Pétrole irakien : un accord annoncé avec Washington pour franchir Ormuz par une voie proche d’Oman

Bagdad affirme avoir trouvé un arrangement avec les États-Unis pour permettre le passage de ses exportations pétrolières dans le détroit d’Ormuz. Cette annonce intervient après de lourdes pertes liées à la guerre et à la désorganisation des routes maritimes.

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Pétrole irakien : un accord annoncé avec Washington pour franchir Ormuz par une voie proche d’Oman © L'EnerGeek

L’Irak cherche à sécuriser une voie maritime pour son pétrole. Dimanche 8 novembre 2026, son ministre des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a déclaré que Bagdad était parvenu à une entente avec les États-Unis concernant le passage des cargaisons irakiennes dans le détroit d’Ormuz, en empruntant un couloir proche d’Oman. L’information a été rapportée par Reuters, citant un entretien du ministre avec Al Jazeera.

Cette déclaration marque une étape diplomatique, mais elle ne signifie pas que la navigation commerciale est désormais totalement sécurisée. Les conditions opérationnelles de cet arrangement, son application effective et le nombre de navires concernés restent à préciser. Il serait donc prématuré d’y voir une réouverture complète et durable du détroit.

Une route maritime vitale pour les exportations irakiennes

Le ministre irakien a estimé à 60 milliards de dollars le coût, pour son pays, de la guerre avec l’Iran et des perturbations qui ont frappé les exportations pétrolières. Ce montant est une évaluation attribuée au gouvernement irakien, non un bilan indépendant définitif.

Les expéditions ont néanmoins repris de la vigueur. Selon les chiffres de responsables irakiens de l’énergie rapportés par Reuters, elles ont atteint environ 3,5 millions de barils par jour en octobre, contre 2,65 millions en septembre. La différence représente quelque 850 000 barils quotidiens. Elle illustre l’importance des routes d’exportation pour les recettes d’un pays dont l’économie dépend fortement des hydrocarbures.

Le couloir évoqué à proximité d’Oman présente un intérêt géographique particulier : le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique au golfe d’Oman et constitue un passage essentiel pour les cargaisons de brut et de gaz naturel liquéfié. Mais un itinéraire annoncé ne supprime pas à lui seul les risques militaires, les contraintes d’assurance ou les difficultés logistiques.

Ce que cette annonce change, et ce qu’elle ne change pas

Pour les marchés européens, une circulation plus régulière du pétrole irakien pourrait contribuer à réduire les inquiétudes sur l’offre mondiale. Il ne s’agit toutefois pas d’une garantie de baisse immédiate des prix. Les cours dépendent également des autres producteurs, des stocks, de la demande et de la sécurité du trafic.

La distinction est importante pour les consommateurs français : même lorsque les flux de brut se redressent, les prix à la pompe dépendent aussi du raffinage, du transport et de la fiscalité. Les tensions sur les produits raffinés peuvent persister après une amélioration des exportations de pétrole brut.

La prochaine indication décisive sera donc moins la seule annonce diplomatique que le nombre de cargaisons irakiennes qui franchiront effectivement le passage dans les prochains jours, et dans quelles conditions de sécurité.

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