Ferrari présente la Ferrari Luce, sa nouvelle voiture électrique

Ferrari dévoile la Luce, sa première voiture électrique de série développée avec l’ex-équipe design d’Apple. Cette berline de 1 113 chevaux à 550 000 euros marque une rupture technologique majeure pour le constructeur italien dans sa transition énergétique.

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Ferrari Luce Voiture Electrique
Ferrari présente la Ferrari Luce, sa nouvelle voiture électrique © L'EnerGeek

L’industrie automobile entre dans une nouvelle ère avec la révélation de la Ferrari Luce, premier modèle entièrement électrique de l’histoire du constructeur italien. Présentée le 25 mai 2026 à Rome lors d’un événement privé, cette berline gran turismo constitue une rupture technologique sans précédent pour Maranello, qui tourne résolument la page de ses légendaires moteurs thermiques pour embrasser l’électrification haute performance.

Cette bascule vers l’électrique s’inscrit dans un contexte mondial où les constructeurs de prestige repensent leurs stratégies face au durcissement des réglementations environnementales et aux attentes d’une clientèle fortunée, de plus en plus sensible aux enjeux climatiques. La Luce incarne ainsi l’adaptation inévitable — et désormais spectaculaire — des grandes maisons automobiles aux défis énergétiques du XXIe siècle.

Une architecture électrique révolutionnaire pour Ferrari

La Ferrari Luce repose sur une plateforme entièrement inédite, conçue de toutes pièces pour l’électrification. Cette berline de 5,02 mètres embarque quatre moteurs électriques synchrones à aimants permanents, chacun pilotant une roue de façon indépendante. Cette configuration permet une gestion vectorielle du couple d’une précision chirurgicale, directement héritée des technologies de Formule 1.

La puissance cumulée atteint 1 113 chevaux, soit plus du double de ce que proposaient les premiers modèles hybrides de la marque. Cette cavalerie électrique propulse la Luce de 0 à 100 km/h en seulement 2,5 secondes, avec une vitesse de pointe de 310 km/h — des chiffres qui rivalisent sans rougir avec les supercars thermiques les plus extrêmes du marché.

Une batterie haute capacité au service de l’autonomie

L’alimentation énergétique repose sur une batterie lithium-ion NMC de 122 kWh, fournie par le spécialiste sud-coréen SK On et assemblée intégralement à Maranello. Logée dans le plancher pour optimiser la répartition des masses, cette imposante réserve d’énergie offre une autonomie de 531 kilomètres selon le cycle WLTP européen.

L’architecture électrique à très haute tension de 880 volts autorise des recharges rapides jusqu’à 350 kW sur les bornes en courant continu. En à peine 20 minutes, la Luce récupère ainsi 70 kWh, soit l’équivalent de 300 kilomètres d’autonomie — de quoi placer la voiture électrique de Ferrari parmi les standards les plus avancés du segment premium, même si certains concurrents revendiquent des temps de charge encore plus courts.

Un design révolutionnaire signé par l’ex-équipe d’Apple

Le design de la Ferrari Luce rompt radicalement avec l’ADN visuel traditionnel du cheval cabré. Pour cette première électrique, Ferrari s’est associée au studio LoveFrom, dirigé par Jony Ive et Marc Newson — l’ancien directeur du design d’Apple, père de l’iPhone et de l’iPad. Cette collaboration inédite accouche d’une silhouette épurée, où l’efficacité aérodynamique prend le pas sur l’agressivité sculpturale habituelle de la marque.

La berline mesure 5,02 mètres de long, 1,99 mètre de large et 1,54 mètre de haut, pour un empattement de 2,96 mètres. Ces proportions généreuses permettent d’accueillir cinq passagers — une première absolue dans l’histoire de Ferrari. Les roues atteignent des dimensions record avec 23 pouces à l’avant et 24 pouces à l’arrière, les plus grandes jamais montées en série sur un modèle de la marque.

Une masse maîtrisée malgré les batteries

Le principal défi technique de toute grande berline électrique demeure la gestion du poids, et la Luce ne fait pas exception. Avec 2 260 kg sur la balance, elle devient la Ferrari la plus lourde de l’histoire — soit 267 kg de plus que le Purosangue, un surplus imputable en grande partie à l’imposante batterie de 122 kWh.

Pour neutraliser l’inertie générée par cette masse, Ferrari déploie une suspension active de troisième génération. Chaque amortisseur est couplé à un moteur électrique en 48 volts, capable d’exercer une force contraire quasi instantanée. En virage, le système pousse sur les amortisseurs extérieurs pour annuler le roulis et maintenir la caisse parfaitement à plat — une prouesse dynamique qui fait oublier les chiffres sur la balance.

Une approche sonore authentique

Là où de nombreux constructeurs recréent artificiellement les sonorités thermiques d’antan, Ferrari a choisi pour la Luce une voie résolument plus honnête. Plutôt que de simuler numériquement le grondement d’un V12, la marque a développé un système breveté qui amplifie les vibrations physiques naturelles de la transmission électrique.

Ce dispositif capte les résonances des moteurs électriques — tournant jusqu’à 30 000 tr/min à l’avant et 25 500 tr/min à l’arrière — puis les retransmet dans l’habitacle via le châssis, le volant et les sièges. Cette signature acoustique proprement électrique reste perceptible depuis l’extérieur du véhicule, forgeant ainsi une nouvelle identité sonore pour la marque à l’ère post-thermique. Ce choix traduit une philosophie de marque : ne rien feindre, tout sublimer.

Un habitacle révolutionnaire aux commandes physiques

L’intérieur de la Luce marque lui aussi une rupture philosophique avec les tendances dominantes de l’industrie. Alors que Tesla et de nombreux constructeurs ont fait de l’écran tactile géant leur unique interface, Ferrari emprunte délibérément le chemin inverse en faisant la part belle aux commandes physiques.

Ce parti pris se traduit par un volant en aluminium à trois branches traditionnelles, des commutateurs mécaniques et des boutons rotatifs en console centrale, des matériaux nobles — aluminium, verre, cuir — une instrumentation de 12,5 pouces face au conducteur complétée par des cadrans analogiques, et un écran central pivotant pour faciliter son usage aussi bien par le conducteur que par le passager avant.

Un positionnement tarifaire stratosphérique

La Ferrari Luce sera commercialisée à partir de 550 000 euros hors taxes en Italie, soit environ 660 000 euros TTC en France. Ce tarif en fait le modèle de série le plus onéreux de toute la gamme Ferrari, dépassant largement le Purosangue et la 849 Testarossa. Une stratégie ultra-premium cohérente avec l’ambition d’en faire un objet d’exception, une voiture électrique que l’on s’arrache autant pour ce qu’elle représente que pour ce qu’elle sait faire.

Les précommandes ouvriront en mars 2027, pour des livraisons programmées dès octobre 2026 en Europe, puis au printemps 2027 en Amérique du Nord. Cette approche prudente s’inscrit dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale pour les supercars électriques — un paradoxe apparent pour un lancement aussi ambitieux.

Une stratégie électrique repensée face aux réalités du marché

Le lancement de la Luce intervient dans un contexte délicat pour l’électrification du luxe automobile. Face au ralentissement de la demande, Ferrari a profondément revu sa feuille de route électrique, initialement tracée en 2022. L’objectif de 40 % de véhicules électriques dans la gamme d’ici 2030 a été ramené à 20 %, au profit d’un rééquilibrage vers 40 % d’hybrides et 40 % de modèles purement thermiques. Une révision stratégique qui illustre avec éloquence les défis auxquels se heurtent même les maisons les plus prestigieuses dans leur mue énergétique.

Le deuxième modèle électrique de la gamme, initialement attendu fin 2026, a quant à lui été repoussé à 2028 au plus tôt. Cette prudence contraste avec l’optimisme affiché il y a quelques années encore, révélant toute la complexité — technique, commerciale et culturelle — d’une mutation aussi profonde. La Luce n’est peut-être pas la révolution que certains espéraient, mais elle est sans doute la seule que Ferrari pouvait offrir : radicale dans la forme, mesurée dans la vision. Un équilibre que la marque au cheval cabré a su préserver jusque dans ses aventures les plus inattendues, à l’image de ce yacht électrique qui avait déjà défié toutes les conventions.

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