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Quelle politique énergétique pour le Québec ?

Quebec_flagPublié il y a quelques semaines, un rapport secoue la Belle Province. Le document, censé guider la politique énergétique du gouvernement Québécois, est très loin de faire l’unanimité. Les 200 pistes qu’offre le texte ont été rassemblées par les deux coprésidents de la Commission, Roger Lanoue et Normand Mousseau. Si le rapport en soi ne propose rien de réellement innovant, il est cependant précurseur au Québec car il est le premier à réunir autant d’éléments et autant de problématiques souvent traitées une par une dans la province.

[stextbox id=”info”]L’objectif premier est la diminution des gaz à effet de serre[/stextbox]

Les rédacteurs insistent sur les dangers liés à l’émission des GES à l’échelle globale mais aussi régionale, du fait de la proximité entre le Québec et la zone arctique. C’est en fait à partir de cet enjeu que s’articulent les trois axes du document : l’aménagement du territoire, les bâtiments (rénovation et construction) et les transports.

Le rapport met en évidence qu’une meilleure urbanisation peut entraîner une diminution des GES et un développement plus écologique. Selon messieurs Lanoue et Mousseau, le Québec doit établir une nouvelle fiscalité municipale qui permettrait une nouvelle forme de développement des villes et ce sans augmenter la facture énergétique ni mettre en danger l’environnement.

En ce qui concerne les bâtiments, les auteurs du rapport préconisent de poursuivre le financement de la recherche de la performance énergétique. Le gouvernement doit appuyer la recherche et l’innovation pour permettre la construction d’habitations écologiquement viable. Il semblerait que les habitations de l’Etat américain voisin du Vermont soient 50% plus performantes qu’au Québec.

La troisième piste est celle d’une nouvelle politique des transports. Les municipalités mais aussi le gouvernement de la province doit encourager l’utilisation et l’organisation des transports en commun dans les villes et dans les campagnes. Enfin, les taxes routières et écologiques qui portent sur les véhicules doivent être renforcées pour les camions qui sont les plus pollueurs.

[stextbox id=”info”]La classe politique et les associations émettent des doutes sur le rapport[/stextbox]

Dés sa publication le document a été remis en cause ou critiqué. Les premiers doutes émis l’ont étés sur l’utilisation du rapport par le gouvernement qui a déjà pris de nombreuses décisions en ce qui concerne l’électrification, le nucléaire, l’éolien, la mobilité durable, le marché du carbone, le pétrole et le gaz de schistes.

Pourtant, l’actuelle ministre des ressources naturelles, Martine Ouellet, a annoncé qu’elle appuiera sa politique sur ce rapport. Elle a ensuite critiqué la politique énergétique de l’ancien gouvernement libéral tout en affirmant ses divergences avec le texte qui conseille un ralentissement de l’aménagement du territoire en éoliennes, au prétexte que le Québec est largement autosuffisant en électricité grâce à son important parc hydraulique. « Nous avons pris des décisions pour ralentir la croissance des surplus. Concernant les éoliennes, nous avons fait le choix de maintenir les emplois du secteur manufacturier. Arrêter de faire de l’éolien au Québec, ça voudrait dire fermer l’ensemble de ces entreprises manufacturières. Ce n’est pas ce qu’on veut » a affirmé la ministre.

La première ministre, Pauline Marois, a confirmé qu’il n’était pas question de remettre en cause l’intégralité de la politique du gouvernement précédent. Elle a confirmé les chantiers actuellement en cours : «Les projets engagés et autorisés vont suivre leur cours. On ne reviendra pas sur les projets annoncés ».

L’opposition libéral n’est pas enthousiasmée par le texte du rapport qui considère que les surplus énergétiques sont un problème et non un atout. Pour Philippe Couillard : «C’est une richesse […]. C’est une façon de développer notre économie, pas un handicap, et c’est un atout qu’on doit saisir.»

La défiance envers le rapport est aussi partagée par l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable. Pour l’Association de l’industrie électrique du Québec, il faut poursuivre la politique de développement des énergies renouvelables. Si pour l’instant le gaz de schiste américain n’est pas cher, les prix devraient augmenter considérablement d’ici à 2020, rendant alors plus utile l’énergie éolienne.

Le dynamisme du marché de l’électricité de l’électricité québécois a été souligné par monsieur Marceau, le ministre des finances. Ce marché a en effet progressé de 65% durant les cinq dernières années. Le ministre propose une solution intéressante qui permettrait d’utiliser les surplus tout en finançant le coût des ENR. Il soutien qu’il faut permettre aux entreprises de s’installer au Québec en échange d’une électricité à bas prix, ce qui générerait de l’emploi tout en créant de nouvelles recettes fiscales.

Crédits photo: DarkEvil

Rédigé par : La Rédaction

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