Nicolas Hulot, une nomination mêlée d'espoirs et d'interrogations - L'EnerGeek

Nicolas Hulot, une nomination mêlée d’espoirs et d’interrogations

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C’est ce qu’on pourrait appeler une prise de taille. La nomination, à la surprise générale, de l’écologiste le plus célèbre de France, Nicolas Hulot, est sans conteste un coup de maître de la part d’Emmanuel Macron. Le nouveau Président de la République devrait bénéficier de la popularité de l’intéressé au moins jusqu’aux prochaines élections législatives et peut-être plus loin dans le temps, à condition que la mayonnaise prenne. Pleine d’espoirs, l’arrivée de Nicolas Hulot au ministère chargé de l’écologie et de l’énergie interroge en effet sur la capacité de ce nouveau gouvernement à cohabiter et à conduire d’une même voie la transition énergétique engagée depuis 2015. Explications.

L’écologie ou le combat d’une vie

Nommé mercredi 17 mai 2017 au poste de ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, fondateur de la fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, a finalement accepté, après des années de sollicitations provenant des Présidents successifs, de prendre part au jeu des institutions et de participer au combat écologique de l’intérieur. Révélé au yeux du grand public à la fin des années 1980 à travers sa célèbre émission télévisée Ushuaïa, ce journaliste-reporter de formation, animateur et écrivain, s’est engagé très tôt pour la protection de l’environnement et la sensibilisation du grand public.

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Conseiller de nombreux dirigeants politiques sur les questions écologiques comme Laurent Fabius ou Jacques Chirac, il assumait lors du précédent quinquennat la mission d’Envoyé spécial pour la protection de la planète à la demande de François Hollande, avec pour objectif de sensibiliser, d’informer et de mobiliser la communauté internationale sur la crise écologique mondiale et les moyens d’y faire face. Il fut notamment à l’origine de l’introduction en 2005 d’une charte de l’environnement dans la Constitution, et participa activement à la promotion de l’Accord de Paris pour le climat signé fin 2015 par les 197 parties de l’ONU. Se refusant à briguer lui-même la présidence de la République, Nicolas Hulot a toujours défendu l’idée que les enjeux écologiques devaient être placés au cœur des programmes électoraux et compter parmi les objectifs prioritaires du Président.

En acceptant cette nouvelle mission aux côtés d’Elisabeth Borne, nouvelle ministre de la transition écologique chargée des transports, le nouvel occupant de l’hôtel de Roquelaure valide donc en quelque sorte le programme environnemental et énergétique d’Emmanuel Macron, qu’il aura la charge, en tant que ministre d’Etat et numéro 3 du gouvernement d’Edouard Philippe, de porter à l’international. Élogieux à l’égard de Ségolène Royal lors de son premier discours d’investiture ce mercredi, il a salué le travail accompli par sa prédécesseur et affirmé sa détermination à poursuivre les efforts consentis pour appliquer la loi de transition énergétique du 17 août 2015. « Je voulais vraiment vous dire, Ségolène, que vous pouvez être fière du travail accompli. Sauf que vous mettez la barre très haute », a-t-il déclaré.

La nomination de Nicolas Hulot saluée par les professionnels

Décriée par l’ensemble des dirigeants politiques de l’opposition, accusant notamment Nicolas Hulot de se fourvoyer dans un gouvernement où l’écologie n’a pas la priorité (un « crève-cœur » pour Jean-Luc Mélenchon), cette nomination a toutefois été saluée par nombre d’écologistes (Daniel Cohn-Bendit ou Noël Mamère par exemple) et de professionnels des secteurs renouvelables qui voient dans l’ex-animateur de télévision un allié de poids. « Nicolas Hulot incarne pour tous les citoyens français et au-delà, la transition écologique et énergétique », a commenté Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). « Cette transition constitue une formidable opportunité de progrès économique, social et sociétal. Beaucoup a été fait ces dernières années, mais le chantier reste immense », a-t-il ajouté.

Chargé d’appliquer le programme de la République En Marche, le ministre de la transition écologique et solidaire sera bien sûr concerné par toutes les questions énergétiques pour lesquelles il disposera d’une enveloppe de 15 milliards d’euros sur cinq ans. Durant la campagne, Emmanuel Macron s’était engagé sur la base d’un changement de modèle énergétique vers un système plus propre, plus durable et plus connecté, et son nouveau ministre tentera donc de tenir ces engagements. Il devra notamment garder le rythme des raccordements en matière d’énergies renouvelables afin de tenir l’objectif de 32% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en France en 2030, porter la contribution climat-énergie à 100 euros la tonne de CO2 en 2030, doubler d’ici à 2022 les capacités éoliennes et photovoltaïques installées en France en encourageant l’investissement privé dans ces filières pour mobiliser 30 milliards d’euros dans les prochaines années, et gérer la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% à l’horizon 2025.

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Au ministère des transports, Elisabeth Borne, Présidente de la RATP depuis 2015, aura pour mission d’accélérer le déploiement des bornes de recharge électrique, d’aligner la fiscalité du diesel sur celle de l’essence et de créer une prime de 1000 euros pour le remplacement de véhicules fabriqués avant 2001 par des voitures « plus écologiques », neuves ou d’occasion.

La nécessité d’un gouvernement de compromis

Si elle est pour certains la garantie que l’écologie rentre au gouvernement, cette nomination n’est pourtant pas dénuée d’inquiétudes au regard du décalage existant entre les convictions de Nicolas Hulot et le peu de cas accordé à la transition énergétique durant la campagne d’Emmanuel Macron. L’arrivée à l’Economie de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, tous deux issus du parti Les Républicains, n’a en effet rien de rassurant tant les dissensions à venir sont prévisibles sur des dossiers aussi divers que le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou la fermeture de la centrale de Fessenheim. « Je suis dans un accompagnement bienveillant pour renforcer au mieux un écolo de tout premier ordre mais qui est assez isolé en territoire hostile« , souligne dans le Monde David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts.

Edouard Philippe lui-même, qui a voté à l’époque contre la loi sur la transition énergétique, ne semble pas être, de prime abord, un Premier ministre « très vert », et imposera certainement à Nicolas Hulot un dur labeur pour défendre ses positions. On l’imagine toutefois mal s’engager sans aucune garantie, et si le contenu des négociations politiques qui ont précédé cette désignation est encore inconnu, Nicolas Hulot a sûrement dû s’assurer d’obtenir les moyens de ses ambitions, au risque de voir cette collaboration tourner au plus court.

Crédits photo : COP21 Paris

Rédigé par : La Rédaction

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