Le pétrole flambe, le carburant aussi… à qui la faute ?

Le prix du carburant explose en France, avec le gazole à 2,29 euros le litre et l’essence à 2,12 euros, soit une hausse de 31 % depuis février. Le baril de Brent a franchi les 100 dollars mercredi, porté par l’escalade militaire au détroit d’Ormuz. Entre marges des raffineurs multipliées par trois ou quatre, plafonnement controversé de TotalEnergies et impuissance budgétaire du gouvernement, le débat fait rage sur les responsabilités de cette flambée.

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Carburant : le prix de l'essence n'avait encore jamais atteint ce niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient
Le pétrole flambe, le carburant aussi… à qui la faute ? © L'EnerGeek

Le 9 septembre, le prix moyen du litre de gazole en France atteignait 2,29 euros, tandis que celui de l’essence SP95-E10 se situait à 2,12 euros, selon l’Agence Radio France. Cette hausse, alimentée par le conflit au Moyen-Orient déclenché fin février 2026, a fait grimper le prix du gazole de 31 %, rapprochant la France des records de juin 2022. Les débats sur les responsabilités s’intensifient, entre tensions géopolitiques, marges des raffineurs et contraintes budgétaires de l’État.

Le baril franchit les 100 dollars, porté par l’escalade au détroit d’Ormuz

La flambée des prix du carburant trouve son origine dans le Golfe persique. Le 9 septembre, le baril de Brent de la mer du Nord dépassait les 100 dollars, atteignant 101,21 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) montait à 96,05 dollars. Cette hausse intervient après des frappes iraniennes sur des navires traversant le détroit d’Ormuz, passage clé pour le pétrole mondial. Téhéran justifie ces attaques par des frappes américaines sur ses pétroliers, invoquant la « légitime défense ». Le trafic maritime est presque paralysé, l’Iran exigeant une autorisation préalable pour franchir le détroit, mesure rejetée par les États-Unis. Téhéran annonce aussi la création d’une « zone interdite » dans le golfe d’Oman et la mer d’Arabie, tandis que les ports iraniens subissent un blocus américain.

Une hausse de 31 % depuis février, des prix proches des records de 2022

Les répercussions de ces tensions se manifestent sur les prix français. Selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip), le litre de gazole était à 2,26 euros le 9 septembre, en hausse de cinq centimes par rapport à la semaine précédente. L’essence SP95-E10 atteignait 2,12 euros, et le SP98 2,21 euros. Le gouvernement a convoqué les distributeurs à Bercy pour discuter de la flambée des prix. Ces niveaux rappellent ceux de juin 2022, lors de l’invasion russe de l’Ukraine et des sanctions contre Moscou. Depuis le début du conflit, le gazole a augmenté de plus de 31 %, passant de 1,72 euro le 27 février à des sommets actuels, avec un Brent franchissant les 100 dollars.

Les raffineurs dans le viseur : des marges multipliées par trois ou quatre

Les distributeurs de carburant se défendent face à la hausse. Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, affirme que les marges de son secteur sont réduites, pointant le raffinage comme responsable. Selon lui, les marges de raffinage ont triplé ou quadruplé. La DGEC indique que l’indicateur de marge brute de raffinage sur Brent était à 48,71 dollars en septembre, contre 38,05 dollars en août. Cette augmentation résulte de la réduction des capacités de raffinage mondiale due aux frappes en Arabie saoudite et au Koweït, et à l’arrêt de raffineries russes, comme celle de Kirichi, touchée par des drones ukrainiens. Dominique Schelcher dénonce aussi la « concurrence déloyale » de TotalEnergies, qui a plafonné ses prix, attirant ainsi de nombreux consommateurs.

Coopérative U perd 7 % de volumes, les Français changent leurs habitudes

La flambée des prix a des conséquences économiques notables. Les ventes de carburant de Coopérative U ont chuté de 7 % par rapport à 2025. Dominique Schelcher attribue cette baisse à la concurrence de TotalEnergies et au changement de comportement des consommateurs français, qui limitent leurs déplacements. Face à des prix records, les automobilistes comparent les tarifs des stations-service, réduisent leurs trajets non essentiels et se tournent vers le covoiturage et les transports en commun. Certains envisagent même de passer à la voiture électrique.

Le gouvernement refuse le plafonnement généralisé, invoquant les contraintes budgétaires

Les ministres Roland Lescure, Serge Papin et Maud Bregeon ont rencontré les distributeurs de carburants à Bercy, mais aucune nouvelle aide n’a été annoncée. Le gouvernement reste opposé à un plafonnement généralisé des prix, évoquant les contraintes budgétaires. Dominique Schelcher partage cet avis, proposant d’accompagner les Français les plus touchés par des aides ciblées. Le chèque de 100 euros pour les « grands rouleurs », récemment prolongé, illustre cette approche. L’État espère un règlement diplomatique du conflit au Moyen-Orient pour faire baisser les cours du brut.

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