L’EPR de Flamanville s’arrête encore après à peine quelques mois : ce serait des contrôles

Nouvel arrêt pour l’EPR de Flamanville, encore. Pompes primaires sous surveillance, redémarrage promis mais jamais tenu jusqu’ici. Et une visite de 350 jours pointe déjà à l’horizon de septembre.

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L'EPR de Flamanville s'arrête encore après à peine quelques mois : ce serait des contrôles
L’EPR de Flamanville s’arrête encore après à peine quelques mois : ce serait des contrôles © L'EnerGeek

Le réacteur nucléaire le plus puissant de France s’est de nouveau arrêté. Jeudi 16 juillet 2026, à 16 heures, les équipes de l’unité n°3 de la centrale de Flamanville, dans la Manche, ont mis à l’arrêt l’EPR pour réaliser des « contrôles complémentaires », dans le cadre du suivi préventif des paramètres de fonctionnement. L’information, révélée par Ouest-France, a été confirmée par EDF à l’AFP vendredi 17 juillet.

Selon le site internet de l’entreprise, le redémarrage est programmé le 26 juillet à 23 heures, soit un arrêt d’au moins dix jours. Un délai qui pourrait s’allonger : les précédentes coupures inopinées du réacteur se sont toutes prolongées par rapport aux prévisions initiales.

Les vérifications portent sur deux des quatre groupes motopompes primaires, situés dans le bâtiment réacteur. Ces équipements assurent la circulation de l’eau dans le circuit primaire, précise EDF. En fonction du diagnostic, « une intervention pourrait être menée sur ces équipements », a indiqué l’entreprise, une formulation qui laisse planer une incertitude sur le respect du calendrier annoncé.

Un réacteur qui enchaîne les arrêts depuis sa mise en service

Flamanville 3 n’en est pas à son premier incident. Raccordé au réseau en décembre 2024 avec 12 ans de retard sur le calendrier initial, le réacteur a atteint sa pleine puissance, 100 %, le 14 décembre 2025 seulement, alors qu’EDF espérait franchir ce seuil dès l’été précédent.

Trois mois à peine après sa mise en service, en mars 2025, l’EPR avait déjà été stoppé en raison d’aléas techniques touchant la turbine, pièce maîtresse de la centrale. En juin 2025, une fuite sur des soupapes avait provoqué un nouvel arrêt, celui-là étalé sur quatre mois.

Le dernier arrêt notable avant celui du 16 juillet remonte au passage de la tempête Goretti, début 2026, quand des vents dépassant 200 km/h par endroits avaient balayé la Manche. Des embruns chargés de sel marin avaient endommagé des équipements électriques de la centrale, indiquait EDF le 19 janvier 2026.

Ces dommages avaient entraîné l’arrêt prolongé de deux réacteurs, dont l’EPR, le troisième étant déjà en maintenance programmée. Le réacteur était resté à l’arrêt un mois entier, du 9 janvier au 9 février 2026, avant qu’une porte-parole d’EDF n’annonce la poursuite du programme d’essai à pleine puissance.

Une visite complète de 350 jours annoncée pour septembre

Si le réacteur redémarre bien le 26 juillet, une échéance plus lourde se profile déjà : une « visite complète » du site est prévue à compter du 26 septembre 2026. Elle impliquera l’arrêt total du réacteur pendant 350 jours, quasiment un an.

Durant cette période, de nombreux contrôles seront menés, le combustible sera renouvelé et le couvercle de la cuve, concerné par des anomalies connues de longue date, sera remplacé à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR). EDF avait annoncé cette opération dès l’automne dernier.

Cette visite revêt un caractère réglementaire : elle doit intervenir 30 mois après le premier chargement du réacteur. « C’est le cas pour Flamanville 3 comme pour l’ensemble des réacteurs du parc nucléaire dans son histoire », avait rappelé Sébastien Miossec, directeur délégué production d’EDF, lors d’un point presse en novembre 2025.

Construit face à la Manche aux côtés de deux autres réacteurs, l’EPR de Flamanville doit alimenter deux millions de foyers. Premier réacteur à démarrer en France depuis 25 ans, son chantier aura coûté bien plus cher que prévu : le devis initial s’élevait à 3,3 milliards d’euros, contre environ 23,7 milliards d’euros désormais estimés par la Cour des comptes, aux conditions de 2023, soit près de huit fois le montant de départ.

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