Liger, le projet qui symbolise la Bretagne renouvelable - L'EnerGeek

Liger, le projet qui symbolise la Bretagne renouvelable

Inauguré au début du mois de novembre par le Président François Hollande, le nouveau centre dédié aux énergies renouvelables de Locminé dans le Morbihan est unique en Europe. Produisant six types d’énergies renouvelables différentes, il permet à la Bretagne de renforcer sa démarche de développement durable et positionne la France à la pointe de l’innovation verte.

A l’heure où les représentants des 195 parties de l’ONU se félicitent et s’encouragent mutuellement à appliquer l’Accord de Paris et à respecter leurs engagements, les 15 000 habitants de Locminé sont déjà dans le concret. La petite commune bretonne n’a pas attendu le mot d’ordre du gouvernement pour passer à l’action et raisonne depuis plus d’une décennie en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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Elle a encouragé dans le cadre du projet Liger (Locminé Innovation et Gestion des Énergies Renouvelables), la réalisation d’un centre de production énergétique dédié aux énergies renouvelables et à la valorisation des déchets. Entamé en 2011, ce projet s’est construit au fur et à mesure des financements et des bonnes volontés publiques pour finalement donner lieu aujourd’hui à une installation unique en Europe.

Une initiative audacieuse largement saluée par François Hollande lors de son passage en Bretagne le vendredi 4 novembre dernier. “Pour mener des projets de cette dimension dans une commune qui n’a pas nécessairement la population et les moyens financiers pour être un exemple en Europe, il faut avoir une imagination fertile sans doute, une audace sûrement mais une volonté“, a déclaré le président de la République.

Un pôle aux six énergies vertes

Dans les faits, le nouveau centre Liger a pour objectif d’utiliser les déchets de la commune afin de produire l’énergie nécessaire au chauffage, à l’éclairage et au transport des usagers. Il associe pour cela les deux énergies biomasse 100 % énergie verte que sont la biomasse bois et la méthanisation de ressources organiques issues des différentes activités du territoire. Le tout pour produire à lui seul six types d’énergies vertes : de l’électricité, de la chaleur, du biocombustible, du carburant Bio GNV, du biofertilisant et du biométhane qui sera réinjecté dans le réseau de gaz.

La commune veut démontrer ainsi que les énergies renouvelables peuvent permettre à la fois une efficacité financière et environnementale, et une action responsable de l’aménagement des territoires. Le centre compte actuellement 15 salariés et a coûté quelque 14,5 millions d’euros, mais devrait également rapporter via les économies énergies réalisées à l’échelle locale et la valorisation du biogaz par cogénération. On estime les économies possibles à plus de 2 millions d’euros par an compte tenu d’un prix du baril de pétrole brut à 100 euros.

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Sur le plan environnemental, ce projet permettra surtout (une fois au maximum de ces capacités) à la ville de Locminé de compenser les 18 000 tonnes de dioxyde de carbone qu’elle émet annuellement. “Notre fil conducteur, c’est la réduction des émissions de CO2“, résumait à cette occasion le directeur général de Liger, Marc Le Mercier.

Des déchets au cœur de l’économie circulaire

A la base du dispositif, le principe de méthanisation consiste dans la fermentation des déchets organiques en milieu anaérobie (sans oxygène) afin de produire du biogaz. Les résidus de cette fermentation sont ensuite récupérés et transformés en fertilisant et combustible. Ce combustible, le Bio GNV, n’émet quasiment aucune particule fine et est utilisé dans les trois camions qui collectent les déchets aux alentours du centre.

La boucle est bouclée et recommence à l’infini“, se réjouit-on chez Liger, fier de cette économie circulaire, et des 42 types de déchets acceptés par ce dispositif. Au total ce sont 48 000 tonnes de déchets de l’industrie locale, notamment les cosses et fanes de légumes de l’entreprise D’aucy, 8 000 tonnes d’excédents agricoles, comme le lisier des élevages porcins, et 4 000 tonnes de boues et effluents provenant des stations d’épuration, qui alimenteront le centre en l’espace d’une année.

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Crédits photo : CHO Locminé

Rédigé par : La Rédaction

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