Les États-Unis viennent d’annoncer de nouvelles sanctions contre le pétrole russe. Principale victime : la major Lukoil. Elle annonce entrer en négociations pour vendre ses actifs non situés en Russie.
Lukoil contraint de vendre des actifs
Depuis quelques semaines, Lukoil, acteur majeur du pétrole russe, se retrouve dans le collimateur des autorités occidentales. En effet, après l’annonce de mesures de la part des États-Unis visant à réduire les revenus de Moscou, Lukoil décide de mettre en vente ses actifs situés à l’extérieur des frontières russes. La raison est simple : le marché américain lui est désormais interdit, et toutes les entreprises américaines ne peuvent plus faire affaire avec elle. Conséquence : Lukoil doit songer à vendre pour assurer sa viabilité.
La décision s’inscrit dans un cadre juridico-réglementaire spécifique : la vente doit se dérouler « sous une licence de liquidation de l’OFAC » (« under OFAC wind-down license »). Parmi les actifs concernés, Lukoil détient une participation de 75 % dans le champ irakien West Qurna 2, qui affichait une production de plus de 480 000 barils par jour en avril 2025. En clair : la major pétrolière russe est contrainte de se retirer même de ses plus gros projets.
La transaction avec Gunvor et l’envergure de la vente
Lukoil a accepté une offre de l’entreprise suisse Gunvor. Les discussions avancent. L’entreprise russe indique que « les conditions essentielles de la transaction avaient été préalablement convenues entre les deux parties. De son côté, Lukoil a accepté l’offre, s’engageant à ne pas négocier avec d’autres acheteurs potentiels. » La valeur des actifs concernés est estimée à environ 12 milliards de dollars. Toutefois, un rabais de l’ordre de 20 % à 30 % est anticipé en raison du contexte de sanctions.
Le périmètre de la vente englobe majoritairement les activités internationales de Lukoil, et notamment les filiales en Europe et aux États-Unis, employant environ 15 000 personnes. Selon l’annonce interne de Lukoil, « l’examen des offres des acheteurs potentiels a été lancé ».
Implications pour Lukoil, le marché mondial du pétrole et les sanctions
La vente marque une étape sans précédent pour Lukoil, qui jusque-là multipliait les investissements à l’international. La cession de l’ensemble de ses filiales étrangères traduit un recentrage forcé vers le marché domestique russe, conséquence directe du durcissement des sanctions.
Pour le marché du pétrole, cette opération pourrait modifier les équilibres de fourniture dans certaines régions, notamment en Europe, où Lukoil exploite des actifs de raffinage et de distribution. L’enjeu pour Lukoil est aussi financier : avec la cession, la firme pourrait limiter les risques liés à des actifs bloqués ou gelés, mais elle se prive d’un flux de revenus diversifié.
Enfin, pour les sanctions : cette opération illustre la portée croissante des mesures américaines à l’encontre de l’industrie énergétique russe et pourrait servir d’exemple à d’autres groupes visés. La dynamique des ventes d’actifs russes à des acteurs tiers pourrait devenir plus fréquente.






