L’annonce du barrage de Motuo, un projet colossal au Tibet, a mis le feu aux poudres depuis le 19 juillet. On parle d’un méga-barrage qui, selon les dires, sera encore plus impressionnant que le fameux barrage des Trois-Gorges. Implanté sur le fleuve Yarlung Tsangpo (qui se transforme en Brahmapoutre en Inde), il pourrait chambouler l’équilibre hydrique et énergétique de toute la région.
Zoom sur la techno et l’argent
Le barrage de Motuo vise une puissance de 60 Gigawatts – soit près de trois fois celle du barrage des Trois-Gorges et presque équivalente à la capacité totale du parc nucléaire français. Le projet représente un investissement colossal estimé à 167,1 milliards de dollars (environ 143 milliards d’euros), bien loin des 25 milliards de dollars investis pour les Trois-Gorges en 1994. Ces chiffres montrent clairement l’ampleur sans précédent de l’opération.
Mais un projet de cette envergure n’est pas sans inconvénients. Le fait de le construire dans une zone sismique augmente les risques en cas de catastrophe naturelle. De plus, les effets sur le fragile plateau tibétain pourraient se révéler irréversibles.
Les tensions géopolitiques et hydriques
Situé sur le plateau tibétain, sous domination chinoise depuis plus de 70 ans, le barrage touche directement les pays en aval, notamment l’Inde et le Bangladesh. L’Inde ne se fait pas d’illusions et craint que la Chine ne s’approprie trop de ressources en eau. Même si le ministère chinois des Affaires étrangères affirme que le projet n’aurait « aucun effet négatif en aval », cela ne suffit pas à apaiser les inquiétudes indiennes.
Par ailleurs, Pékin envisage de vendre une partie de l’électricité produite à ses voisins, ce qui ajoute une dimension économique à des relations déjà tendues et renforce la connectivité régionale.
Les paris sur l’énergie et le climat
L’idée derrière ce projet est de développer une énergie nucléaire propre et durable pour réduire la dépendance au charbon, qui représente actuellement 60 % de la production électrique en Chine. En même temps, le barrage devrait répondre aux besoins énergétiques du Tibet et aider à lutter contre le réchauffement planétaire.
La Chine continue de miser gros sur les énergies renouvelables – elle compte d’ailleurs plus de panneaux solaires installés que tout autre pays. Néanmoins, elle ne délaisse pas pour autant le charbon, en poursuivant la construction d’usines thermiques et en multipliant les projets hydroélectriques.
Polémiques sociales et sur l’environnement
Les critiques ne se font pas attendre lorsqu’il s’agit des conséquences sociales du projet. D’après l’ONG International Campaign for Tibet, les barrages déjà opérationnels ont forcé plus de 120 000 personnes à quitter leur domicile au Tibet. Avec un plan prévoyant d’atteindre 193 barrages, entre 750 000 et 1 million d’individus pourraient être déplacés.
De plus, avec 34 barrages déjà en service dans la région et leurs effets sur l’écosystème local, les préoccupations environnementales sont bien fondées. Le site, très sensible sur le plan écologique, pourrait voir sa biodiversité sévèrement atteinte.







Une autre guerre en préparation: Inde/Chine????????????