Carburant : face à la hausse des prix, la raffinerie de Fos-sur-Mer bloquée

Depuis 3h ce matin, une cinquantaine de camions-citernes bloquent le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer. Les pêcheurs protestent contre la flambée du carburant qui érode leurs marges. La ministre Chabaud promet des négociations rapides.

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Carburant : face à la hausse des prix, la raffinerie de Fos-sur-Mer bloquée © L'EnerGeek

Depuis 3 heures du matin ce mardi 15 septembre 2026, le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer est bloqué par plusieurs dizaines de pêcheurs. Environ cinquante camions-citernes obstruent les accès du terminal, interrompant la sortie de carburant. Cette opération vise à attirer l’attention sur l’augmentation des coûts énergétiques qui menace la rentabilité du secteur de la pêche. Ange Natoli, représentant des manifestants, a déclaré à l’AFP : « Le blocage du dépôt pétrolier a commencé à 3 heures. »

Fos-sur-Mer : un centre stratégique pour le pétrole en France

Le terminal de Fos-sur-Mer est un point clé pour le stockage et la distribution de produits pétroliers raffinés en Méditerranée. Situé dans la zone industrialo-portuaire des Bouches-du-Rhône, il alimente en gazole, essence et fioul une grande partie du sud-est français. Sa logistique repose sur des liaisons maritimes et ferroviaires, soutenues par un réseau routier dense qui dessert les stations-service de la région.

Le dépôt traite quotidiennement plusieurs millions de litres de carburant pour les départements du pourtour méditerranéen, jouant un rôle crucial entre les raffineries du golfe de Fos et les réseaux de distribution locaux. Selon Le Monde, la Préfecture des Bouches-du-Rhône surveille de près la situation, consciente des risques de pénuries.

Les cinquante camions immobilisés représentent une capacité de transport de 1 500 à 2 000 mètres cubes de carburant. Chaque camion transporte en moyenne 30 à 40 mètres cubes. L’interruption des rotations perturbe la logistique des distributeurs qui dépendent de livraisons régulières. Un feu de palettes s’est déclaré lors du mouvement, sans dégénérer en incident majeur, précise la préfecture.

Contexte : l’impact de la hausse des prix du carburant

La hausse continue des prix du carburant affecte sévèrement les secteurs dépendants de l’énergie fossile. Le gazole professionnel, largement utilisé par les navires de pêche, a connu une forte augmentation depuis début 2026. Les factures d’énergie pèsent lourdement sur les ménages et les professionnels, réduisant les marges des entreprises.

Pour les pêcheurs, le carburant représente entre 30 et 40 % des coûts d’exploitation d’un navire. Une hausse de 10 % du prix du gazole peut transformer une activité rentable en perte. Les contraintes réglementaires, telles que les quotas de pêche et les normes environnementales, alourdissent également les coûts. Bernard Perez, président du comité régional des pêches d’Occitanie, avertit : « Le mouvement risque de se durcir. » En 2024, la France a produit 477 000 tonnes de produits de la pêche, soit une légère augmentation de 1 % par rapport à 2023.

Chronologie du blocage : de lundi à mardi matin

Le blocage de Fos-sur-Mer fait partie d’une mobilisation plus large commencée lundi 14 septembre 2026. Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse ont coordonné cette action avec les organisations de producteurs de Méditerranée et les syndicats de marins.

Lundi, des rassemblements ont eu lieu à Sète et Port-Vendres. Selon La Dépêche, une délégation syndicale a été reçue en préfecture à Sète sans obtenir de réponses satisfaisantes. Face à l’impasse, les organisations ont décidé de cibler un site stratégique du réseau pétrolier. Elles déclarent que le mouvement « se poursuivra tant que des réponses concrètes n’auront pas été apportées aux revendications de la profession ».

Réaction du gouvernement et discussions à venir

La ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, a réagi rapidement, s’engageant à rencontrer les représentants des pêcheurs dans les prochains jours. Franceinfo rapporte que le ministère cherche à apaiser les tensions en ouvrant un dialogue formel. Les pêcheurs demandent des mesures d’urgence : aides financières, réduction des contraintes administratives et soutien structurel pour maintenir la viabilité économique du secteur.

Le blocage de Fos-sur-Mer met en lumière la vulnérabilité d’une filière sous pression, entre la volatilité des prix de l’énergie et un cadre réglementaire plus strict. Alors que d’autres secteurs investissent dans la transition énergétique, les pêcheurs rappellent leur dépendance aux énergies fossiles. La suite du mouvement dépendra des solutions que le gouvernement proposera. Sans compromis, d’autres blocages pourraient survenir sur le littoral méditerranéen, aggravant les perturbations logistiques dans le secteur pétrolier régional.

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