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Quand l’énergie s’invite dans la crise ukrainienne

place_rouge_photo_SoerfmDepuis novembre 2013, l’Ukraine fait face une importante crise politique et ses relations avec la Russie se sont détériorées. Cette situation tendue n’a pas seulement mis en lumière des revendications séparatistes, elle a également soulevé des questions d’ordre énergétique. L’Ukraine est fortement dépendante de Moscou pour ses importations de combustible nucléaire, dont le pays tire près de 50% de son électricité. Quel impact aura cette crise sur cette relation ? L’Union Européenne, de son côté, a décidé de mettre en place des sanctions à l’encontre du gouvernement de Poutine. Quitte à fragiliser son approvisionnement en gaz.

[stextbox id=”info”]Nucléaire : vers la fin de la collaboration Russie / Ukraine ?[/stextbox]

Le conflit qui oppose actuellement l’Ukraine et la Russie a largement contribué à détériorer les relations diplomatiques entre ces deux pays d’Europe de l’Est. Notamment d’un point de vue énergétique, l’Ukraine étant fortement dépendante de son voisin pour assurer son alimentation électrique. Selon les chiffres de la World Nuclear Association, l’Ukraine compte actuellement 15 réacteurs nucléaires qui produisent plus de 50% de l’électricité qui transite sur le réseau du pays. Le problème est que ces réacteurs de conception russe fonctionnent grâce à du combustible en provenance de Russie. Un approvisionnement qui semble désormais incertain…

Afin de réduire cette dépendance au combustible soviétique, le gouvernement ukrainien n’a d’autre choix que de chercher des alternatives pour ses achats d’uranium. Une première piste semble avoir été trouvée par la compagnie nationale de production d’énergie nucléaire ukrainienne, Energoatom. Dans un communiqué adressé mardi 9 septembre à Reuters, l’entreprise d’État annonce qu’à partir de 2015 “la troisième unité de la centrale nucléaire d’Ukraine du Sud fonctionnera avec du combustible nucléaire provenant d’un fournisseur alternatif, la compagnie Westinghouse”, une société américaine.

Début janvier, l’Ukraine était également en négociation avec la Russie concernant un prêt de 6 milliards de dollars pour la construction de deux nouvelles centrales nucléaires. Un partenariat qui semble également écorné par la dégradation des relations entre Kiev et Moscou : Energoatom a en effet indiqué que “l’état actuel des relations russo-ukrainiennes ne nous permet pas de compter sur un financement russe de ce projet”. Le groupe russe Rosatom, qui produit actuellement les réacteurs à eau pressurisé commandés par Kiev dans le cadre de cet échange, a de son côté indiqué n’avoir reçu “aucune notification officielle de la fin du projet”.

[stextbox id=”info”]Le gaz, mais pas le nucléaire, comme moyen de pression [/stextbox]

Face à l’intervention contestée de la Russie dans la crise ukrainienne, les grands acteurs de la scène politique internationale ont décidé de mettre en place des sanctions à l’encontre de Moscou. L’Union Européenne et les États-Unis ont notamment décidé de pénaliser le pays des Tsars dans les secteurs de l’énergie, de la finance et de la défense. La Russie n’a toutefois pas utilisé son secteur énergétique comme moyen de pression pour faire lever ces sanctions.

Même si la dépendance énergétique des membres de l’UE à l’égard de la Russie varie selon les pays, la Russie n’en reste pas moins le premier fournisseur de gaz naturel et le deuxième fournisseur de pétrole de l’Union Européenne, ainsi qu’un important fournisseur de combustible nucléaire. A cet égard, et en raison des tensions diplomatiques existantes, le commissaire européen à l’Énergie a déjà exprimé certaines craintes quant aux coûts et à la sécurité de l’approvisionnement des pays membres de l’UE.

Le Directeur adjoint de Rosatom pour les affaires internationales, Kirill Komarov, a toutefois appelé à exclure le nucléaire de toute discussion politique. “Nous sommes un partenaire fiable pour tout le monde. Même maintenant, en cette période difficile pour les relations entre la Russie et l’Ukraine, nous alimenterons les centrales ukrainienne en combustible”. Une affirmation qui pourrait aussi sous-entendre que les échanges commerciaux liés à l’énergie sont une manne financière trop importante pour que la Russie s’en passe.

Malgré ces déclarations, la société importatrice de gaz polonaise reproche à Moscou de faire pression en baissant les livraisons de gaz. La Pologne a en effet accusé à plusieurs reprise (jeudi 11 puis samedi 13 septembre) le gazier russe Gazprom d’avoir réduit de près de 50% ses livraisons. Une manœuvre qui, selon Varsovie, traduit la volonté du gouvernement russe de couper l’approvisionnement de l’Ukraine en flux inversé. Et de lancer, par la même occasion, un avertissement à l’UE.

Crédit photo : Soerfm

Rédigé par : La Rédaction

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