Le câble TAT-8, pionnier de l’Internet transatlantique, remonté des fonds marins au large du Portugal

Un câble posé en 1988, oublié au fond de l’Atlantique pendant plus de vingt ans, refait surface au Portugal. Son histoire révèle un trésor caché que peu imaginaient trouver sous les océans.

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Le câble TAT-8, pionnier de l'Internet transatlantique, remonté des fonds marins au large du Portugal
Le câble TAT-8, pionnier de l’Internet transatlantique, remonté des fonds marins au large du Portugal © L'EnerGeek

Le TAT-8, premier câble transatlantique en fibre optique de l’histoire, a été remonté des fonds marins au large du Portugal, confirme Presse Citron. L’opération est menée par le MV Maasvliet, un navire câblier affrété par l’entreprise Subsea Environmental Services, spécialisée dans la récupération et le recyclage de câbles de télécommunication hors service.

Le câble avait été retiré du service en 2002, victime d’une panne jugée trop coûteuse à réparer. Il reposait depuis au fond de l’Atlantique, à plusieurs kilomètres de profondeur.

Un câble posé en 1988 par AT&T, France Télécom et British Telecom

Installé le 14 décembre 1988, le TAT-8 avait été posé conjointement par AT&T, British Telecom et France Télécom. Long de 5 800 à 6 000 kilomètres, il reliait Tuckerton, dans le New Jersey, à Widemouth Bay en Angleterre et à Penmarch en France.

Sa nouveauté tenait au remplacement du cuivre par des impulsions lumineuses, capables de transporter bien plus de données. Le succès fut immédiat : le câble s’est retrouvé saturé en moins de dix-huit mois. Lors de son inauguration, l’écrivain Isaac Asimov s’était adressé en visioconférence depuis New York à des audiences réunies à Paris et à Londres, évoquant « un voyage inaugural à travers la mer sur un faisceau de lumière ».

Le TAT-8 a ouvert la voie aux milliers de câbles qui tapissent les fonds marins et font transiter la quasi-totalité du trafic intercontinental, loin devant les satellites en capacité comme en fiabilité.

Des grappins et un enroulement à la main

La remontée demande de la précision. Les techniciens localisent chaque segment du câble, l’accrochent avec des grappins puis le hissent progressivement à bord, où il est enroulé à la main pour ne pas abîmer les fibres de verre. La houle et les tempêtes compliquent la manœuvre : le MV Maasvliet a déjà dû modifier sa trajectoire en raison d’une saison cyclonique précoce. En août 2025, le navire avait déjà récupéré 1 012 kilomètres de câble, et les retraits se poursuivent depuis.

Une fois remontés, les segments partent pour le port de Leixões, au Portugal, avant un long trajet vers l’Afrique du Sud. Le recyclage y est assuré par Mertech Marine, présentée comme le leader mondial de la récupération et du recyclage de câbles sous-marins hors service depuis 1998. Sur place, cuivre, plastique et acier sont séparés avant le traitement de la fibre optique. L’acier est réutilisé, la gaine en polyéthylène transformée en plastique recyclé.

L’enjeu porte surtout sur le cuivre. Malgré la présence de fibre optique, ces câbles anciens contiennent encore d’importantes quantités de cuivre de haute qualité, une ressource que l’Agence internationale de l’énergie anticipe en pénurie possible d’ici à la prochaine décennie.

Le TAT-8 n’est qu’un exemple parmi d’autres. Environ 2 millions de kilomètres de câbles sont retirés du service dans le monde, et la majorité repose encore au fond des océans.

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