut convertir les PME françaises aux économies d’énergie

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Considérant la performance énergétique et environnementale, non pas comme un handicap, mais bien comme une opportunité de développement, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) veut promouvoir les mesures d’efficacité énergétique au sein des entreprises françaises. L’Ademe a lancé pour cela, jeudi 9 novembre 2017, un nouveau mécanisme d’aide et d’accompagnement à destination de 500 TPE et PME afin de leur permettre de réaliser des économies d’énergie et de matières premières. Un dispositif ambitieux et à forts rendements amené à se généraliser dans l’avenir. Explications.

L’energy manager”, une nouvelle fonction clé dans les organisations de demain

Evolution nécessaire pour l’environnement et le climat, la transition énergétique vers un modèle plus efficace et plus économe en énergie est aussi une source non négligeable de profits et de rendements pour les organisations actuelles. Les entreprises, associations ou collectivités ont toutes intérêt à concentrer leurs efforts sur un management énergétique ambitieux à la fois plus responsable et plus efficient. Les avantages d’une gestion énergétique optimisée dans une organisation sont en effet de plus en plus évidents, et nombreuses sont les entreprises qui misent désormais sur « l’energy manager » et la mise en œuvre de nouvelles pratiques de management énergétique au service de la performance.

Les différents Smé (systèmes de management énergétique), l’optimisation et le pilotage des consommations, les nouvelles technologies de réduction des consommations, l’achat d’énergie ou l’efficacité énergétique des bâtiments et des installations à usage professionnels (industriels ou tertiaires), constituent autant de leviers disponibles pour améliorer de manière régulière l’efficacité, l’usage et la consommation énergétiques.

Les managers de l’énergie, qu’ils soient directeurs énergie, ou simples référents énergie, s’évertuent à mettre en application au sein de leur organisation les meilleures pratiques d’achat, de gestion et d’exploitation de l’énergie, ainsi que les dernières nouveautés et innovations techniques qui contribuent à la performance énergétique (aussi bien dans le mesurage, la documentation, le reporting, la conception et les achats d’équipements et de systèmes, les processus et le personnel). Ces professionnels, dont le rôle dans l’entreprise s’est affirmé ces dernières années, ne se limitent plus à une simple fonction de supports mais sont désormais associés aux grands chantiers de croissance.

« Une opération gagnante sur tous les coûts »

Si ce nouveau rôle semble trouver toute sa place dans les grands groupes, il est toutefois encore difficile pour des entreprises de taille plus modeste d’investir dans ce secteur quand bien même les retours sur investissement seraient garantis. Pour les encourager à sauter le pas, l’Ademe propose aujourd’hui d’offrir à 500 TPE et PME la possibilité de bénéficier d’un dispositif d’aide pour réaliser des économies d’énergie et de matières premières.

Ce dispositif s’appuie sur une expérimentation effectuée l’an dernier auprès de 49 entreprises et qui leur a permis d’économiser globalement plus de 3 millions d’euros par an (13.500 tonnes de matières) et d’éviter le rejet de 9.000 tonnes de CO2. Désormais « il s’agit de passer à l’échelle supérieure », en offrant cette aide à plus d’entreprises, qui peuvent se porter candidates sur un site internet ouvert par l’Ademe, explique à l’AFP le directeur général délégué de l’Ademe, Fabrice Boissier. Ce dispositif, financé à 100% par l’Ademe, est ouvert aux entreprises de l’industrie, de la distribution et de la restauration qui ont entre 20 et 250 salariés.

Concrètement, l’agence envoie dans les entreprises un expert en efficacité énergétique qui analyse les consommations, les gaspillages éventuels et les économies possibles, puis propose un plan d’actions dont elle accompagnera la mise en application. Comme seule contribution, chaque entreprise s’engage à reverser à l’Ademe la moitié d’un plancher d’économies identifiées. « Mais si elle ne réalise pas ce plancher d’économies, elle ne doit rien », et avec des taux de retour sur investissement de quelques mois, « l’opération est gagnante à tous les coups », avance M. Boissier. « L’Ademe prend le risque initial de l’investissement », ce qui permet de résoudre le « problème du passage à l’acte », poursuit le directeur de l’Agence.

« L’enjeu est conséquent. Si toutes les PME font cet effort, ce sont plusieurs dizaines de milliers de tonnes de CO2 et de déchets qui sont économisés », défend de son côté le président de l’Ademe Bruno Lechevin, ajoutant que ce dispositif montre « qu’agir sur l’énergie, sur les déchets, sur l’environnement c’est rentable ». L’Ademe souhaiterait à terme étendre encore davantage ce dispositif et convertir un nombre maximum d’entreprises françaises.

Crédits photo : Gazprom Energy France

Rédigé par : La Rédaction

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