Quel est le poids de la filière hydroélectrique en France ? - L'EnerGeek

Quel est le poids de la filière hydroélectrique en France ?

barrage_sautet_france_photo_will_cyclistC’est le 11 décembre dernier que s’est déroulé dans les locaux de la CCI des Hautes-Pyrénées, à Tarbes, la seconde édition de l’Hydromeeting. Cette journée de rencontres consacrée l’hydroélectricité a réuni plus de 200 professionnels de ce secteur énergétique pilier du système électrique français.

En effet, l’hydroélectricité est la seconde source de production électrique de France, après l’énergie nucléaire. Première source d’énergie renouvelable, la filière hydroélectrique est d’autant plus essentielle qu’elle contribue à l’indépendance énergétique française. Elle est également un moteur économique reconnu, participant au développement de l’État (financement des comptes publics) et des territoires (créatrice d’emplois).

 

L’hydroélectricité française

L’hydroélectricité est une énergie électrique renouvelable (qui s’obtient sans émettre de CO2) produite grâce à la conversion de l’énergie hydraulique des flux d’eau naturels. C’est à l’aide d’une turbine hydraulique que la force des courants d’eau (rivières, fleuves, chutes…) est transformée en énergie mécanique puis, grâce à un alternateur, en électricité.

L’hydroélectricité est une source énergétique maîtrisée en raison des débits prévisibles des cours d’eau. C’est également une source contrôlée dans le cas d’un barrage avec réserve d’eau. Il s’agit donc d’une énergie qui permet de faire face aux pics de consommation électrique : l’hydroélectricité est mobilisable en moins d’un quart d’heure pour équilibrer le réseau électrique français, en cas de situation où la demande serait supérieure à l’offre.

Le gouvernement ambitionne actuellement de développer le potentiel hydroélectrique français encore non exploité (principalement grâce à des installations de petite taille, le potentiel pour les installations de grande taille étant désormais largement exploité), tout en modernisant les installations en activité. L’objectif est notamment d’améliorer le rendement énergétique des centrales hydroélectriques tout en réduisant l’impact des infrastructures sur le milieu aquatique. D’ici à 2020, la production annuelle d’hydroélectricité doit augmenter de 3 TWh et la puissance installée de 3.000 MW.

 

Caractéristiques du secteur hydroélectrique français

Avec un volume de production de 75,7 TWh d’électricité pour l’année 2013, l’énergie hydroélectrique se positionne à la seconde place du mix électrique français. Énergie renouvelable locale, elle contribue aux côtés du nucléaire à l’indépendance énergétique de l’Hexagone avec une puissance installée totale de plus de 25.380 MW (reliée au réseau fin 2012).

Le secteur hydroélectrique français est également une filière créatrice d’emploi : en 2012, elle comptait 13.500 emplois équivalents temps plein. Un chiffre qui atteint 20.700 emplois non délocalisables si on y ajoute les emplois induits (emplois affectés par l’activité du secteur hydroélectrique). Les effectifs du secteur hydroélectrique tricolore devraient même augmenter à 30.000 d’ici à 2030.

Enfin, l’hydroélectricité est une source de revenus pour l’État et les collectivités territoriales. En 2012, les recettes publiques hors TVA (taxes, impôts et impôts sur les sociétés) issues du secteur de l’hydroélectricité se sont élevées à plus de 1 milliard d’euros. Des recettes qui devraient quasiment doubler d’ici à 2030.

Crédit photo : will_cyclist

Rédigé par : guy-belcourt

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COMMENTAIRES

  • Bonjour,
    ou avez vous vu que le gouvernement ambitionne de développer la petite Hydroélectricité? alors qu’il fait tout pour détruire l’existant à commencer par le programme de destructions des seuils des moulins et décourager tous leur propriétaires.
    Programme imposé par la loi sur l’eau et la directive 2000!!!!
    Tout cela poussé par une certaine écologie et lobbies irresponsable qui n’a rien à voir avec la vrai écologie.
    Pourtant le potentiel des petites installations hydroélectriques représente la production de plusieurs centrales nucléaire.
    L’énergie Hydroélectrique est la plus propre des énergies et qui, contrairement à ce que certains pensent améliore la qualité de l’eau pour le milieu aquatique.

    Demandez une autorisation pour construire une pico centrale de 10KW.
    1- On vous dira que vous n’avez pas le droit.
    2- on fera tout pour vous compliquer la tâche.
    4- on vous ruinera en vous imposant un arsenal de règles et de contraintes.
    3-si vous résistez encore on fera tout pour faire traîner votre dossier.
    et j’en passe,
    Voilà la réalité, rapprochez vous de ceux qui ont des projet et ils confirmeront!!

    cordialement.

    Répondre
  • Bonjour

    En tant que patron d’association hydraulique travaillant sur la Bourgogne, et ayant travaillé sur des dizaines de moulins et de petites usines hydrauliques, je suis bien obligé de confirmer le propos de KW12.

    Certes, l’Ademe aide quelques projets en petite hydro et nous lui en sommes reconnaissant. Mais en face de cela, la DDT casse les droits d’eau, l’Onema pose des contraintes réglementaires délirantes pour des modestes seuils n’ayant jamais dégradé les milieux depuis des siècles qu’ils sont là, le dossier à remplir pour injecter du courant sur le réseau est un incroyable parcours du combattant (DDT, Dreal, EDRF, EDF-OA) avec des requêtes toujours plus complexes à remplir. Au final, alors qu’en soi il est assez simple de produire avec une turbine et une génératrice, la petite hydro est devenue chère, compliquée, décourageante.

    Au nom de la continuité écologique (art 214-17 C env), la Direction de l’au et de la biodiversité du Ministère de l’Ecologie, les Agences de l’eau et l’Onema portent la responsabilité historique d’une tentative de destruction systématique des seuils et petits barrages de France, par le jeu de contraintes légales impossibles à satisfaire et de chantages financiers poussant les maîtres d’ouvrage désespérés à accepter à contre-coeur l’effacement à la pelleteuse de leurs ouvrages hydrauliques.

    C’est un scandale qui fait l’objet d’innombrables contentieux devant les tribunaux administratifs et le Conseil d’Etat, ainsi que d’une résistance de plus en plus vive sur le terrain. Des centaines de personnes sont prêtes à produire avec leur moulin et à décarboner leur énergie personnelle, voire celle d’un équivalent 10, 1000, 1000 foyers, mais ces bonnes volontés sont assommées par l’absurdité et l’iniquité de l’action de l’Etat.

    Quand on sait que l’énergie hydraulique a un bilan carbone et un bilan matière première meilleur que toutes les autres énergies (en particulier le solaire et l’éolien), que cette énergie est très prévisible à 24 h (le temps d’justement de la charge de réseau), qu’elle est bien réparties sur les 500.000 km de masses d’eau de nos territoires, qu’elle compte un potentiel d’environ 100.000 sites existants avec peu de génie civil, on mesure la folie des choix publics actuels.

    Répondre
  • CE que je lis à propos de la volonté présumée de l’Administration (qui doit bien avoir des directives des ministères) de limiter voire détruire la petite hydroélectricité me laisse pantois.
    Surtout quand on compare aux éoliennes ou au solaire, énergies qui présentent l’inconvénient rédhibitoire d’être intermittentes et de fonctionner de manière aléatoire, contrairement à l’hydraulique : pour ces énergies là, on est en train de dérouler le tapis rouge grâce à une loi dite de Transition Énergétique (!) qui prévoit de simplifier à l’extrême les procédures administratives pour l’installation de machines. Les abus et prises d’intérêts illégales ont déjà commencé…
    Quant aux grandes installations hydrauliques (barrages), soumises au régime des concession et exploitées actuellement de manière exemplaire par EDF, service public, le gouvernement a prévu, toujours au sein de la même loi de Transition Énergétique, de les céder aux plus offrants dans le cadre de Sociétés d’Économie Mixte (SEM) qui seront semi privées : adieu l’intérêt général !
    C’est là qu’on s’aperçoit que les discours sur les énergies renouvelables – l’hydraulique étant la plus noble de toutes – sont du pipeau, et que notre gouvernement ne se préoccupe (mal) d’énergie que pour s’assurer l’alliance d’EELV.
    L’hydraulique et le nucléaire, joyaux de la nation et construits par EDF avec la bénédiction des gouvernements passés (qui avaient eux le sens de l’intérêt général), vont pâtir de cette nouvelle loi. C’est la fin d’une énergie électrique abondante et bon marché ; on s’oriente vers un système à l’Allemande, où le kWh coûte deux fois plus cher qu’en France, et repose essentiellement sur des centrales à charbon ou à gaz extrêmement polluantes. En attendant qu’un anticyclone mette toutes les éoliennes à l’arrêt pendant plusieurs semaines en plein hiver et provoque la plus importante panne géante de l’histoire de l’Europe.
    On va bientôt en reparler : on parie ??

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  • Bonjour à tous,
    Bravo pour l’ensemble des contributions opérationnelles et pointues d’alain38, Hydrauxois, KW12: j’y souscris totalement. Quelques infos et compléments:
    1- Etat français et EnR: Notre cabinet (né en 2002 cumule + de 20 d’expertises dans les énergies EnR et classiques) est plus connu du MEDDAD depuis un commentaire sur le site Les Echos suite à l’article du 9 janvier 2014 http://www.lesechos.fr/09/01/2014/LesEchos/21601-086-ECH_la-france-peinera-a-atteindre-ses-objectifs-de-2020.htm
    Commentaire: “Rien de bien nouveau. Je partage les propos de mon partenaire B. CHABOT de 2009, l’inventivité administratives des agents de l’Etat est sans limite quand il s’agit de dresser des barrières complexes, changeantes et dissuasives au développement des énergies renouvelables. Plus personnellement, en France on a l’habitude de sauter sur tout ce qui bouge dans l’improvisation technique et administrative la plus totale. Total justement confiait à un de mes confrères que la quasi-totalité des pointures du MEDDAD sont parties travailler pour des banques d’investissement.”
    2- Il est nécessaire de distinguer les énergies renouvelables de flux et de stock.
    Les EnR électriques de flux sont soient continues (hydraulique au fil de l’eau, géothermie, mer, vagues, …) soit discontinues (éolien, solaire). Les EnR de stock sont par essence discontinues ou continus en fonction de la disponibilité de la ressource ou stock biomasse, biogaz, …
    3- Rappel historique les moulins à eau puis les moulins à vent constituaient l’énergie mécanique décentralisée jusqu’à l’apparition de la force motrice vapeur et des énergies fossiles et nucléaires électriques
    4- Il n’y pas d’EnR plus noble l’une que l’autre car elles répondent chacune à une ressource disponible localement, à des frais d’installations/ coûts de maintenances adaptés et des conditions de raccordement électriques économiques

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