Le patron de l’AIE redoute une flambée du pétrole suivie d’une chute historique de la demande

La demande mondiale de pétrole s’effondre, plongeant le marché dans une crise sans précédent.

Publié le
Lecture : 2 min
Le patron de l'AIE redoute une flambée du pétrole suivie d'une chute historique de la demande
Le patron de l’AIE redoute une flambée du pétrole suivie d’une chute historique de la demande © L'EnerGeek

La situation mondiale de l’énergie risque de connaître une nouvelle secousse, alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une chute record de la consommation de pétrole. Confronté à des pénuries d’approvisionnement et à une envolée des prix, le marché pétrolier mondial est sous forte pression, ce qui suscite des inquiétudes sur les stocks de pétrole brut.

Le marché pétrolier sérieusement secoué

L’Agence internationale de l’énergie, dirigée par Fatih Birol, a tiré la sonnette d’alarme à Washington, lors d’une intervention à l’Atlantic Council, sur la demande mondiale de pétrole qui pourrait atteindre des niveaux records. Birol a alerté sur une situation qui se détériore de jour en jour. La flambée des prix, nourrie par le conflit au Moyen-Orient, fragilise les marchés, mais une baisse des prix est anticipée selon certaines prévisions. Ce conflit, qualifié de « déclenché par les États-Unis et Israël », a privé le marché mondial de 10 millions de barils par jour, soit environ 13 % de la consommation mondiale quotidienne.

Le dernier rapport mensuel de l’AIE, publié un mardi, évoque une « destruction » de la consommation, rapporte BFMTV. Cette chute, d’abord repérée au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique, devrait s’étendre à mesure que la crise énergétique dure. Les prix, déjà historiquement élevés, pèsent aussi sur l’Europe. Reuters indique que le prix au comptant d’un baril de Forties Blend a atteint 149 dollars, dépassant les records de 2008.

Chocs économiques et prix qui tanguent

Les remues-ménages pour s’approprier des cargaisons de pétrole créent des tensions entre les raffineurs, qui cherchent à devancer la concurrence pour sécuriser des livraisons indispensables. Cette fébrilité provoque un énorme décalage entre les prix très élevés affichés et la réalité physique du marché. Selon Fatih Birol, « les prix sont déjà élevés, mais ils ne reflètent pas la gravité du problème… une convergence pourrait bientôt survenir », ce qui pose une question délicate pour l’économie mondiale.

Les contrats à terme de juin s’échangeaient autour de 99 dollars le baril, un niveau modeste comparé aux prix demandés pour certaines cargaisons actuellement en cours de chargement. En mars, les livraisons portaient encore sur des cargaisons anciennes ; la situation d’avril reflète de nouveaux niveaux de prix qui ne feront qu’alourdir la facture pour les consommateurs et pour les économies dépendantes.

Une crise énergétique d’une ampleur jamais vue

La logistique des cargaisons et le transport maritime sont aussi lourdement touchés. En particulier, la riposte de Téhéran en bloquant le détroit d’Ormuz aggrave la situation, exacerbant les tensions géopolitiques qui influencent le marché pétrolier mondial. Certains experts considèrent désormais cette crise comme la plus importante jamais observée, et l’AIE prévient que « les cours du pétrole ne reflètent pas encore la gravité de la crise d’approvisionnement ».

Des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), dirigé par Kristalina Georgieva, et la Banque mondiale, conduite par Ajay Banga, se préparent à évaluer les effets dévastateurs sur l’économie globale. Ils examinent l’ampleur des destructions provoquées par la guerre : plus d’un tiers des infrastructures énergétiques seraient inopérantes, et leur réparation pourrait s’étendre sur deux ans.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.