Chaque geste filmé, chaque mouvement analysé : Tesla transforme ses ouvriers en professeurs pour le robot qui prendra leur poste

Des ouvriers allemands filmés en permanence pour apprendre leurs gestes à un robot qui pourrait, demain, les remplacer. Une pratique déjà testée aux États-Unis, sans consultation des salariés concernés en Allemagne.

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Chaque geste filmé, chaque mouvement analysé : Tesla transforme ses ouvriers en professeurs pour le robot qui prendra leur poste
Chaque geste filmé, chaque mouvement analysé : Tesla transforme ses ouvriers en professeurs pour le robot qui prendra leur poste © L'EnerGeek

Tesla prévoit d’équiper certains employés de sa Gigafactory de Grünheide, en Allemagne, de caméras fixées sur un sac à dos, selon une information du quotidien économique Handelsblatt. L’objectif : enregistrer les mouvements des employés pendant leur journée de travail pour permettre au robot humanoïde Optimus d’apprendre à reproduire les gestes réalisés quotidiennement dans l’usine, rapporte Selectra.

Le dispositif technique décrit par la presse allemande, qui s’appuie sur des communications internes de Tesla, est précis. Les salariés porteraient un harnais composé d’un casque et d’un sac à dos embarquant jusqu’à cinq caméras. Chaque manipulation d’outil, chaque geste de production serait ainsi capturé en vidéo : la façon de saisir un objet, de manier un composant, d’enchaîner les étapes d’un poste de montage. Ces séquences alimenteraient ensuite les modèles d’intelligence artificielle de l’entreprise.

Le projet n’a pas été soumis au comité d’entreprise de Grünheide, alors que le droit allemand rend cette consultation obligatoire dès qu’un système est susceptible de surveiller le comportement ou la performance des salariés. La frontière est ténue entre l’objectif affiché, apprendre des gestes, et la réalité technique : des employés filmés toute la journée. En Europe, ce type d’enregistrement continu touche à la fois au droit du travail et à la protection des données personnelles.

Une méthode déjà rodée aux États-Unis

Ce dispositif n’est pas une nouveauté pour Tesla. Il fonctionne déjà outre-Atlantique, où des employés recrutés spécialement pour cette mission, baptisés Data Collection Operators, exécutent en continu des mouvements destinés à nourrir l’apprentissage de la machine. L’usine californienne de Fremont collecte ces données depuis plus d’un an, celle d’Austin a suivi en février 2026. Grünheide serait la prochaine étape.

Le programme est placé sous la responsabilité d’Ashok Elluswamy, patron de l’intelligence artificielle chez Tesla, qui a repris la direction du projet Optimus en 2025.

Elon Musk a pourtant admis, en janvier 2026, que son humanoïde n’accomplissait encore aucune tâche utile dans les usines du constructeur. Le projet reste à un stade expérimental malgré des promesses répétées depuis plusieurs années. Optimus est assemblé sur une simple ligne pilote à Fremont, sans que Tesla communique de volumes.

L’entreprise revendique néanmoins un objectif d’un million d’unités produites par an. Musk qualifie la production de masse d’Optimus de « plus grand défi industriel » jamais relevé par la marque.

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