Carburant : Macron demande une baisse des normes à l’Europe pour produire plus

Le 18 septembre 2026, Emmanuel Macron adresse à Ursula von der Leyen une lettre proposant trois mesures d’urgence pour augmenter de 5 à 20% la production de carburant en Europe. Face à la fermeture du détroit d’Ormuz et à la chute de 500 millions de barils des stocks mondiaux, le président demande d’assouplir les normes européennes, d’augmenter les biocarburants et de reporter le règlement sur le méthane.

Publié le
Lecture : 3 min
carburant-macron-demande-baisse-normes
Carburant : Macron demande une baisse des normes à l’Europe pour produire plus © L'EnerGeek

Le 18 septembre 2026, Emmanuel Macron a adressé une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Son objectif : libérer entre 5 et 20% de capacité de production supplémentaire dans les raffineries européennes grâce à trois mesures d’urgence. Cette initiative intervient alors que le marché du carburant est sous tension, avec la fermeture du détroit d’Ormuz depuis mars et une diminution des stocks mondiaux de plus de 500 millions de barils.

Les raisons de l’intervention de Macron

Depuis mars 2026, la fermeture du détroit d’Ormuz a réduit l’offre mondiale de pétrole. Par ce passage transitaient près de 20% du pétrole mondial, mais il est désormais bloqué par des tensions militaires régionales. En conséquence, les stocks pétroliers ont chuté de plus de 500 millions de barils, d’après les données citées dans la lettre. Les attaques contre des raffineries russes et les conflits au Moyen-Orient aggravent la situation, et si les réserves saoudiennes s’épuisent, le marché mondial pourrait manquer de 4 millions de barils par jour supplémentaires.

L’Union européenne est particulièrement vulnérable, important 36% de son kérosène et 18% de son gazole du Moyen-Orient. Cette dépendance fragilise l’approvisionnement énergétique européen. Dans sa lettre, Emmanuel Macron souligne l’importance d’une approche coordonnée et diversifiée pour les approvisionnements énergétiques, justifiant sa demande d’assouplissements réglementaires rapides pour accroître la production locale de carburant.

Les propositions techniques de Macron

La première mesure propose de relâcher temporairement les spécifications européennes sur la qualité des carburants. En abaissant les contraintes sur la masse volumique, la densité, la vaporisation et la désulfurisation, les raffineries européennes pourraient optimiser leurs processus et augmenter la production de 5 à 20% selon les consultations avec les raffineurs français.

Macron propose également de passer du gazole B7, contenant 7% de biogazole, au B10, avec 10% de biocarburants. Cela réduirait la dépendance au diesel fossile et augmenterait l’offre disponible, bien que tous les véhicules diesel ne soient pas compatibles avec le B10. Une vérification de compatibilité technique des véhicules existants serait nécessaire.

Enfin, Macron suggère de reporter d’un an le règlement européen sur le méthane prévu pour 2027. Ce report permettrait de privilégier la sécurité d’approvisionnement en période de crise. Le règlement vise à réduire les émissions de méthane, un gaz à effet de serre puissant, mais son report affaiblirait temporairement cet engagement.

Des gains réalisables selon les raffineurs français

La fourchette de 5 à 20% de gain de production dépend des installations. Les raffineries modernes pourraient atteindre des gains élevés en ajustant leurs paramètres, alors que les sites plus anciens seraient plus limités. Les gains varieraient également selon le type de pétrole brut traité et les produits finis visés.

Les normes européennes encadrent plusieurs paramètres techniques du carburant, tels que la masse volumique et la désulfurisation. Un assouplissement de ces critères pourrait augmenter la production, mais nécessiterait une révision des normes européennes, un processus impliquant la Commission, le Parlement et le Conseil de l’Union. France Info souligne que cela entre en conflit avec le Pacte vert européen.

Équilibre entre urgence énergétique et ambitions climatiques

La lettre de Macron suit de près le discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen, qui appelait à réduire la dépendance européenne aux hydrocarbures. Le contraste est marqué entre l’urgence d’assurer l’approvisionnement en carburant pour éviter pénuries et hausses de prix, et l’engagement du Pacte vert européen à réduire drastiquement la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030.

Le gouvernement français a déjà annoncé des aides pour les ménages face à la crise des carburants, tandis que 17% des stations-service manquent déjà d’au moins un type de carburant. La réponse de Bruxelles aux demandes de Macron déterminera si l’Europe privilégie la résilience énergétique ou poursuit ses objectifs de décarbonation. Les prochaines semaines montreront si les mesures proposées suffiront à stabiliser le marché ou si d’autres actions seront nécessaires pour surmonter cette crise.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.