Paris et New Delhi lancent l’Alliance solaire internationale

Paris et New Delhi lancent l’Alliance solaire internationale

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Après s’être félicité des avancées majeures obtenues dans le dossier des réacteurs EPR de Jaitapur, dont les travaux pourraient commencer dès la fin 2018, le Président français Emmanuel Macron, en visite à New Delhi s’est tourné vers l’énergie solaire dans le cadre du lancement officiel de l’Alliance solaire internationale (ASI). Se joignant dimanche 11 mars 2018 à une vingtaine de dirigeants venus d’Asie, d’Afrique ou d’Océanie, Emmanuel Macron a appelé à la mobilisation générale afin d’aider les pays les plus pauvres à mieux profiter de l’énergie photovoltaïque.

Une visite officielle largement portée sur l’énergie

Les questions d’énergie auront décidément occupé une place de premier ordre dans la visite du Président français en Inde. Après avoir fait la promotion de la technologie nucléaire française dans le cadre d’un nouvel accord entre EDF et la compagnie locale NPCIL pour la construction possible de six réacteurs EPR sur la côte-ouest de l’Inde, Emmanuel Macron inaugurait lundi 12 mars 2018, toujours en compagnie du Premier ministre Narendra Modi, une centrale solaire de 100 MW à Mirzapur, près de Varanasi (Bénarès), construite par le groupe français Engie.

Un jour plus tôt déjà, dimanche 11 mars, le dirigeant français avait participé au lancement officiel, en compagnie de plusieurs autres chefs d’Etat, de l’Alliance solaire internationale (ASI) dont les bases avaient été posées par l’Inde et la France au cours de la COP21 de Paris en 2015. Cette alliance, qui se veut à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique (surtout depuis l’annonce du retrait des États-Unis de Donald Trump de l’accord de Paris), souhaite offrir les solutions technologiques, les ressources financières et les capacités de production de masse aux nombreux pays en développement disposant d’un potentiel de production solaire significatif. « Nous devons lever tous les obstacles et changer d’échelle » pour développer l’énergie solaire, a lancé M. Macron à l’ouverture du sommet de l’ASI, qu’il coprésidait avec le Premier ministre indien Narendra Modi. « Avec M. Modi, nous sommes obsédés par les résultats concrets », a-t-il ajouté.

L’Alliance solaire internationale souhaite exploiter l’énergie solaire dans les pays du Sud

L’ASI regroupe aujourd’hui plus d’une centaine de membres dans le but d’exploiter le potentiel photovoltaïque des pays du Sud. Elle vise à permettre aux pays riches en ressources solaires situés entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne (dont beaucoup ont au moins 300 jours de soleil par an) de partager des défis et des opportunités communes. Emmanuel Macron et son homologue indien souhaite notamment par ce biais réduire le coût du solaire pour donner accès à tous à cette énergie renouvelable, potentiellement abondante dans ces pays, et leur permettre ainsi de se développer sur le plan économique de manière indépendante, décentralisée et durable.

L’objectif de l’Alliance solaire internationale (ASI) est de mobiliser pour cela 1.000 milliards de dollars afin de développer 1 TW (térawatt) d’énergie solaire d’ici 2030. L’effort français s’élèvera dans ce cadre à un milliard d’euros de prêts et de dons d’ici à 2022, a annoncé M. Macron. En contrepartie, cette coopération internationale accrue permettra de développer de nouveaux marchés pour les membres de l’Alliance via la création d’opportunités supplémentaires de projets et d’applications pour les entreprises du secteur. « L’enjeu de cet engagement, c’est d’aller beaucoup plus vite en utilisant l’argent public pour débloquer les investissements des entreprises privées », explique à l’AFP Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD).

L’Inde, nouveau leader mondial de l’énergie solaire ?

De son côté, le Premier ministre indien entend profiter de cette initiative internationale pour s’imposer comme la nouvelle référence mondiale en matière d’énergie photovoltaïque. Désireux de réduire progressivement sa dépendance au charbon, le troisième pollueur de la planète (derrière la Chine et les Etats-Unis) s’est engagé à diminuer d’ici 2030 l’intensité carbone de son PIB de 35% par rapport à 2005 et compte beaucoup pour cela sur l’énergie solaire. Pourvu d’un fort taux d’ensoleillement, le pays de Narendra Modi a lancé en 2010 un programme national de développement de l’énergie photovoltaïque (National solar mission) présentant un objectif très ambitieux de 100 GW à l’horizon 2022 et impliquant de ce fait la mise en place de nombreuses installations de production solaires.

La centrale photovoltaïque de Kamuthi par exemple, dans le grand Etat de Tamil Nadu, inaugurée fin 2016 par le groupe Adani, est devenue la plus puissante centrale solaire en activité au monde avec 648 MW de puissance installée, devançant la Topaz Farm de Californie, dans le sud-ouest des Etats-Unis, qui disposait alors d’une puissance de 550 MW. L’Etat de Rajasthan dans le nord-est de l’Inde, symbolise également le dynamisme de cette filière industrielle indienne et les promesses de cette politique nationale de développement. Plusieurs parcs solaires ont vu le jour ces derniers mois et de nombreuses entreprises locales s’équipent désormais en panneaux photovoltaïques. Le groupe français Engie y a notamment remporté début 2016, via sa filiale Solairedirect, le projet de construction de deux parcs photovoltaïques de 70 MW. Regroupés au sein de la coentreprise Eden, les groupes français EDF EN et Eren RE ont annoncé quant à eux, la mise en service en novembre 2017 de trois centrales photovoltaïques supplémentaires d’une puissance cumulée de 87 MW, situées dans les États de l’Uttarakhand (nord) et du Madhya Pradesh (centre).

De manière générale, le solaire avance à une vitesse grand V sur un territoire indien qui a vu sa capacité photovoltaïque doublée depuis 2016. Les perspectives de développement de la filière solaire sont toujours prometteuses et joueront très certainement un rôle primordial dans la régulation des émissions de gaz à effet de serre.

Crédits photo : Narendra Modi (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

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