Climat : le pétrolier Exxon a facilité la désinformation

Le climat mondial est aujourd’hui au cœur des préoccupations internationales, et pourtant, une ombre persiste : la désinformation. ExxonMobil, géant de l’industrie pétrolière, se trouve au centre d’une stratégie insidieuse, où des financements massifs ont été alloués à des think tanks pour propager des discours climatosceptiques en Amérique latine.

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Climat : le pétrolier Exxon a facilité la désinformation © L'EnerGeek

Dans les années 90 et 2000, ExxonMobil n’aurait cessé de déployer des moyens considérables pour contrer les mesures climatiques internationales. Selon des documents internes récemment révélés par la presse, la société aurait financé des think tanks pour propager des messages climatosceptiques à travers l’Amérique latine, ciblant en particulier l’opinion publique et les décideurs politiques.

Ces actions se sont intensifiées dans un contexte mondial de plus en plus préoccupé par le réchauffement climatique, ce qui soulève des questions fondamentales sur la manipulation des faits scientifiques à des fins économiques. L’objectif principal ? Déstabiliser les accords climatiques mondiaux, notamment ceux soutenus par l’ONU, en instillant le doute sur la réalité du changement climatique.

Exxon : un financement stratégique pour les think tanks de la désinformation climatique

Derrière la façade de ses activités pétrolières, ExxonMobil a, depuis plusieurs décennies, investi massivement dans la propagation du climatoscepticisme. L’entreprise aurait, selon Desmog, alloué des fonds à des think tanks, dont Atlas Network, pour diffuser des messages minimisant la gravité du changement climatique. Ces documents révèlent des montants substantiels envoyés dans des pays d’Amérique latine pour organiser des événements publics, des traductions d’ouvrages climatosceptiques et des rencontres avec des décideurs politiques locaux.

Exxon a ainsi contribué à la traduction en espagnol et en chinois de livres niant la réalité du changement climatique. Ces traductions ont été distribuées dans des villes stratégiques d’Amérique latine, où des campagnes de désinformation ont été lancées. Des voyages ont également été organisés pour amener des climatosceptiques américains dans la région, où ils ont rencontré des journalistes et des politiciens pour promouvoir leurs idées. Rapportées par The Guardian, ces actions étaient directement liées à l’objectif de créer un environnement où les gouvernements seraient moins enclins à soutenir les politiques climatiques internationales, notamment les engagements pris lors des négociations des Nations Unies.

Le but ultime : déstabiliser les accords climatiques mondiaux

ExxonMobil ne s’est pas seulement contenté de soutenir des think tanks. Selon les documents internes, l’entreprise a élaboré une stratégie visant spécifiquement à affaiblir les engagements climatiques internationaux. Un rapport stratégique d’Atlas Network montre que les financements d’Exxon ont pour but de faire en sorte que le Sud global, notamment l’Amérique latine, soit « moins enclin » à soutenir les traités mondiaux sur le climat.

Cette tentative de manipulation va bien au-delà de la simple diffusion d’idées climatosceptiques. L’enquête de The Guardian révèle que l’objectif stratégique était de modifier les perceptions politiques sur le changement climatique, en particulier en Amérique latine, pour que ces pays puissent se retirer plus facilement des accords contraignants.

Un impact profond sur les politiques locales et internationales

Les actions d’Exxon n’ont pas été sans conséquences. En Amérique latine, plusieurs pays ont vu une montée de la résistance aux politiques climatiques internationales, favorisée par les idées véhiculées par ces think tanks. Ce soutien indirect au climatoscepticisme a renforcé la position des acteurs politiques qui privilégient des intérêts économiques à court terme au détriment de l’urgence climatique.

Un exemple concret de cette influence est l’argumentaire développé lors des conférences internationales, où des porte-parole d’organisations financées par Exxon ont mis en avant la question de l’impact économique des politiques climatiques. Ces discours ont semé le doute parmi les responsables politiques de pays en développement, où les priorités économiques sont souvent perçues comme plus pressantes que les enjeux environnementaux globaux. La stratégie a aussi trouvé un écho dans les médias locaux, qui, sous l’influence de ces think tanks, ont diffusé des messages climatosceptiques.

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