Pourquoi la Suisse fait rouler ses trains sur des panneaux solaires alors que tous les autres pays les installent sur les toits

Des trains suisses qui produisent leur propre électricité en roulant sur des panneaux solaires ?

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Pourquoi la Suisse fait rouler ses trains sur des panneaux solaires alors que tous les autres pays les installent sur les toits
Source : capture écran Sun-Ways | L'EnerGeek

Des trains qui traversent sans arrêt des paysages pittoresques tout en roulant au-dessus de panneaux solaires ? C’est maintenant une réalité en Suisse, près du village de Buttes, dans le canton de Neuchâtel, confirme BFMTV. Un projet pilote installe des centrales solaires le long des voies, en transformant l’espace souvent inutilisé entre les rails en petits sites solaires. L’idée : développer le solaire sans empiéter sur les terres agricoles, les forêts ou les montagnes, et répondre à la polémique nationale sur l’implantation de panneaux en montagne. Le projet bénéficie d’un partenariat international avec la SNCF et son département d’innovation, pour partager données techniques et retours d’expérience.

Un projet ambitieux et inventif

Ce projet pilote est devenu opérationnel le 24 avril 2025 après plusieurs étapes de validation. Il est testé sur une portion de 100 m de la ligne 221 exploitée par TransN. La technologie vient de Sun-Ways, une start-up prometteuse. Avec l’aide de Scheuchzer, spécialisée dans l’entretien des voies, une machine spécifique a été développée pour poser les panneaux rapidement et proprement.

Les panneaux mesurent un mètre de large et sont au nombre de 48 sur ce tronçon ; ils produisent environ 16 000 kWh par an, assez pour couvrir les besoins de plusieurs foyers européens. Grâce à la machine d’installation, on peut poser jusque 1 000 m² par jour, et les panneaux sont conçus pour être centrales solaires amovibles afin de faciliter les opérations de maintenance.

La technologie a été pensée pour tenir compte des contraintes ferroviaires : vibrations, poussière et conditions climatiques parfois sévères. En parallèle, une quantité d’aspects techniques est examinée de près, comme l’accumulation de saletés et la compatibilité avec les systèmes de signalisation.

Ce que ça produit et comment c’est utilisé

L’électricité générée est destinée principalement au réseau électrique local. Trois usages sont envisagés :

  • la réinjection dans le réseau basse tension de la compagnie ferroviaire,
  • dans celui du gestionnaire de réseau local,
  • ou dans le réseau d’énergie de traction pour alimenter les locomotives.

Il faut toutefois rester réaliste : la taille actuelle du projet reste modeste face aux besoins énormes des trains. À plus long terme, Joseph Scuderi, PDG de Sun-Ways, imagine que les trains puissent être « pratiquement 100 % autopropulsés » grâce à ce type d’installation.

À l’échelle suisse, l’idée serait d’équiper les 5 000 km de rails, ce qui représenterait environ 1 TWh par an, soit 2 % de la consommation électrique du pays. À l’échelle mondiale, il existe plus d’un million de kilomètres de voies ferrées, et environ la moitié pourrait théoriquement être équipée, même si des limites subsistent, notamment dans les tunnels et les régions fortement enneigées.

Les défis techniques et la suite

Malgré des perspectives encourageantes, le projet doit affronter des défis techniques importants. Les environnements ferroviaires sont rudes : risque de microfissures, détérioration due à des phénomènes météo extrêmes, et autres aléas qui soulèvent des interrogations sérieuses. L’Union internationale des chemins de fer a déjà exprimé des préoccupations et insiste sur la nécessité d’une sécurité stricte.

En réponse, Sun-Ways a renforcé ses panneaux, ajouté des capteurs et proposé des revêtements anti-reflets pour limiter ces risques.

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