A Rungis, les déchets sont transformés en énergie renouvelable

A Rungis, les déchets sont transformés en énergie renouvelable

rungis-dechets-methanisation

C’est le plus grand marché du monde, et sa superficie est supérieure à celle de la principauté de Monaco : le marché de Rungis, situé aux portes de Paris, est une fourmilière qui voit passer chaque année des millions de tonnes de produits… et de déchets. Des déchets qui sont désormais valorisés à l’aide d’une filière énergétique développée sur place. Grâce au développement des énergies renouvelables, le marché de Rungis est capable de couvrir une partie de ses besoins… et même de fournir du chauffage à l’aéroport d’Orly !

Valoriser les déchets de Rungis

Le marché de Rungis produit un peu plus de 78 000 tonnes de déchets chaque année. Au début des années 2000, Semmaris, la société exploitante de Rungis, a décidé de valoriser ces déchets pour en tirer une source d’énergie locale. Pour cela, le marché a dû changer ses habitudes et mettre en place une filière de tri et de recyclage des déchets. Là où un seul pavillon du marché produisait en moyenne 800 tonnes de déchets journaliers il y a vingt ans, la moyenne est aujourd’hui de 30 tonnes seulement. La raison : la majorité des déchets est transformée en énergie.

100% des déchets sont triés et séparés pour alimenter deux filières de production d’énergie. Les déchets alimentaires sont destinés à la méthanisation. Le gaz produit par ce biais sert de biocarburant pour alimenter des véhicules du marché, notamment les transpalettes et les chariots élévateurs. Pour ce qui est des déchets non-alimentaires, ils sont récupérés pour l’incinération. Grâce à une chaufferie de biomasse, Rungis est capable de générer pas moins de 200 000 mWh d’énergie par an. Ce réseau de chaleur couvre largement les besoins en chauffage des bâtiments du marché. Mais que faire du surplus de production ?

Rungis : fournisseur du réseau de chaleur local

Le 12 février 2013, la Semmaris a signé une convention de partenariat avec le Syndicat Intercommunal de Chauffage Urbain de Choisy-Vitry (SICUCV) et le Syndicat Intercommunal d’Exploitation et de Valorisation des Déchets de la région de Rungis (SIEVD). L’objectif : récupérer l’énergie non-utilisée lors de l’incinération des déchets de Rungis grâce à la mise en place d’une interconnexion entre les installations de Rungis et les réseaux de chaleur de Choisy-Vitry. Pour réaliser ce projet de grande envergure, il a fallu lancer des travaux de transformation du réseau. La Semmaris s’est chargée de construire une station d’échange HP-HP (haute pression-haute pression) de 22 MW pour raccorder son réseau de chaleur à celui du SICUCV. Dans le même temps, le SICUCV s’est chargé de la construction du réseau d’interconnexion et des ouvrages de régulation.

Grâce à ce projet gagnant-gagnant, le réseau du SICUCV est alimenté à hauteur de 50 000 MW par l’incinérateur de Rungis. Cet approvisionnement est local, issu des énergies renouvelables, et il offre un tarif inférieur à celui des énergies fossiles. Cette attractivité du tarif se répercute aussi sur la facture énergétique des consommateurs. Le réseau de chaleur du SICUCV alimente à 70% des immeubles et des logements sociaux. Or, pour les foyers reliés à un chauffage urbain dont la part d’ENR est égale ou supérieure à 50%, la TVA à taux réduit s’applique. Grâce au nouveau dispositif, les foyers raccordés ont donc bénéficié d’une TVA à 5,5% au lieu de la TVA à 19,6%.

Le plan Rungis Green Business

Tous ces projets de développement énergétiques ont été menés dans le cadre du plan Rungis Green Business, lancé en 2014 par la Semmaris. L’objectif est de développer des solutions alternatives pour optimiser le potentiel énergétique du marché de Rungis. Dans le cadre de ce projet, en mars 2017, le marché de Rungis a inauguré sa station de GNV à destination des transporteurs de marchandises. Sur le site, il y a environ 20 000 véhicules qui circulent chaque jour, et parmi eux 6 000 camions qui utilisent du gaz comme carburant. La station a été mise en place par la Semmaris et par GNVert, une filiale du groupe Engie. En plus du gaz, la station propose également du biométhane. Rungis a également installé une station de rechargement photovoltaïque ainsi qu’une station à gaz CO2 et azote pour les groupes froids. Prochaine étape : d’ici la fin d’année 2018, la Semmaris souhaite inaugurer la première station d’hydrogène vert du marché. Elle sera également conçue par GNVert.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
mar 28 Fév 2017
Alors que la production de gaz vert reste toujours insuffisante en France pour espérer atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique, selon le dernier panorama du gaz renouvelable publié par le SER, le gouvernement a décidé vendredi 24…
mer 13 Nov 2013
La filiale canadienne d'EDF Énergies Nouvelles (EDF EN) et la Première Nation West Moberly ont annoncé, mardi 29 octobre, la signature d'un protocole d'accord portant sur le développement de trois projets éoliens dans la région de la Rivière de la…
mar 29 Nov 2016
Selon une étude Opinion Way, 26 % des Français envisagent de s’équiper d’un équipement d’énergies renouvelables (EnR) d’ici un à deux ans. De plus en plus sensibilisés aux vertus des énergies propres, les particuliers cherchent désormais à s’inscrire pleinement dans une…
jeu 29 Sep 2016
Étudiée depuis de nombreuses décennies, l'exploitation de la géothermie en Alsace connaît ces dernières années un regain d'intérêt. Les nouveaux objectifs de transition énergétique et les progrès de la technologie font de cette source d'énergie renouvelable une réserve très prometteuse…

COMMENTAIRES

  • A propos de Rungis et de la valorisation thermique de ses déchets, je lis ceci: « Ce réseau de chaleur couvre largement les besoins en chauffage des bâtiments du marché. Mais que faire du surplus de production ? »
    La cogénération, entre autre, à puissance thermique introduite identique, diminue la part de chaleur délivrée et aurait sans doute pu résoudre le problème à meilleur compte. Evidemment, nous sommes en France et la cogénération….3 à 4% de la prod nationale, donc on n’y pense même pas. Et ça ne semble pas vouloir s’arranger.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *