Nucléaire ukrainien : l’inquiétude des survols des centrales par les drones russes

La multiplication des survols de drones à proximité des centrales nucléaires ukrainiennes ne relève plus de l’incident isolé. Pour l’Agence internationale de l’énergie atomique, ces événements constituent désormais un facteur de risque structurel pour la sûreté nucléaire, dans un pays dont le système énergétique est fragilisé par la guerre.

Publié le
Lecture : 2 min
Retour du nucléaire : cette décision qui pourrait bouleverser l’avenir énergétique
Nucléaire ukrainien : l’inquiétude des survols des centrales par les drones russes © L'EnerGeek

Fin janvier 2026, l’Ukraine a enregistré une série d’événements jugés critiques par les experts internationaux de la sûreté nucléaire. Des drones ont été détectés à répétition dans les zones de surveillance de plusieurs centrales nucléaires, notamment à Tchernobyl et Rivné. Dans un contexte de guerre prolongée avec la Russie, ces survols soulèvent des inquiétudes majeures quant à la sécurité des installations et au risque d’accident nucléaire.

Drones : pourquoi l’IAEA parle d’un risque croissant pour la sécurité nucléaire

Pour l’IAEA, le danger posé par les survols de drone au-dessus des centrales nucléaires ukrainiennes ne se limite pas à une menace directe d’attaque. L’agence insiste sur un risque plus diffus mais tout aussi préoccupant : la perte de contrôle de l’environnement de sûreté autour des installations. En effet, en une seule semaine, plus de cinquante drones ont été recensés à proximité de sites nucléaires, dont quarante-quatre autour de la centrale de Tchernobyl, selon les données publiées par Ukrinform.

À Rivné, la situation a été jugée suffisamment sérieuse pour que les inspecteurs de l’IAEA se mettent à l’abri, après la détection de plusieurs drones dans la zone de surveillance. Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’agence, a précisé que ces événements démontrent une « détérioration progressive de l’environnement de sécurité », selon des propos rapportés par Ukrinform. Pour un site nucléaire, la multiplication de vols non autorisés complique l’évaluation des menaces et réduit les marges de manœuvre des opérateurs.

Le drone devient ainsi un vecteur de risque à part entière. Même sans impact direct, sa présence peut perturber les procédures de sécurité, mobiliser inutilement les équipes et créer des situations de stress opérationnel. Dans un contexte de guerre, l’IAEA rappelle que la frontière entre surveillance, intimidation et sabotage est souvent floue, ce qui renforce l’incertitude autour de chaque incident.

Des centrales nucléaires dépendantes d’un réseau électrique fragilisé par la guerre

Les survols de drone s’inscrivent dans une dégradation plus large du système énergétique ukrainien. Les attaques répétées contre le réseau électrique ont entraîné des fluctuations de tension, susceptibles d’affecter directement le fonctionnement des centrales nucléaires. Selon les informations confirmées par l’IAEA, ces perturbations ont provoqué l’arrêt automatique d’une unité de production nucléaire et la réduction de puissance d’autres unités.

À Tchernobyl, une perte totale d’alimentation électrique externe a été enregistrée, obligeant le site à fonctionner temporairement grâce à des générateurs diesel de secours. Même si la situation a été maîtrisée, cet épisode illustre la dépendance critique des installations nucléaires à un réseau électrique stable. Rafael Mariano Grossi a rappelé que « la dégradation du réseau électrique en Ukraine est un rappel brutal des risques permanents pour la sûreté nucléaire ». Chaque survol de drone accentue un risque systémique. Une attaque sur le réseau, combinée à une perturbation des dispositifs de surveillance ou de communication, pourrait compliquer la gestion d’un incident technique.

L’utilisation massive de drones dans la guerre en Ukraine modifie profondément l’équation de la sécurité nucléaire. Ces appareils, peu coûteux et difficiles à intercepter, peuvent être utilisés pour la reconnaissance, la pression psychologique ou des actions ciblées contre des infrastructures critiques. Pour l’IAEA, leur présence répétée à proximité des centrales nucléaires crée un climat d’insécurité incompatible avec les standards internationaux de sûreté.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.