Déchets alimentaires : programme test de valorisation énergétique à Paris Déchets alimentaires : programme test de valorisation énergétique à Paris

Déchets alimentaires : programme test de valorisation énergétique à Paris

Poubelles de tri à couvercle marron et camions verts pomme flambant neufs ont été mis à la disposition des IIe et XIIe arrondissements de la capitale depuis le début du mois de mai dans le cadre d’un nouveau programme expérimental de valorisation énergétique des déchets alimentaires. Orchestré par l’agence métropolitaine des déchets ménagers (SYCTOM ) et le groupe Veolia, ce programme de recyclage durable doit permettre de transformer ces déchets organiques en biogaz et en électricité via le procédé connu de méthanisation. Explications.

La valorisation des déchets domestiques

Exploiter les déchets ménagers pour produire du biométhane, une énergie renouvelable décarbonée et substitut possible au gaz naturel, constitue un des grands enjeux de la transition énergétique actuelle. Cette revalorisation permet en effet de répondre à la fois aux besoins énergétiques croissants de la population et aux problèmes de stockage des déchets, en forte augmentation en raison de la hausse de la population, de l’urbanisation et de l’élévation des niveaux de vie. En France, une personne jette en moyenne 391 kg de déchets par an à la poubelle, dont 152 kg de déchets organiques (épluchures, restes alimentaires, huiles de friture, herbe) qui représentent à eux seuls environ 700 m3 de biogaz. Les déchets produisent après fermentation un biogaz composé à 60% de méthane exploitable pour l’approvisionnement en gaz naturel ou la production d’électricité.

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Connue pour son retard en matière de recyclage des déchets, la Ville de Paris s’intéresse désormais à ce procédé et pourrait faire un bon de géant en matière de recyclage durable de ses déchets organiques. La ville expérimente depuis mi mai un programme de valorisation spécifique aux déchets alimentaires destiné à les méthaniser puis à les transformer en énergie ou en compost, pour réduire au bout du compte l’empreinte carbone de l’agglomération.

Une production de biogaz et d’électricité verte

Dans les faits, les habitants des arrondissements tests se sont vus remettre, en plus de nouvelles poubelles en bas des immeubles, des « P’tit Bac » destinés à stocker leurs déchets organiques (restes de repas, fruits, légumes, viandes, sachets de thé, coquilles d’œufs, etc.) avant de les déposer dans les poubelles marrons. Ces déchets sont ensuite ramassés deux fois par semaine par la SYCTOM qui les conserve et assure un premier tri au sein de l’unité de déconditionnement de Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne. Le tout, débarrassé des éventuels résidus d’emballages et autres plastiques, est ensuite acheminé à l’usine de méthanisation Veolia située dans le Pas-de-Calais. Ces déchets organiques y sont transformés en biogaz sous l’action de « bactéries méthanogènes« , explique Olivier Leviel, responsable des biodéchets chez Veolia, tandis que la chaleur récupérée devient de l’électricité verte, distribuée par EDF, et que les 95% de matières organiques restantes (appelées digestat) partent en compostage.

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A terme, Anne Hidalgo, la maire de Paris souhaiterait que l’ensemble de la capitale trie ses déchets alimentaires d’ici 2020, ce qui permettrait de récolter en moyenne 30 kilogrammes de biodéchets par habitant chaque année. Pour cela, la ville devra s’équiper en usines de méthanisation dernier cri respectant les normes drastiques en vigueur dans cette filière (une nouvelle installation est en cours de construction à Gennevilliers) et sensibiliser efficacement les populations concernées. Ces premières semaines d’expérimentation ont déjà permis de mettre en évidence le manque d’information des habitants. Parmi les erreurs constatées, des bombes de mousse à raser ou des bouteilles d’eau de Javel ont été retrouvées avec les restes de repas, explique à l’AFP, l’adjoint à la maire de Paris chargé de la propreté Mao Peninou. Ce dernier qui envisage de « généraliser la collecte à partir de 2017 » se veut toutefois rassurant, prétextant la nécessité de « procéder par phase » pour ce type de programme participatif. Après un mois d’expérimentation dans les IIe et XIIe arrondissements, « il est trop tôt pour faire un bilan« , mais on peut dire que « ça fonctionne mieux dans le XIIe arrondissement que dans le IIe« , souligne-t-il.

Vers une capitale « zéro déchet »

En accord avec les objectifs fixés par la loi de transition énergétique qui impose aux communes la valorisation d’au moins 65% des déchets, la mairie de Paris souhaiterait profiter de la dynamique positive liée à l’éventuelle organisation des Jeux Olympiques dans la capitale française pour accélérer ce processus et donner au monde l’image d’une ville « zéro déchet ».

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Rappelons que les déchets alimentaires ne représentent que 25% des ordures ménagères parisiennes, et que sur l’ensemble des déchets de la ville, seuls 16% sont actuellement recyclés (80% sont brûlés et 4% sont enfouis). La mairie aura donc de gros efforts à faire dans les années à venir pour améliorer son bilan et devra sans doute investir massivement. Le coût du dispositif est supérieur de 25% à celui des ordures ménagères traditionnels (soient 334 euros par tonne de déchets alimentaires contre 266 euros par tonne pour le reste) et la ville a déjà investi près de deux millions d‘euros dans le nouveau matériel et le personnel supplémentaire.

Crédits photo : Ville de Paris

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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