Renégociation des contrats d'approvisionnement et cours de l'uranium

Renégociation des contrats d’approvisionnement et cours de l’uranium

desert_niger_photo_Dan LundbergAfin de renégocier à la hausse ses contrats d’extraction d’uranium, Mahamadou Issoufou, président de la République du Niger, s’est entretenue lundi 7 octobre avec le PDG du groupe industriel français Areva, Luc Oursel. Le gouvernement nigérien considère qu’il ne tire pas suffisamment de bénéfice de ce minerai qui constitue une des plus importantes ressources naturelles du pays. Areva indique toutefois que cette éventuelle hausse de ses coûts d’approvisionnement n’impactera pas la remontée du cours de l’uranium.

Depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011 au Japon, le cours de l’uranium est en effet en baisse sur les marchés financiers. Avec un prix de 34,50 dollars la livre, cette matière nucléaire naturelle atteignait en août dernier son plus bas niveau en sept ans. Une baisse conjoncturelle que les analystes pronostiquent de courte durée en raison de la concrétisation de nouveaux projets de centrales nucléaires.

[stextbox id=”info”]Une baisse conjoncturelle et passagère[/stextbox]

L’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi a eu un impact important sur le rapport de l’opinion publique à l’énergie nucléaire et a contraint de nombreux gouvernements à revoir leur stratégie dans le domaine du nucléaire civil. La fermeture temporaire des centrales japonaises ainsi que la sortie du nucléaire engagée par l’Allemagne  illustrent ce phénomène responsable de la chute des cours de l’uranium. Les marchés financiers ont vu le cours du minerai enrichi s’effondrer en 6 ans : il est passé de 138 dollars en juin 2007 à 35 dollars en juillet dernier.

Cette baisse du prix du combustible est toutefois jugée passagère par certains spécialistes. La World Nuclear Association (WNA), association mondiale regroupant les acteurs majeurs du secteur nucléaire, prévoit une hausse de 48% de la demande d’uranium d’ici 2023. Selon les dernières données publiées début octobre par la WNA, les 432 réacteurs en services dans le monde et les 70.000 MW qui devraient être générés par les 70 réacteurs en cours de construction (Chine, Russie, Inde, Corée du Sud…) devraient entraîner une hausse de la demande dès 2014.

[stextbox id=”info”]Le prix de l’uranium nigérien renégocié[/stextbox]

Areva tire un tiers de son approvisionnement en uranium des mines nigériennes, qu’il exploite depuis 1971. En une quarantaine d’année, le groupe français a extrait quelques 115.000 tonnes de minerai. Il détient des parts dans 3 sites nigériens : les mines de Somaïr et de Cominak ainsi que la future mine d’Imouraren, actuellement en construction et qui deviendra, à terme, le second site le plus important du monde. Pendant de nombreuses années, des avantages financiers ont profité à Areva causant un manque à gagner pour les autorités de ce pays d’Afrique de l’ouest.

Brigi Rafinin, son Premier Ministre, estime que le Niger “ne bénéficie pas de revenus qui doivent être ceux d’un pays qui détient des ressources naturelles”, l’exploitation d’uranium ne représentant qu’une part de 5% du PIB. C’est pourquoi le gouvernement souhaite profiter du fait que certains de ses contrats arrivent à terme (d’ici fin 2013) pour revoir à la hausse le prix du kilogramme d’uranium vendu à Areva. La relecture de ces accords est actuellement en cours, l’objectif, selon M. Rafinn, étant de voir “dans quelles mesures ce partenariat peut être le plus équilibré possible”.

Malgré le remodelage de ses contrats nigériens, le PDG d’Areva reste confiant quant à la hausse des cours de l’uranium. Le groupe français, qui enrichit ce minerai après l’avoir extrait, prévoit une augmentation des commandes avant 2015. Les énergéticiens opérateurs de centrales devraient en effet gonfler leurs commandes pour anticiper le rebond du cours de l’uranium. Et face à la concurrence éventuelle de la Chine sur le marché nigérien, Luc Oursel évoque d’autres sources d’approvisionnement, comme la mine de Cigar Lake au Canada ou des prospections prometteuses en Mongolie.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Lorsque l’on parle du prix de l’uranium, ce n’est pas “le cours du minerai enrichi”, ce qui ne veut rien dire, mais celui de l’oxyde d’uranium U3O8 (U uranium et O oxygène).

    La hausse de la demande dès 2014, ce n’est pas dû aux réacteurs en construction.
    On les connaît :
    http://energeia.voila.net/nucle/nucle_service_2015.htm

    Mais c’est dû à la disparition d’une grande partie des sources secondaires d’uranium (autres que les mines) avec la fin dans trois mois du programme “megatons to megawatts” de transformation d’uranium “militaire”, enrichi à 90-95% d’U235 en uranium “civil” enrichi à 3-4% d’U235.

    La montée du prix à près de 140 dollars la livre d’U3O8 en 2007 était due à l’inondation de la mine de Cigar Lake qui devait bientôt entrer en production.

    Ce qui se ferait en 2014, avec sept ans de retard. C’est un peu comme pour la construction des réacteurs nucléaires, bien souvent en retard d’une à dix années.

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