Gaz russe : l’Europe ne veut plus en importer d’ici 2027

La commission européenne vient de présenter un plan pour arrêter les importations de gaz russe sur le Vieux-continent dès la fin de l’année 2027.

Publié le
Lecture : 2 min
gaz-russe-europe-plan-sortie-2027
Gaz russe : l’Europe ne veut plus en importer d’ici 2027 © L'EnerGeek

Avant le début de la guerre en Ukraine, l’Europe était l’un des principaux marchés pour les entreprises de gaz russes. Mais depuis, le Vieux Continent fait tout pour priver Moscou de ces rentrées d’argent. La Commission dévoile un plan pour parvenir à zéro importation dès 2027.


L’Europe cherche à tourner le dos au gaz russe


Le gaz est à la fois le talon d’Achille et la bouée de sauvetage énergétique de l’Union européenne depuis des décennies. La Commission européenne dévoile un plan législatif d’envergure visant à éradiquer les importations de gaz russe d’ici à fin 2027. À première vue, le calendrier paraît ambitieux. En deux ans, Bruxelles veut fermer définitivement les vannes du gaz venu de l’Est, sans plonger l’Europe dans le noir ni dans la crise.


En 2021, la Russie représentait 45 % des importations de gaz de l’Union européenne. En 2024, cette proportion est tombée à 19 %. Cette réduction impressionnante n’a pas suffi à calmer les ambitions de la Commission européenne. Dans son projet législatif, elle vise à éliminer toute trace de gaz russe des circuits européens à l’horizon 2027.


Ce plan prévoit d’abord une interdiction ferme de tout nouveau contrat d’achat de gaz en provenance de Russie à partir du 1er janvier 2026. Il impose ensuite une date butoir pour les contrats à court terme, qui devront cesser au plus tard le 17 juin 2026. Enfin, les contrats de long terme encore actifs devront impérativement être résiliés avant le 31 décembre 2027. Ce calendrier rigoureux permet à Bruxelles d’agir rapidement sans devoir recourir à un régime de sanctions, évitant ainsi le spectre du veto, notamment de la Hongrie ou de la Slovaquie.


Ce choix juridique repose sur l’utilisation de la majorité qualifiée plutôt que de l’unanimité, ce qui permet de faire avancer la proposition sans être bloquée par les États membres encore dépendants de Gazprom, le géant russe de l’énergie.


Gaz russe et gaz liquéfié : même combat


L’Union européenne ne limite pas sa stratégie aux gazoducs traditionnels. Elle étend aussi sa vigilance au gaz naturel liquéfié, souvent présenté comme une alternative plus souple et moderne. Ce segment est pourtant loin d’être marginal, puisqu’en 2024, près de 20 % du GNL importé par l’Union européenne provenait encore de Russie.


Face à cette situation, la Commission européenne annonce une nouvelle phase d’interdiction, applicable dès janvier 2028. À cette date, tous les services européens de regazéification devront cesser de traiter du GNL russe. Les entreprises ne pourront plus non plus utiliser les terminaux européens pour importer indirectement ce gaz via des circuits détournés.


Cette stratégie vise à éviter que le gaz russe, même rebaptisé ou mélangé, ne puisse continuer à s’infiltrer sur les marchés européens. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, fustige d’ailleurs les pratiques de Moscou : « La Russie a tenté à plusieurs reprises de nous faire chanter en militarisant ses approvisionnements énergétiques. » De plus, elle affirme que l’Union prend enfin les mesures nécessaires pour « fermer le robinet ».


Ce changement de cap implique une réorganisation industrielle profonde, un soutien accru aux énergies renouvelables et une diplomatie énergétique revisitée. En se libérant du gaz russe, l’Union européenne espère devenir un acteur plus résilient, plus autonome et plus cohérent avec ses ambitions climatiques.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.