Le financement des ENR, une priorité pour tous ? - L'EnerGeek

Le financement des ENR, une priorité pour tous ?

renouvelables ENR

Au mois de novembre 2017, la 23ème conférence des Nations Unies pour le climat (COP23) sera organisée par les îles Fidji et devrait avoir lieu à Bonn, en Allemagne. Pour le premier ministre fidjien, Frank Bainimarama, il s’agit là d'”une grande responsabilité pour un petit Etat insulaire“. Mais à l’heure où 40% de la population mondiale vit à moins de 100km d’un littoral et où la montée des eaux est une conséquence directe du réchauffement climatique comme une réalité tangible pour nombre d’Etats insulaire à l’image des Fidji, ce choix est avant tout hautement symbolique. Sans attendre la grande messe de l’écologie, les acteurs de la société civile se mobilisent pour le climat. Des multimilliardaires comme Bill Gates aux citoyens adeptes du financement participatif, les énergies renouvelables (ENR) rencontrent un franc succès.

Le cas français : la transition énergétique et les “investissements verts”

Dans une vidéo publiée le 19 décembre, le directeur de l’Institute for Climate Economics (I4CE), Benoit Leguet, résume. Avec l’accord de Paris, les chefs d’Etat se sont engagés à réduire à 0 les 40 ou 50 milliards de tonnes de CO2 émises avant la fin du siècle. A l’échelle de la planète, il estime que cet objectif nécessite “5 000 milliards de dollars d’investissements chaque année“. En s’attardant sur le cas français, il explique qu’actuellement, 32 milliards d’investissements verts sont réalisés chaque année, au lieu des 60 milliards nécessaires à la réalisation de l’objectif précité.

Toutefois, ces chiffres sont à nuancer. En premier lieu, les “investissements verts” ne concernent pas uniquement les ENR, mais également les transports et le secteur du bâtiment. Par ailleurs, le directeur de l’I4CE se veut optimiste. Il rappelle qu’actuellement, la totalité des investissements réalisés dans l’Hexagone s’élève 400 milliards d’euros par an. C’est pourquoi, il affirme que la solution se trouve non seulement dans “les mains des Etats mais également des entreprises privées, des collectivités territoriales et de tous les citoyens“.

Les grandes fortunes investissent dans les énergies propres

Une analyse assez largement partagée par les grands patrons des multinationales. Récemment, Bill Gates a confié son intention de rassembler des grandes fortunes au sein d’un fonds d’investissements nommé Breakthrough Energy Ventures. La structure, dont l’objectif est de soutenir les start-up spécialisées dans les ENR, rassemble déjà plusieurs grands patrons. Parmi eux, Jeff Bezos d’Amazon, Richard Branson de Virgin, Xavier Niel de Free ou encore Jack Ma d’Alibaba.

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Pour les entrepreneurs à l’origine de cette initiative, il faut changer les modes d’action. Dans une déclaration commune, ils affirment que “le système actuel – recherche fondamentale, investissement dans l’énergie verte, cadres régulatoires et subventions –  ne réussit pas à mobiliser un investissement suffisant dans des solutions réellement transformatrices pour le futur“.

Les territoires, premiers concernés par les projets d’ENR

Le 14 décembre dernier, le mouvement Tepos et l’association CLER ont publié un rapport intitulé : “Financer le développement de projets d’énergie renouvelable d’intérêt territorial“. Une démarche relayée dans La Gazette des Communes et plus particulièrement par le journaliste Olivier Schneid. Alors que le réseau Tepos rassemble des territoires précurseurs sur la production d’énergies renouvelables, l’association CLER plaide pour une “transition énergétique décentralisée“. Avec ce guide de 64 pages, les deux organisations souhaitent que “les retombées économiques des projets de production d’ENR bénéficient le plus possible au territoire“.

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Une approche qu’elles partagent entre autres avec l’AMORCE, l’Association des collectivités territoriales et des professionnels dans les domaines des déchets, de l’énergie et des réseaux de chaleur. Dans un communiqué publié le 19 décembre, l’AMORCE se félicite d’ailleurs d’avoir été entendu par le Sénat à l’origine d’un amendement visant à affecter une partie de la nouvelle fiscalité climat énergie à la transition énergétique des territoires. A partir de 2018, les dotations de fonctionnement des collectivités seront donc adaptées aux paramètres environnementaux. Ainsi, le législateur devra prévoir un versement de 10 euros par habitant aux intercommunalités ayant voté un plan climat-air-énergie territorial (PCAET) et de 5 euros par habitant aux régions ayant voté un schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE).

Les consommateurs et les citoyens chargés de promouvoir les énergies vertes

Mais les consommateurs et les citoyens ont également leur rôle à jouer dans le processus de transition énergétique. Cette implication peut notamment passer par le choix de nouvelles formules “100% énergies renouvelables” ou “élec’verte” proposées par les énergéticiens EDF ou Engie.

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Mais le pouvoir du consommateur n’est pas le seul moyen dont dispose les individus pour promouvoir les ENR. En effet, dans la transition énergétique promue par Ségolène Royal, les projets d’énergies propres peuvent bénéficier des financements participatifs. Cette disposition est prévue par l’article 111 de la loi pour la loi relative à la transition énergétique et pour une croissance verte d’août 2015 et aujourd’hui codifiée par l’article L. 314-28 du Code de l’énergie. Via ce dispositif, l’objectif est donc de développer le crowdfunding en matière d’ENR et de mobiliser l’épargne des particuliers pour des projets d’intérêt général.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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