Le fournisseur d’électricité Mint se retrouve épinglé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui vient de lui infliger une lourde amende de 3,5 millions d’euros.
Le fournisseur d’électricité Mint condamné par la CRE
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) condamne le fournisseur d’électricité Mint à une amende de 3,5 millions d’euros pour abus du mécanisme ARENH. Cette sanction, dévoilée dans un contexte de fortes turbulences sur le marché de l’énergie, fait suite à une enquête ouverte fin 2022. Il ne s’agit pas d’un simple rappel à l’ordre, mais d’un coup de semonce réglementaire. Le CoRDiS, organe de sanction de la CRE, a confirmé dans sa décision du 3 juillet 2025 que Mint a délibérément profité du dispositif d’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) pour maximiser ses profits, en contradiction avec la vocation première de ce mécanisme instauré en 2010.
En 2021 et 2022, Mint a imposé des hausses tarifaires brutales à ses clients, dans le but assumé de réduire volontairement son portefeuille. En clair ? Faire fuir les abonnés. Pourquoi ? Pour pouvoir revendre sur les marchés de gros les volumes d’électricité à bas coût obtenus grâce à l’ARENH, et engranger une marge substantielle pendant la flambée des prix. Résultat : une sanction historique de 3,5 millions d’euros.
Un abus manifeste du droit à l’ARENH, selon la CRE
Selon la CRE, l’objectif de Mint n’était pas de desservir ses clients avec des tarifs avantageux, mais bien de spéculer. La présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon, l’affirme sans détour : « En pleine crise de l’énergie, Mint a clairement mis en place une stratégie pour se séparer d’une partie de ses clients. » Le comité souligne que l’entreprise n’a fourni « aucun élément propre à démontrer le contraire », ce qui a renforcé la décision de sanction. Le comportement de Mint constitue donc un « abus du droit d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique », comme l’indique le communiqué officiel publié sur le site de la CRE.
Cette sanction de 3,5 millions d’euros est loin d’être isolée. Elle s’inscrit dans une série de mesures répressives prises par la CRE contre des fournisseurs alternatifs soupçonnés d’avoir détourné les objectifs de l’ARENH. L’année précédente, c’est Ohm Énergie qui avait écopé d’une amende record de six millions d’euros. Dans le cas de Mint, la CRE a tenu à rappeler qu’elle « estime indispensable d’assurer la répression des dysfonctionnements constatés sur le marché de l’électricité afin d’avertir l’ensemble des acteurs de la rigoureuse nécessité de se conformer aux exigences posées par le législateur ».
La société avait anticipé cette décision en inscrivant une provision de six millions d’euros dans ses comptes de 2024, selon un communiqué. Mint a également annoncé envisager un recours devant le Conseil d’État, sans en préciser le calendrier.






