Internet : quel navigateur Web est le moins énergivore ? - L'EnerGeek

Internet : quel navigateur Web est le moins énergivore ?

Que vous soyez soucieux de votre empreinte environnementale ou simplement à la recherche des applications internet les plus performantes, sachez que tous les moteurs de recherche ne se valent pas en matière d’efficacité énergétique. Si l’utilisation même de la toile implique une consommation pharaonique d’énergie (si Internet était un pays, il serait le 6ème plus gros consommateur mondial d’énergie selon Greenpeace), certains géants du net sont plus engagés que d’autres dans la transition écologique.

Navigateurs Web et performances énergétiques

Au mois d’avril 2017, Microsoft publiait une vidéo commerciale démontrant l’avantage de son navigateur Edge en matière d’efficacité énergétique. Deux tests étaient réalisés et mettaient en concurrence Microsoft Edge, Firefox et Google Chrome. Dans un premier test, la firme de Redmond s’appuyait tout d’abord sur une mesure des performances dans le cadre d’un protocole de navigation Web automatisé via l’outil WebDriver. Avec un minimum de 16 itérations pour chaque navigateur, il est démontré que Microsoft Edge utilise 31% d’énergie (CPU, GPU, Wi-Fi) en moins que Google Chrome et 44% de moins que Firefox. Par la suite, trois ordinateurs portables Surface Book dotés de Windows 10 Creators Update diffusaient en continu une vidéo Vimeo en plein écran avec pour objectif de comparer la durée d’autonomie de la batterie dans de telles conditions de fonctionnement. Résultat, le premier, utilisant Firefox 52 a tenu 7h04 minutes sur batterie avant de s’arrêter. Le deuxième, doté de Chrome 57 a duré 9h17 minutes, et le troisième, équipé du navigateur Microsoft Edge plus de 12h31 minutes, soit 35% de plus que ses concurrents.

Si l’objectivité de ces expériences est contestable (chaque concurrent a intérêt à privilégier son protocole de test), Microsoft a publié toutes les conditions du test sur son site pour que chacun puisse le reproduire, et aucun de ses concurrents n’a véritablement remis en doute ses conclusions. Google a sorti sa nouvelle version numérotée 53, sans pour autant relevé le défi du comparatif, se contentant d’affirmer avec un autre test que sa nouvelle version était plus économe en énergie que la précédente, tandis que le navigateur Opera, absent de cette nouvelle expérience Microsoft, a réagi en intégrant un bloqueur de publicité dans son navigateur, une mesure bien maigre en économie d’énergie. Rappelons qu’Opera était arrivé en deuxième position dans le test précédent et peut donc toujours faire valoir sa deuxième place dans le classement des moteurs de recherche les moins énergivores.

Lire aussi : Economies d’énergie : des applications pour mieux réguler sa consommation électrique

Au final, si l’on peut regretter ici l’absence de nombreux autres moteurs de recherche comme Opera donc, ou Safari, ces expériences démontrent néanmoins un écart saisissant en matière de consommation énergétique. A une époque où le streaming semble être devenu le premier mode de consommation de vidéos et de musiques, cet argument pourrait à long terme jouer en la faveur de Microsoft qui peine pour l’instant à promouvoir son nouveau produit. Selon le site NetMarketShare, Edge ne représente qu’environ 5% du marché des navigateurs pour ordinateurs de bureau, contre 1% pour Opera, 12% pour Internet Explorer 11, 15% pour Firefox, et surtout 37% pour Chrome 56. Pour le seul continent européen, Chrome serait même largement en tête avec plus de 50% des parts de marché.

Les géants du net face à la transition énergétique

De manière générale, les géants du net ne semblent pas accorder la même importance à la performance énergétique de leurs sites ou applications. Si certains font clairement des efforts dans le sens d’une meilleure efficacité énergétique, d’autres sont encore à la traîne. Dans son dernier rapport « Clicking clean », publié le 10 décembre 2016, Greenpeace propose dans ce cadre une évaluation de l’empreinte environnementale de plus de 70 sites et applications parmi les plus populaires dans le monde. L’ONG étudie en détail le mix énergétique de chaque compagnie du web, la tenue de leurs engagements en matière de lutte contre le changement climatique, ainsi que leur politique d’implantation et leurs actions en matière d’efficacité énergétique et d’atténuation. Elle leur attribue ensuite une note allant de A pour les compagnies les plus engagées à F pour les compagnies les moins sensibles à la cause climatique (ce classement est visible sur le site dédié).

Tableau des résultats – Rapport Clickingclean @Greenpeace USA

On y apprend par exemple que les groupes Apple, Facebook, Google, Switch, YouTube, Instagram, ou WhatsApp sont classés A et ont tous fait de gros efforts pour verdir leur approvisionnement énergétique et s’alimenter principalement en énergies propres, tandis que d’autres comme Twitter, Soundcloud ou Pinterest arrivent en bas de cette échelle écologique (classés F).

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Greenpeace dénonce plus particulièrement ici le décalage existant entre les engagements et les actions mises en place par certaines compagnies comme Amazon (classé C) ou Netflix (classé D) qui peinent selon l’ONG à respecter leurs promesses. « En 2015, Netflix avait annoncé son intention de compenser la totalité de son empreinte carbone, mais en examinant son engagement de plus près, on se rend compte qu’il se concentre plutôt sur l’achat de crédits carbone ou de certificats d’énergies renouvelables, des artifices qui ne permettent pas réellement de dynamiser les investissements en faveur des énergies [vertes] », explique Greenpeace. Une pétition pour demander à Netflix d’abandonner les énergies polluantes a d’ailleurs été lancée en même temps que ce site de classement. Précisons que Netflix détient l’une des plus fortes empreintes écologiques des entreprises évaluées dans le rapport.

Crédits photo : Windows Central

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Bonjour,

    L’empreinte environnementale d’un site web ne se limite pas à celle des data centers.

    Comme nous le démontrons dans cette analyse de cycle de vie simplifiée ( https://www.greenit.fr/2015/05/12/quelle-est-l-empreinte-environnementale-du-web/ ), l’empreinte d’un site web se situe essentiellement du côté des internautes et majoritairement dans la fabrication de leurs équipements.

    Si on s’intéresse uniquement aux gaz à effet de serre, les centres informatiques ne représentent que 25 % des émissions contre 47 % pour les internautes et 28 % pour le réseau.

    Par ailleurs, l’empreinte est composée de très nombreux impacts : épuisement de ressources abiotiques, pollutions diverses et variées du sol, de l’eau et de l’air, eutrophisation, acidification, changement climatique, etc.

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