Les hydroliennes fluviales veulent s’imposer en France

Les hydroliennes fluviales veulent s’imposer en France

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L’énergie hydraulique, grâce aux grands barrages, est parvenue à s’installer dans le paysage énergétique mondial, mais elle reste très limitée par rapport au potentiel hydraulique. Les hydroliennes, qui ont connu un énorme développement récemment, pourraient bien être la solution, surtout en ce qui concerne les hydroliennes fluviales, dont le marché a enregistré une progression de 15 milliards d’euros ces dix dernières années. Grâce aux hydroliennes fluviales, la France pourrait produire de l’énergie grâce à ses importants gisements hydro-électriques qui sont encore inexploités.

La France : des gisements hydrauliques largement inexploités

A l’échelle mondiale, le potentiel de l’énergie hydrolienne est estimé entre 75 et 100 GW. Au sein de ce gisement mondial, l’Europe représente environ 12,5 GW, et la France pèse à elle seule 2,5 GW. Consciente de son potentiel, la France souhaite développer 3 TWh de puissance hydroélectrique d’ici 2020. Et ce développement ne passera pas par de nouveaux barrages : selon le rapport d’impact de la Direction Générale de l’Energie et du Climat de 2013, 71% du potentiel hydroélectrique de la France est entravé par l’interdiction de construire de nouveaux ouvrages sur les cours d’eau. Dans ce contexte, les hydroliennes fluviales sont une alternative intéressante, et la France est désormais prête à parier sur cette solution. Le Rhône devrait même être le premier fleuve français à accueillir un grand parc d’hydroliennes. La Compagnie Nationale du Rhône souhaite installer 39 hydroliennes dans l’Ain, en aval de Génissiat, près de la frontière suisse, et les travaux pourraient commencer à l’été 2018.

Une énergie verte sans intermittence

Si l’énergie hydrolienne semble si prometteuse et si elle intéresse tant d’entreprises, c’est parce qu’elle offre une solution très performante, avec de nombreux atouts. A commencer par la question du rendement. Car si on peut reprocher aux énergies renouvelables leur intermittence, qui pose un gros problème de fiabilité pour faire fonctionner un réseau électrique, une hydrolienne présente l’avantage non négligeable de fonctionner sans discontinuité, pour produire de l’électricité 24h/24.
Autre argument en faveur de l’hydrolienne : ce système de production d’énergie n’a pas besoin d’une grosse infrastructure pour fonctionner. Les hydroliennes sont installées sur des barges amarrées, et elles sont ensuite reliées à l’aide d’un boîtier au réseau électrique. Comme les panneaux solaires ou les éoliennes, les hydroliennes fluviales peuvent fonctionner en ferme, avec un groupement de plusieurs unités raccordées ensemble pour optimiser la production.

Enfin, là où les éoliennes ont du mal à fleurir sur le sol français car les riverains désapprouvent souvent leur intégration dans le paysage, les hydroliennes fluviales sont beaucoup plus discrètes. Elles peuvent être facilement installées, même dans des zones protégées. De plus, les études écologiques démontrent qu’elles n’ont aucun impact sur l’environnement.

Les hydroliennes fluviales : petite capacité mais gros potentiel

A l’heure actuelle, la capacité de production des hydroliennes fluviales est encore relativement limitée : les constructeurs peinent à dépasser les 80 kW. Mais la technologie n’est pas encore totalement mature. La flottaison de l’hydrolienne et les risques d’entraves des turbines demeurent des problèmes que les fabricants tentent de résoudre, chacun à sa façon. Enfin, plusieurs entreprises travaillent à améliorer le rendement des générateurs en utilisant des technologies inédites. Mais l’innovation est freinée par les moyens limités engagés en faveur de la recherche et du développement sur les hydroliennes fluviales. Les entreprises qui s’intéressent à ce domaine sont des PME, et les grands groupes énergétiques ne s’intéressent pas encore à cette piste car sa capacité de production est trop limitée.

Ironiquement, les hydroliennes fluviales se vendent déjà partout dans le monde. La société française Hydroquest a développé une gamme complète d’hydroliennes fluviales et elle en a déjà installé deux en Guyane. Le français EcoConetic a vendu 12 hydroliennes fluviales à une ville du Congo, notamment grâce au soutien de l’ADEME. Le quebécois Idénergie , qui fabrique des micro-unités d’une capacité limitée à 5 kW, a déjà vendu 16 hydroliennes fluviales, et la société allemande Smart Hydro a quant à elle vendu 53 exemplaires de son hydrolienne. En 2016, en Autriche, la start-up Aqua Libre a immergé 10 hydroliennes dans le Danube, en plein coeur de la région protégée du Wachau.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Tant que l’eau continue à couler sous les ponts, les hydroliennes seront autant de sources d’électricité qu’il n’en sera placées & peu importe leur puissance.
    Les petites rivières ne font elles pas les grands fleuves ???;o)

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  • Le CAPEX d’une hydrolienne est d’environ 8-10 €/Watt donc 10 fois plus cher que le solaire, le facteur de charge en marin est inférieur à 15 % , donc ceci n’est pas rentable économiquement ; c’est la raison pour laquelle les grands groupes désertent cette ressource .
    Le fluvial se situe à 6-7 €/Watt, il est donc indispensable que le facteur de charge soit supérieur à 50 % pour être « compétitif », ce qui n’est pas le cas sur des fleuves amazoniens .
    Donc cette filière ne se placera que sur quelques niches et à la condition de réduire les couts d’investissement et d’obtenir des couts d’exploitation inférieurs au solaire, donc très faibles .
    De grâce ne donner pas de faux espoirs aux gens qui en ont le plus besoin : les pays en voie de développement .

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