IA : les centres de données vont consommer deux fois plus d’ici 2030

Avec l’essor de l’IA, les centres de données vont consommer de plus en plus d’énergie dans les prochaines années. L’agence internationale de l’énergie alerte une nouvelle fois sur le phénomène.

Publié le
Lecture : 2 min
ia-consommation-energie-2030-centre-données
IA : les centres de données vont consommer deux fois plus d’ici 2030 © L'EnerGeek

Avec le développement de l’intelligence artificielle (IA), la consommation d’énergie des centres de données va se développer à vitesse grand V. C’est en tout cas la projection de l’Agence internationale de l’énergie.


L’IA va faire exploser la consommation des centres de données d’ici 2030


L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme : la consommation électrique des centres de données pourrait « plus que doubler d’ici à 2030 ». Portés par l’explosion de l’intelligence artificielle (IA), ces géants de l’infrastructure numérique s’imposent désormais comme un enjeu stratégique de premier ordre dans le secteur de l’énergie. À l’heure où la transition énergétique peine à suivre son calendrier, un nouveau facteur vient perturber les équilibres : l’IA elle-même.


En 2024, les centres de données engloutissaient déjà près de 415 térawattheures (TWh), soit 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité. Selon le rapport de l’AIE, ce chiffre pourrait atteindre 945 TWh d’ici à 2030, un volume équivalent à la consommation annuelle actuelle du Japon.
Pourquoi une telle envolée ? L’explication tient en deux lettres : IA. Plus précisément, l’intelligence artificielle générative, avide de ressources de calcul, impose une intensité énergétique que les infrastructures peinent à contenir. Et ce n’est pas qu’une affaire de chiffres abstraits. Un seul centre de données de 100 mégawatts peut consommer autant que 100 000 foyers. Les plus imposants aujourd’hui en chantier atteindront bientôt des niveaux équivalents à deux millions de ménages.


Le cœur énergétique mondial bousculé : l’impact géopolitique de l’IA


Les États-Unis, l’Europe et la Chine concentrent à eux seuls 85 % de la consommation des centres de données, d’après les données consolidées de l’AIE. Le déséquilibre géographique est frappant : ces infrastructures se regroupent à proximité des métropoles, ce qui met sous pression les réseaux électriques locaux.


L’effet domino s’amorce : aux États-Unis, la moitié de la croissance électrique à venir pourrait provenir des seuls centres de données. À tel point que l’ancien président Donald Trump a annoncé la création d’un « Conseil national pour la domination énergétique », dans une tentative assumée de contenir l’influence chinoise dans le domaine de l’intelligence artificielle.


Loin d’être une simple menace, l’intelligence artificielle pourrait aussi jouer un rôle dans l’optimisation du secteur de l’énergie. Selon l’AIE : « L’IA pourrait transformer le secteur de l’énergie au cours de la prochaine décennie, tout en offrant des possibilités considérables de réduction des coûts, d’amélioration de la compétitivité et de réduction des émissions ». Cependant, les chiffres restent implacables : les émissions de CO₂ des centres de données passeront de 180 à 300 millions de tonnes d’ici à 2035. Même si cela représente moins de 1,5 % des émissions totales du secteur de l’énergie, la croissance est rapide.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.